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Dirty Three

: Love Changes Everything



sortie : 2024
label : Bella Union
style : Rock Instumental / Indie-Rock

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Tracklist :
1/ Love changes everything I
2/ Love changes everything II
3/ Love changes everything III
4/ Love changes everything IV
5/ Love changes everything V
6/ Love changes everything VI

Il y a toujours des retours surprenants qui nous ravissent d'avance. Douze ans après son précédent album Toward The Low Sun, la formation australienne Dirty Three revient d'une manière que l'on devine à son image, à savoir discrète, humble et précieuse. Quel plaisir de retrouver ce trio instrumental qui fut assez tonitruant à ses débuts – on le rattacha vaguement au courant post-rock alors émergent – puis plus serein par la suite avec les merveilleuses explorations lo-fi d'Ocean Songs (1998) et de Whatever You Love, You Are (2000). Quel plaisir aussi de retrouver Warren Ellis, génial multi-instrumentiste principalement connu pour avoir intégré depuis le milieu des années 90 la bande des Bad Seeds de Nick Cave avec qui il continue d'ailleurs d'écrire quelques musiques de films, quand ce n'est pas seul qu'il s'y attelle. Warren Ellis a même reçu en 2016 un César pour la bande originale de Mustang, remarquable (et remarqué) premier long métrage de la réalisatrice turque Deniz Gamze Ergüven.

Love Changes Everything (il n'est jamais trop niais de le rappeler) pourrait également être l'une de ces musiques de film imaginaire, projetant dans nos esgourdes un périple en six actes traversé d'errances et de digressions, de nostalgie et d'insouciance, de maladresses attachantes et de petites turbulences. L'ouverture de l'album (ci-dessous) se fait d'abord peu aimable en nous présentant une jam chaotique où le violon de Ellis semble se débattre avec la guitare noisy de Mick Turner et les tambourinages hasardeux de Jim White. On pense notamment à certains morceaux de The Necks, autre trio instrumental australien, dans cette façon de faire cohabiter des éléments sonores disparates n'ayant rien à voir ensemble.

La suite de Love Changes Everything bascule toutefois dans une autre ambiance en nous offrant une poignée de compositions plus apaisées faisant lentement apparaître une sensibilité à fleur de peau dans laquelle le violon de Warren Ellis reste relégué à des boucles de second plan au profit du piano. La dernière peinture du guitariste Mick Turner ornant la couverture de l'album d'une étrange créature en forme de "papillon-bouquet de fleurs" nous donnait certainement un premier indice pour appréhender l'écoute de cette œuvre de Dirty Three. Les compositions semi-improvisées du groupe semblent en effet fleurir ou éclore, poussées par un élan de vie transformant une nature souvent sauvage et désordonnée en cathédrales sonores fragiles et célestes. La dernière partie (la plus longue) de ce Love Changes Everyhing sans matière grasse est en cela un petit miracle d'émotion clôturant très gracieusement cet album pour le moins irradiant, énième réussite totale dans la discographie de Dirty Three.



Chroniqué par Romain
le 10/07/2024

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