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Squid

: Bright Green Field



sortie : 2021
label : Warp
style : post punk / Art-Rock

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Tracklist :
1/ Resolution Square 2/ G.S.K. 3/ Narrator ft. Martha Skye Murphy 4/ Boy Racers 5/ Paddling 6/ Documentary Filmmaker 7/ 2010 8/ The Flyover 9/ Peel St. 10/ Global Groove 11/ Pamphlets

Avec toutes ces phases revival successives que le rock connait depuis les années 2000, il n'aura échappé à personne que le post-punk s'inscrit largement dans la liste et continue à faire des émules chez la jeunesse sonique d'aujourd'hui. Bien sûr le genre évolue et les nouveaux groupes se présentant à nous s'adaptent naturellement en digérant d'autres références plus contemporaines qu'ils mêlent à leurs identités, perdant parfois en authenticité ce qu'ils gagnent en technicité et en créativité. Une mouvance semble justement se dessiner outre-manche – et en Angleterre plus particulièrement – avec les trublions de Black Midi, Black Country New Road ou encore Shame, soit celle d'un post-punk détraqué ayant la volonté féroce de faire avancer le schmilblick quitte à perdre l'auditeur dans des méandres sonores trop abscons. Avec leur excellent premier EP Town Centre en 2019, Squid rejoignait clairement cette petite famille fort prometteuse et était forcément attendu au tournant pour leur premier long format, qui plus est lorsque celui-ci est signé chez Warp, fameux label des fleurons de l'IDM ayant ensuite su diversifier son catalogue avec entre autres la pop expérimentale de Broadcast ou le math-rock de Battles. Qu'en est-il alors ?

On dira que les premières écoutes de Bright Green Field déroutent, celui-ci se laisse difficilement apprivoiser. Le quintet de Brighton annonce dans son titre et sa pochette un champ rappelant la verdure des grandes plaines britanniques, mais c'est plutôt un champ de mines que l'on va devoir traverser. On est tout d'abord surpris d'entendre un album d'une telle maîtrise pour un premier jet, de ceux que la plupart des groupes sortent quand ils ne sont plus de toute première fraîcheur. Vous savez, le deuxième ou troisième disque (Room Inside the World de Ought par exemple), celui de la remise en question, de la prise de risque, ou comme aime à le dire une certaine presse musicale : "de la maturité". Car oui Bright Green Field est une œuvre riche et ambitieuse qui semble avoir déjà grillé plusieurs étapes. Squid évite dès le départ la machine à tubes pour mieux arpenter les territoires accidentés d'un post-punk plus sinueux que frontal. Plus post que punk.

Si les anglais ont les pieds encore bien ancrés dans un post-punk pur jus, appuyé notamment par le chant parlé/éructé si caractéristique de Ollie Judge, ces derniers opèrent toutefois au genre quelques greffes musicales provenant d'artistes d'autres bords les ayant marqué, citant pêle-mêle le post-punk avant-gardiste de This Heat, le krautrock robotique de Neu! ou encore le jazz modal. Une palette d'influences qui trahit nettement cette envie de briser les frontières afin de rechercher de nouvelles formes plus exigeantes. Et les trouver ? Pas totalement, d'où peut-être une légère déception. Mais Bright Green Field impressionne quand même, pour sa cohérence pas si évidente, pour sa fougue libératrice et pour le roller coaster émotionnel et singulier qu'il nous offre in fine. Sans temps morts ni ventre creux, l'album déroule une flopée de morceaux certes complexes mais toujours stimulant, remplis de digressions (celle de Boy Racers n'est pas la plus convainquante), d'arythmies parfaitement dosées ou de belles envolées électriques (Narrator ci-dessous, Paddling, la conclusion Pamphlets). Squid sait autant jouer la carte de l'efficacité (G.S.K. et l'explosive Peel St louchant vers une sorte de Liquid Liquid énervé) que celle de la délicatesse (le binôme Documentary Filmmaker / 2010 ci-dessous, dans lesquelles s'invitent des cuivres et des guitares cristallines du plus bel effet). Pour toutes ces raisons, Bright Green Field reste un must qui va tourner longtemps sur notre platine et qui achève d'inscrire Squid dans cette nouvelle famille anglaise captivante.



Chroniqué par Romain
le 08/05/2021

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