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Florilège musicopathe

: #29 : Compilation en trois 2 (1/2)



Cette année 2022 a vu de nombreuses sorties d’albums, autant de grosses moutures du milieu que d’artistes à la renommée plus modeste. Et comme on aime vous apporter ce qu’il y a de mieux sur la scène musicale indé, nous vous proposons ce petit récap d’une année en trois 2, et en deux parties...

Sign Crushes Motorist – I’ll Be Okay (Autoproduit)

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Le projet de « home recording » Sign Crushes Mototist est à ce jour très secret et mystérieux, mais les influences qui découlent du disque Il’ll Be Okay nous renvoient des vagues de sonorités lo-fi du début des années 90. C’est donc sur des compositions très lentes et mélancoliques, dans le plus pur style slowcore, que la petite demi-heure passée en compagnie de l'artiste nous berce tendrement (Left). Torturé sans être violent (There’s This Girl), dans un spleen contemporain, presque dépressif (Better), Sign Crushes Motorists propose des titres solides sans esbrouffes ni fioritures. Mention spéciale à la reprise Last Friday Night, initialement pop sucrée et dansante de Katy Perry, qui prend ici une tout autre dimension. I’ll Be Okay est une poignante déclaration existentielle de Sign Crushes Motorist. On ne lui souhaite donc que de rester ainsi « okay ».

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Carla dal Forno – Come Around (Kallista Records)

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2022 voit le retour de Carla dal Forno avec Come Around. Avec ce nouvel album, l’artiste australienne poursuit son travail entamé avec You Know What It’s Like (2016) et le très bon Look Up Sharp (2019). Les compositions down tempo, en équilibre entre la new wave (Side by Side) et la pop/électro indé (Stay Awake) font leur effet ici, avec toujours la basse comme élément fort des mélodies. Le duo avec le chanteur Thomas Bush sur Slumber met en valeur la voix sensible de l’artiste, dans une tessiture similaire à Rosie Cuckston (Pram) ou encore la regrettée Trish Keenan (Broadcast). On ne saurait donc que trop vous recommander Come Around, dernier témoignage de l’univers de Carla dal Forno, entre mélancolie et relaxation (Mind You’re On).

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Avalanche Kaito – S/T (Glitterbeat Records)

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Kaito, c’est le nom de Kaito Winse, le chanteur et artiste qui s’inspire de ses origines burkinabaise pour se muter en un griot des temps modernes. « Avalanche », cela désigne probablement les musiciens « rock noisy post quelque chose » Nico Gitto et Benjamin Chaval. Les trois hommes d’Avalanche Kaito s’amusent donc sur cet album éponyme à conter leurs récits, imaginaires ou non (la rédaction ne parle ni le mooré, ni le peul), en fracassant basse et batterie avec une énergie effarante (Lebere). En résulte des compositions puissantes et rebelles (Douaga), qui nous évoquent Slint, Fugazi (Goomde) ou encore Ui (Eya) ou Glissandro 70 (Le Grand-père). Un album riche et avec pas mal de bonnes idées, qui nous donnent envie d’en entendre plus de la part du groupe bruxellois.

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Julien Gasc – Re Eff (Corps Double)

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On retrouve le toulousain Julien Gasc sur son troisième album solo. Re Eff est un condensé de textes et de composition prêtant à la réflexion (Délivrance), à la langueur (Amours velours) mais aussi à l’humour, comme sait très bien le faire l’artiste. Dans un style très inspiré de la pop brésilienne des années 60, mais également de la chanson française de la même époque, les titres de Re Eff tirent l’essentiel de l’identité musicale de Julien Gasc : une voix douce et grave, un piano et quelques rythmiques pour accompagner le tout (La voyance). En parlant de rythmique, c’est d’ailleurs Syd Kemp, bassiste de formation et accessoirement membre de Ulrika Spacek qui a produit cet album au Haha Sounds Studio à Londres (nommé ainsi en hommage au magnifique album de Broadcast). De belles références en somme, pour un album bien ficelé.

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Astrel K – Flickering I (Duophonic Super 45s)

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Ulrika Spacek, encore, toujours ! Mais ici on s’attache au frontman Rhys Edwards, qui poursuit son projet Astrel K pour un Flickering I remarquable. C’est que l’homme a été à bonne école. On reconnait les rythmiques et l'ambiance typique de l’indie rock/pop des années 90/2000 (Clean Coal, Clicktivism). Mais peut-on en attendre moins d’un album publié sur le label Duophonic Super 45s, à l’origine notamment de la plupart des albums du multivers Stereolab ou encore du très bon Shrink des allemands de The Notwist ? C’est donc biberonné à ces « monstres sacrés » de la musique indé qu’Edwards tire l’inspiration et l’originalité de son album. Les points forts de Flickering I tiennent dans ses rythmiques originales (You Could If You Can) et ses mélodies pop dansantes. Hommages volontaires ou non également à The Avalanches (les violons de Is It It or Is It I?) ou encore à Joe Henderson et son Black Narcissus sur le final d’Imperial Phase. Une très belle copie du britannique et un album réussi présageant un avenir radieux pour ce « jeune » projet.



par Jonathan
le 22/12/2022

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