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Echoplain

: In Bones



sortie : 2024
label : Araki
style : Noise rock

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Tracklist :
01/ Milla Jovovich 02/ Closer 03/ Chicken Run 04/ Push 05/ You Won't Find Me 06/ Disko Boy (feat. Benoit Malevergne) 07/ Jeffrey 08/ Bourrinou

Souvenez-vous de cette interview de Milla Jovovich chez Thierry Ardisson lors de son passage à l'ancienne messe du samedi soir Tout Le Monde En Parle. Avant l'enregistrement, l'actrice avait gentiment demandé à l'homme en noir de poser toutes les questions qu'il souhaite mais aucune au sujet de son père, volonté qu'il accepta. Plutôt joueur et toujours prêt à faire gonfler les audiences de son émission en créant le buzz via un petit "instant provoc", Ardisson tente quand même de poser les questions qui fâchent en toute mauvaise conscience. Bim ! Fallait pas jouer mon gars ! Et il faut bien garder en tête ce beau moment d'insoumission télévisuelle et de verre d'eau balancé à la figure de l'animateur pour lancer l'écoute du nouvel album d'Echoplain, qui démarre justement par un morceau intitulé Milla Jovovich.

Trois ans après leur premier album Polaroid Malibu que nous avions déjà beaucoup apprécié, le trio parisien revient raviver la flamme des early 90's et son âge d'or de la noise pur jus. Nous pensions cette ère en partie révolue, impression d'autant plus éprouvée récemment depuis qu'une page presque symbolique vient d'être tournée avec la disparition tragique de Steve Albini. Cet ingénieur du son cultissime avait en effet enregistré les débuts de nombreux groupes majeurs à l'origine du genre tels que Don Caballero, Slint, Tar, The Jesus Lizard ou par chez nous les non moins excellents Sloy et Heliogabale sans compter ses propres formations Big Black, Rapeman et Shellac. Et nous imaginons bien quel pied aurait pris Steve Albini à mettre en boîte un album comme ce In Bones, disque de noise parfaitement tranchant qui vient nous botter les miches en nous rappelant que la scène noise française a encore de très belles heures devant elle.

Avec In Bones, Echoplain écrit des morceaux comme on affûte des torpilles, et allie avec panache la violence des coups à la complexité des agencements. Les aiguilles étant toujours dans le rouge et l'enchaînement de ces huit nouvelles compositions ne pouvant laisser que sur les rotules, il faut se replonger plusieurs fois dans le petit labyrinthe terrassant de l'album pour mieux mesurer à quel point In Bones est l'un des meilleurs disques noise-rock entendu depuis longtemps. Les vénéneuses Closer et Push évoquant parfois Unwound, Jeffrey avec deux F, Disko Boy ci-dessous et l'irruption du trompettiste Benoît Malevergne ou encore Bourrinou et son refrain chanté à la manière de... Gojira ? Tous les morceaux qu'Echoplain exécute ici sont de purs bangers comme disent les jeunes, même s'il est impossible ici de "banger" et encore moins d'headbanger tant ces morceaux s'inscrivent dans la pure tradition du genre en faisant feu de tout bois (You Won't Find Me) et en restant soumis aux règles de la syncope, des rythmiques alambiquées et des déraillements explosifs. En cela, la noise est tout un art, et Echoplain le maîtrise à la perfection. Vivement la suite !



Chroniqué par Romain
le 26/05/2024

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