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Palm

: Nicks and Grazes



sortie : 2022
label : Saddle Creek
style : Indie rock / Math Rock

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Tracklist :
01/ Touch and Go 02/ Feathers 03/ Parable Lickers 04/ Eager Copy 05/ Brille 06/ On the Sly 07/ And Chairs 08/ Away Kit 09/ Suffer Dragon 10/ Mirror Mirror 11/ Glen Beige 12/ Tumbleboy 13/ Nicks and Grazes

Ça ne va pas du tout. Comment cela pourrait-il aller ? Entre pandémies, conflits globaux multiples et crises sociales et économiques majeures, nos sociétés occidentales tournent à la caricature. Dans une sorte de bande son d’un cirque post-apocalyptique, le dernier album de Palm, Nicks and Grazes, semble bien décrire cette situation quelque peu malaisante.

On connaissait une part sombre, plus brute du groupe, semblable aux canadiens de Women, avec Trading Basics (2015), ainsi qu’une autre plus lumineuse avec leur album à succès Rock Island (2018) et son EP Shadow Expert (2017). Mais à l’écoute de ce troisième long format, on ressent une sorte de sarcasme lugubre émanant des treize titres, voire même une forte désillusion…

Cela s’entend déjà sur les nombreux interludes instrumentaux et kaléidoscopiques de l’album (Eager Copy, Suffer Dragon, Brille) qui renforcent l’idée d’un voyage musical irréel. On est pris dans la douce folie des titres et on en vient à se demander si le groupe lui-même est lucide dans ses compositions, ou si la perte de réalité est bien concrète et difficile à encaisser ? « Make it up like a performer » chante Eve Alpert sur Feathers.

Au centre de cette bourrasque auditive se trouve On the Sly, véritable pamphlet de l’acidité et du détachement exprimés dans Nicks and Grazes. On y trouve une critique du pouvoir (« Violence as an active thought »), mais également un appel à retourner aux réalités « naturelles » et « tangibles » de ce monde, comme les océans et la terre.

Finalement, c’est le chant éthéré du duo Alpert/Kurt qui résonne encore après écoute : la paire semble faire ses vocalises depuis un autre monde (Parable Lickers , Away Kit). Mais c’est en réalité la partie la plus saisissable de cet album, celle qu’on reconnait et qui nous rassure, avec des changements rythmiques et mathématiques propres au groupe et des basses électriques et électroniques qui confirme leur affiliation aux courants indie pop/indie rock de ces dix dernières années (Mirror Mirror, Tumbleboy).

L’oreille s’habitue à toute cette instabilité sonore : elle devient notre nouveau royaume et on s’en retrouve changé, du moins habitué. Mais c’est peut-être cela que Palm cherche à dénoncer avec Nicks and Grazes : une sorte d’habitude confortable, d’accoutumance à un corps étranger tierce, à ce qui ne devrait pas exister dans l’ordre naturel, mais nous affecte bel et bien et nous ronge petit à petit au quotidien.



Chroniqué par Jonathan
le 22/10/2022

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