RIBS : sous ce nom impossible à googliser sans tomber sur des recettes culinaires de gros viandards se cache l'un des groupes post-punk américains les plus stimulants de ces dernières années. Encore un, ok, et la sortie de ce second album en seulement deux ans sera malheureusement noyée dans la masse de la ribambelle de nouveaux artistes issus de ce mouvement revival qui n'en finit pas de muter dans des directions auxquelles on adhère plus ou moins. Dernière mutation en date, ce quatuor originaire de Caroline du Nord ne semble garder de post-punk qu'une voix hargneuse directement héritée de
Mark E. Smith (
The Fall) comme bon nombre de groupes que nous choyons chez cette scène –
Protomartyr en tête – et une violence parfois contenue mais pour le reste, c'est quand même une autre histoire.
Guitares aux multiples atouts (on pense même à celles acérées de
Shellac sur
High Fives Of The Four Horsemen), basse étonnamment joueuse, batterie toujours impeccable, les instruments à l'unisson de
RIBS visent l'essentiel tout en débordant sur la marge, laissant certaines compositions dégouliner vers des longueurs dépassant les durées règlementaires du genre. On craint bien sûr les boursouflures performatives du rock progressif ou même les dérives indigestes des derniers
Black Midi mais on est tout de suite emporté par la cohérence de l'ensemble et par l'impact émotionnel de ce que propose ce groupe sortant clairement du lot. Légèrement alambiqué par moment mais souvent rentre-dedans,
COLD RIBS est un album retors qui ne cesse de surprendre au fil des écoutes en nous emmenant dans des recoins singuliers du rock. De quoi ressortir certes harassé, mais avec la nette impression d'avoir entendu un futur grand groupe en pleine ascension.
Chroniqué par
Romain
le 25/08/2026