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Nala Sinephro

: Space 1.8



sortie : 2021
label : Warp
style : jazz / Electronica

achat/téléchargement

Tracklist :
1/ Space 1
2/ Space 2
3/ Space 3
4/ Space 4
5/ Space 5
6/ Space 6
7/ Space 7
8/ Space 8

Deux albums jazz partageaient cette année un goût certain pour l'ouverture vers un ailleurs electronica, deux œuvres sensibles ayant brillé comme deux étoiles dans le ciel. Il y a eu Promises en mars, disque collaboratif voyant Pharoah Sanders être épaulé par le compositeur britannique Sam Shepherd de Floating Points ainsi que l'orchestre symphonique de Londres; puis il y a eu en septembre dernier ce Space 1.8 de la caribéenne-belge Nala Sinephro. Promises (en écoute ici) s'apparentait à un chant du cygne pour le célèbre saxophoniste octogénaire Pharoah Sanders qui nous proposait alors une longue composition divisée en plusieurs segments telle une pièce en plusieurs actes. Celle-ci déroulait autour de quatre simples accords une sorte de trame narrative qui devait peut-être s'entendre comme la métaphore d'une vie qui passe, de sa naissance balbutiante à son issue tragique, ainsi que la possibilité in fine d'un au-delà via une conclusion flottante séparée du reste de l'album.

Tout aussi sophistiqué dans l'univers sonore qu'il déploie, Space 1.8 s'éloigne toutefois de l'ascenseur émotionnel bouleversant de Promises pour nous présenter une collection de morceaux où l'apaisement règne. Pour son premier album, la harpiste Nala Sinephro frappe haut et fort, en tout cas assez pour être signée chez Warp (Autechre, Broadcast). Bonne pioche pour le label londonien qui voit certainement là l'occasion de redorer son blason electronica légèrement terni ces dernières années. Il faut dire que Space 1.8 est, lui aussi, une "promesse", et pas des moindres. Il y a quelque chose de merveilleux dans cet album, au sens familier du terme bien sûr puisque l'album reste exceptionnel en tout point, mais aussi au sens littéral soit "ce qui étonne par son caractère inexplicable voire surnaturel". Ou comment Nala Sinephro transforme un album de jazz lounge risquant de sombrer dans la facilité ramollo de l'easy listening en une œuvre singulière qui ne cesse de fluctuer et de stimuler.

En invitant l'auditeur à quitter la pesanteur terrestre pour mieux se laisser bercer par des compositions en suspension, Space 1.8 n'a clairement pas volé son nom. Si l'espace n'est constitué que de vide, celui de Nala Sinephro est au contraire rempli d'éléments sachant faire corps. Il y a d'une part les instruments que l'on assimile volontiers aux formules trio ou quartet du jazz tels que le saxophone, la basse, la batterie etc.. Des instruments servis soit dit en passant par une dizaine de musiciens confirmés. Mais ces derniers baignent d'autre part dans les eaux plus troubles que la compositrice apporte à l'ensemble, l'emmenant au confin d'un jazz ambient quasi 70's (on pense par exemple à des morceaux comme Bismillahi 'Rrahmani 'Rrahim d'Harold Budd) qu'elle sait soigneusement moderniser grâce à sa harpe enchanteresse et ses synthétiseurs modulaires envoûtants. Nala Sinephro possède surtout un goût pointu pour l'electronica tirant vers l'abstraction (Space 1 ci-dessous ou encore Space 5) qui lui vaut certainement cette signature chez le fameux label Warp. La longue lévitation méditative finale achève de nous confirmer que Nala Sinephro a déjà tout d'une grande.



Chroniqué par Romain
le 17/12/2021

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