Celles et ceux qui découvriront The Innocence Mission avec l'album ici présent seront étonnés d'apprendre que l'existence de ce trio originaire de Pennsylvanie remonte au début des années 80 et que celui-ci a déjà sorti une quinzaine d'albums depuis leur œuvre éponyme The Innocence Mission en 1989. Et ils seront d'autant plus étonnés lorsqu'ils entendront la tessiture vocale de sa chanteuse Karen Peris, la voix diaphane de cette excellente autrice compositrice semble en effet n'avoir jamais subi les affres du temps et devrait certainement plaire aux amateurs de Hope Sandoval (This Thread Is a Green Street et ses airs de Mazzy Star) ou plus récemment Jessica Pratt. Mais par-delà cette singularité évidente faisant partie intégrante de l'indentié musicale du groupe, l'intérêt de The Innocence Mission se situe avant tout dans son écriture minutieuse de grandes "petites chansons" suspendues dans le temps comme autant de comptines sans âge, ce dont regorge ce merveilleux nouvel album.
Il s'agit alors pour The Innocence Mission de reproduire album après album le petit miracle d'une bulle qui serait hors du temps et ce Midwinter Swimmers à la beauté immaculée n'y échappe pas. Ces onze nouvelles chansons à l'enrobage cotonneux et aux arrangements soyeux nous font naviguer dans les eaux claires d'une folk de chambre parsemée de quelques douces envolées et traversée par une mélancolie légère dont ils détiennent le secret. Si le précédent album de Karen Peris sorti sous son propre nom (le très beau a song is way above the lawn, 2021) faisait la part belle au piano, Midwinter Swimmers marque quant à lui les retrouvailles avec les guitares, celles de Karen et de son mari Don Peris. Ces dernières s'entremêlent ici magnifiquement et se lovent toujours par amour dans un songwriting précieux et délicat qui ne nous lâche pas d'un bout à l'autre de cet album une fois encore miraculeux.
Chroniqué par
Romain
le 30/11/2024