Les californiens de
Duster continuent de sortir des albums à un rythme assez régulier depuis qu'ils ont repris leurs affaires en 2019 après une pause de près de vingt ans. Le trio s'est cette fois-ci adjoint les services de l'artiste de Caroline du Nord
Dirty Art Club (
Johnny McKiever) et offre sous le nom
Sooj une courte (26 minutes) parenthèse enchantée à sa discographie faisant logiquement suite à leurs précédents albums (les beaux
Together et
In Dreams) qui substituaient déjà aux sonorités rugueuses et lo-fi d'antan de nouvelles textures plus caressantes et évanescentes. La présence de
Johnny McKiever fait dériver le shoegaze slowcore de
Duster vers une sorte d'abstract hip hop lointain, donnant à entendre une collection de compositions vaporeuses voire crémeuses semblant errer sans but précis. À l'instar du grand cinéaste sud-coréen
Hong Sang-soo qui brouillait la mise au point sur son film
In Water pour créer un effet impressionniste, l'utilisation de la distorsion et de la réverbération chez
Duster confine toujours à une forme d'impressionnisme sonore dans lequel on aime irrésistiblement flotter en apesanteur, et reste toujours l'un des plus beaux témoignages musicaux de ce que l'on appelle généralement la "mélancolie douce".
Vrai crush donc pour ce
Crusher disponible
à cette adresse et que l'on peut écouter entièrement
sur Youtube.