Nous chérissons les frères
Kadane pour avoir fondé deux groupes certes discrets mais ô combien majeurs pour la scène indie-rock américaine :
Bedhead dans les années 90, fer de lance du courant slowcore avec
Codeine et quelques autres ; puis à partir des années 2000 sa suite logique
The New Year et sa poignée de magnifiques albums trop injustement sous-estimés. Entre ces deux périodes,
Matt et
Bubba Kadane avaient également composé une bande son pour le film documentaire
Hell House lors d'un enregistrement bouclé en deux journées de mars 2001 dans le studio Electrical Audio du regretté
Steve Albini auquel on pense inconsciemment à l'écoute de cette version revisitée et renommé
The Ghosts of Hell House.
Les frères s'éloignent clairement des sonorités de l'album initial, préférant ne garder que quelques motifs et étirer l'espace qui sous-tend sa musique dans une longue composition prenant au bout de quelques minutes des allures de berceuse sadcore, hantée et hypnagogique. Avant cela, il y a ce vide terrassant et cette grisaille d'interférences venues certainement de l'au-delà. Chacun viendra avec ses propres références et je pense pour ma part au glaçant
Kaïro de
Kiyoshi Kurosawa, son désespoir latent et
ses apparitions fantomatiques marquantes. Plus qu'un simple cadeau pour les fêtes d'halloween,
Matt et
Bubba Kadane viennent de nous offrir avec
The Ghosts of Hell House l'une de leurs œuvres les plus radicales, mais peut-être aussi une musique idéale pour consoler les fantômes, nos fantômes.
Chroniqué par
Romain
le 31/10/2026