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Dossier

: Godspeed you whoever you are




Il y en a qui disent que c'est fini et puis, il y a ceux qui répondent que non, non, pas tout à fait. Et puis, il y a nous. Nous qui pensons que Godspeed you black emperor a été un groupe hors du commun. Mais qu'il a fait son temps. Non pas tant musicalement que par son attitude sur scène. Sur scène, en effet, GY!BE, c'était frontal, une expérience totale, mais à la limite de l'impossibilté : trop tout le temps, c'est impossible comme expérience singulière. Sur disque, c'était autre chose, tu pouvais faire ton choix. En concert, c'était à ce point radical qu'on pouvait se demander ce qu'il pouvait bien rester à l'auditeur.


Le changement a eu lieu avec Silver Mt. Zion. D'abord, un groupe quasi néo-classique, pas le genre de musique à te faire jubiler. Et puis, de disque en disque, d'abord dans cette voix presque fausse, puis dans ces cordes qui la soutiennent et, enfin, dans ces saturations qui la maintiennent, quelque chose s'est imposé. Quelque chose de communicatif, quelque chose qui pouvait te parler à toi, directement. Quelque chose que tu pouvais peut-être intellectualiser, mais sans que ce soit nécessaire. Ça, ce quelque chose, c'était, comme on l'a appris, Thee Silver Mount Zion Memorial Orchestra and Tra-La-La Band.



Ça, ce quelque chose, quand tu l'entends faire ça, tu te dis que peu importe qui est son prédécesseur (tant de membres l'ont quitté, à commencer par Mike Moya), quand on est capable de faire ça, en un sens, tout ce qui précède est balayé.



Et quand, en plus, cela annonce l'album à venir, tu te dis que si les précédents devaient en finir pour de bon, on ne regretterait rien.



La preuve :








Écoute le final : c'est incantatoire, c'est sexuel — la répétition en canon et puis en chœur et inversement —, c'est tout ce que tu veux, sauf faux, sauf feint. Ça ne prétend rien, ça l'affirme. Ce n'est pas compliqué : "Some hearts are true". Ce n'est peut-être même pas vrai, c'est simplement là, comme ta vie, peut-être, simplement affirmé avec une conviction telle qu'elle ne saurait laisser personne insensible, pas même le plus blasé, pas même plus snob. Je le sais, j'en suis. Alors, tais-toi pendant huit minutes moins des poussières. Ensuite, tu jugeras. Ensuite, nous en parlerons.

par Jérôme Orsoni
le 13/02/2008

Tags : Dossier

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