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: Love will reign supreme




C’est un sale jour, un de ceux qu’on aimerait pouvoir simplement effacer du calendrier, passer à l’autre, directement au jour d'après. C’est une journée vraiment moche, il a beau faire beau sur la France, c’est triste, à en pleurer ou à en mourir. Le monde est corrompu, moisi jusqu'à la moelle, de toute beauté on a fait une farce, l’amour est mort, foutu, l’idylle impossible, tout juste bonne à faire la couverture de la presse people. Tu n’es pas un philosophe antique, mais tu es un cynique. Comme dit l’autre, l'amour c'est du pipeau, et la Saint Valentin, la soi-disant journée de l’amour, une arnaque, une entreprise commerciale, l’ultime preuve de l'immoralisme absolu du capitalisme, de sa noirceur radicale qui va jusqu’à exploiter les sentiments des masses pour les pousser à consommer encore et toujours, encore et toujours plus.

Quand tu étais plus jeune, au collège ou au lycée, peu importe, tu as même largué ta copine de l’époque, juste pour bien montrer à quel point tu étais un rebelle, à quel point le système, toi, tu le baisais. Quand tu t’es aperçu qu’elle ne voulait plus te parler après ta petite blague de punk boutonneux et qu’elle en préférait un autre, bien mieux que toi, plus rebelle et plus cool, c’est-à-dire pas tout le temps rebelle, pas pour la Saint Valentin — lui, il n’était pas aussi débile que toi — tu n’as pas eu l’air malin. Mais, c’est une autre histoire, tu l’as déjà oubliée, pas moi, je me souviens bien de toi.

Cependant, ça t’a confirmé dans ton opinion, la Saint Valentin est une arnaque, un attrape pigeon pour abrutis finis. C’est absolument irréfutable.





Faux.





Tu te trompes. Le pire, c’est que, d’une façon ou d’une autre, tout le monde se trompe avec toi. On sait bien au final qu’on se fait avoir en cédant à la passion commune pour la passion amoureuse. C’est une fête commerciale, mais bon, il faut bien consommer et, quand c’est au nom de l’amour, comment refuser ?

Eh bien non, même pas, en six titres tous dédiés à l’amour, les américains de Mobius Band, un des groupes d’electro pop-rock les plus intéressants de ces derniers années, prouvent que tout le monde se trompe. Désintéressés, ces six fichiers mp3 le sont tout à fait, en téléchargement gratuit sur le site du groupe.

Six titres, dont voici la liste : Razor love (Neil Young), Baby we’ll be fine (The National), True love will find you in the end (Daniel Johnston), Mobius Band In A Green Cotton Sweater (Casiotone For The Painfully Alone), I’ll keep it with mine (Bob Dylan), et Digital love (Daft Punk). Interprétations justes, simples, sensibles selon l’excellente méthode de Mobius Band : savant et subtil mélange d’organique et de digital, moins de rock cependant, plus de pop et même de folk. Comme sur Digital love, reprise qui devrait rester, qui substitue avec intelligence et inventivité aux guitares synthétiques une guitare acoustique, au chant vocodé une distinction et une douceur dans la voix à faire frissonner, reprise qui n’oublie pas l’origine dance du titre, mais la détourne, la traduit dans d’autres formes, différentes mais tout aussi efficaces.





Rien de trop, rien d’excessif, rien d’extravagant, simplement une excellente idée : s’approprier un phénomène social presqu’universel, et l’offrir au public, un peu comme une déclaration d’amour faite à la musique. On sent du début à la fin le plaisir qu’a pris le groupe à enregistrer ces chansons, un plaisir communicatif qui ne devrait laisser personne indifférent, pas même le plus cynique d’entre nous.




Love will reign supreme, si ce n’est pas absolument certain, à l’écoute de ce EP, on aimerait au moins croire que ce n’est pas totalement faux. Alors, oublie tes idées ringardes, elles ne tiennent pas la route face à la force que peut déployer la musique quand elle traite de l’amour. Même si tu n’as pas de Valentin, aujourd’hui, au moins tu as ce disque, sorte de top 6 des chansons d’amour à écouter pour l’occasion.









Mobius Band sera en tournée en France en première partie de The Editors : le 05/04 à Clermont-Ferrand, le 06 à Lyon et le 07 à Paris.

par Jérôme Orsoni
le 14/02/2008

Tags : Dossier

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