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Anthony Braxton

: Charlie Parker Project



sortie : 2005
label : Hat Hut Records
style : Jazz

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Tracklist :
CD1
01/ Hot House
02/ A Night In Tunisia
03/ Dewey Square
04/ Klactoveesedstene
05/ An Oscar For Treadwell

CD2
01/ Bebop
02/ Bongo Bop
03/ Yardbird Suite
04/ A Night In Tunisia
05/ Passport
06/ Klactoveesedstene
07/ Scrapple From

Un hommage, sur deux soirs de concert, rendu par Anthony Braxton à Charlie Parker. Zurich, puis Cologne, accueillent en 1993 la révélation : celle de l’existence d’une parenté véritable entre les deux saxophonistes. Nouvel avènement de Parker ; mais inédit, celui-ci.

C’est qu’Anthony Braxton refuse évidemment l’interprétation policée de thèmes rangés. Investissant le répertoire choisi de manière ludique, libre, et parfois expérimentale, il peut aussi compter sur le soutien de musiciens en constant décalage, tels que le pianiste Misha Mengelberg, ou le trompettiste Paul Smoker.

A Zurich, un rythme illuminé d’Han Bennink lance un be-bop persuasif, qui fait la découverte de l’égarement possible des saxophones (Dewey Square). An Oscar For Treadwell, bop gouailleur et au charme ravissant, établit des contrastes avec Hot House, sur lequel Braxton et Smoker rivalisent d’envolées irrésolues.

A Cologne, on déploie des phrases joyeuses (Bebop) ; on relit, décomplexés, des standards faits fantaisies par un piano tentaculaire (Bongo Bop) ; on accepte, enfin, l’évocation de classiques par des modernes : le sage Passport, tout juste bousculé par les dissonances adroites de Mengelberg, ou l’impeccable Koko, portée par la contrebasse d’un Joe Fonda surpuissant.

A Zurich et à Cologne, on s’empare de Klactoveesedstene, pandémonium superbe tirant profits des flottements, et changeant selon la virulence des fuites choisies ; on investit A night In Tunisia, défiant la justesse des timbres sur des parties mélodiques en déroute, débordements contrôlés d’inspirations délicates.

Fleuri d’impacts charmants, le répertoire de Parker. Décidant des moments d’intrusion irrévérencieuse comme des processions ordonnées nécessaires à l’entretien du culte, Anthony Braxton fait bien plus que dépoussiérer des standards, et nous convainc, une fois encore, du raffinement de sa clairvoyance.


Chroniqué par Grisli
le 11/05/2005

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