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Beth Gibbons

: Lives Outgrown



sortie : 2024
label : Domino Records
style : Indie-Rock

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Tracklist :
01/ Tell Me Who You Are Today 02/ Floating On A Moment 03/ Burden Of Life 04/ Lost Changes 05/ Rewind 06/ Reaching Out 07/ Oceans 08/ For Sale 09/ Beyond The Sun 10/ Whispering Love

Vingt-deux ans après son échappée solitaire Out of Season épaulée par Paul Webb (alias Rustin Man l'ancien bassiste de Talk Talk), c'est peu dire que l'on attendait ce que Beth Gibbons présente alors comme son premier véritable album solo, ce dernier arrivant à point nommé pour souffler les trente bougies du fameux Dummy de Portishead, chef d'œuvre trip-hop à nul autre pareil.

Beth Gibbons c'est avant tout une identité forte qui passe par cette empreinte vocale reconnaissable entre mille et semblant contenir toute la tristesse du monde, tant et si bien que l'on frôle parfois une forme de neurasthénie lors des compositions les plus plombantes de Portishead. Mais ce qui nourrit le plus cette identité tient peut-être du fait que l'anglaise se plaît à frotter l'hypersensibilité de sa voix aux aspérités retorses des projets dans lesquels elle évolue. C'était d'abord le cas en 2008 avec l'intransigeant Third de Portishead qui voyait le groupe s'éloigner du genre trip-hop en tentant de créer un maelström convoquant çà et là post-punk, krautrock et space-rock. Et c'était d'autant plus le cas lorsqu'elle décidait plus tard de réinterpréter la Symphonie n°3 d'Henryk Górecki avec l'orchestre symphonique de la radio nationale polonaise dirigé par Penderecki ou encore lorsqu'elle endossait le rôle de la mère de Kendrick Lamar sur son dernier album (Mother I Sobber).

Aujourd'hui seule face à ses propres choix et disons moins chahutée, Beth Gibbons pourrait concrétiser une certaine mise à nu de son univers musical. C'est en effet le cas mais pas tant que ça. Sous ses attraits principalement acoustiques (la folk Tell Me Who You Are Today en ouverture), Lives Outgrown vise finalement moins l'épure que de nouveaux territoires sonores servis en grande partie par des arrangements au cordeau faisant de son écoute une sorte de voyage immobile parfois magnifiquement orientalisant (Rewind) et quasi cinématographique, avec le spectre d'Ennio Morricone dans les parages. L'album est un émouvant témoignage de l'empreinte du temps qui se répand en diverses métaphores de cet âge avancé ("lives outgrown" signifie "vies dépassées") autant rempli de cette plénitude face au chemin parcouru que de questionnements au sujet des générations à venir. Lives Outgrown est alors tiraillé entre zones de turbulences, abysses mélancoliques (Burden of Life, For Sale) et éclaircies gracieuses (Lost Changes ou la pastorale Whispering Love). Parmi toutes ces belles chansons à fleur de peau, une grande chanson ouvre les vannes et bouleverse en apportant de la lumière à cette pénombre insistante dans laquelle baigne l'album : Floating On a Moment.



Chroniqué par Romain
le 24/05/2024

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