Après s’être fait remarquer sur la scène jazz européenne (et même internationale) avec son morceau fleuve
cycli infini (2023), le compositeur jazz ambient
Felbm a refait son apparition en 2025 avec
winterspring/summerfall. Cet album se décompose en quatre sections de six titres chacune. L’artiste s’est pour cela inspiré du Nijushi Sekki (trad. : 24 saisons), un calendrier ancien japonais divisant l’année en 24 espaces… d’où les 24 titres de l’album, répartis équitablement sur les quatre saisons.
La beauté de l’œuvre ne vient pas seulement de son historique mystique, mais de la part forte de contemplation apportée par le néerlandais lors de ces 24 titres. On y retrouve souvent des extraits de field recording, avec des oiseaux (
spring i, spring v) ou encore de la pluie (
summer i). Les ambiances tantôt gaies et solaires (
summer v), tantôt mélancoliques et froides (
fall v) se succèdent, portant toutes en elles cette intention d’observation du temps, de la nature et des émotions.
Le thème musical de l’œuvre revient à chaque quatrième pièce d'une saison (
winter iv, fall iv), tel le fil rouge d’une célébration païenne et folklorique de la fin et du renouveau de la vie. Les compositions sont quant à elles très finement réalisées, avec peu d’instruments, majoritairement acoustiques : flûte, guitare acoustique, piano, contrebasse…
Felbm tisse ainsi d’un fil d’or tous ces éléments mélodiques et rythmiques pour en faire de magnifiques poèmes musicaux, dont les thèmes entêtants semblent être faits pour que tout un chacun se les approprient (
fall ii).
Il nous aura fallu près d’un an pour nous remettre de la claque émotionnelle et musicale proposée par ce
winterspring/summerfall. Une œuvre mémorable, probablement la plus belle de cette année 2025 passée. Gage que la musique, en un mouvement perpétuel, nous apporte des expériences aussi communes et mémorables que celle du passage du temps.