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The Microphones

: Microphones in 2020



sortie : 2020
label : P.W. Elverum & Sun, Ltd.
style : folk / ambient

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Tracklist :
1/ Microphones in 2020

Microphones in 2020 signe le retour de Phil Elverum au projet folk lo-fi qui occupait son adolescence avant qu'il crée Mount Eerie et son propre label P.W. Elverum & Sun, Ltd. en 2005. Des retrouvailles ? Pas tant que ça puisque chaque nouvel album de l'américain n'est finalement rien d'autre qu'un chapitre supplémentaire à ajouter à son œuvre singulière quelque soit le pseudonyme employé. Il n'est d'ailleurs pas rare de retrouver des suites de chansons sur des disques ultérieurs (magnifique Through The Trees Pt. 2) voire des albums entiers (l'un de ses sommets The Glow Pt 2 en 2001 ou encore son précédent Lost Wisdom Pt 2 avec Julie Doiron). Mount Eerie est également le nom du dernier album de The Microphones.

Si la vie et l'œuvre de Phil sont intrinsèquement liés c'est souvent pour le meilleur et pour le pire dans ce qu'il propose en terme de folk intimiste et proche du réel. Pour ce qui est du pire – le décès de sa compagne Geneviève Castrée d'un cancer du pancréas en 2016 à seulement 35 ans, le laissant père d'une petite fille de 4 ans – l'auteur en consacra deux albums dépouillés jusqu'à l'os (A Crow Looked At Me en 2017 et Now Only en 2018), emmenant Mount Eerie vers des abîmes bouleversants dont il fut difficile de se relever. Revenir sous le nom The Microphones est peut-être aujourd'hui pour Phil Elverum le moyen d'ouvrir une porte (celle du passé?) ou plutôt d'ouvrir la fenêtre afin de mieux respirer et fuir, le temps d'un album, la pente dramatique qu'a pris sa vie, et donc son œuvre.

Présenté comme "une longue chanson enregistrée nulle part entre mai 2019 et mai 2020", Microphones in 2020 reste à bien des égards une curiosité dans la discographie pourtant déjà bien fournie d'Elverum. On sait que ce dernier a toujours aimé jongler entre songwriting folk sensible et pures expérimentations mystiques, celles-ci parsèment des albums qui iront parfois même jusqu'à emprunter les ambiances ténébreuses du black metal (Wind's Poem en 2009). En cela, cette dernière œuvre réussit justement à trouver un bel équilibre entre ces deux pôles spécifiques de son écriture mais en les poussant chacuns dans leurs derniers retranchements.

Si Microphones in 2020 est une chanson, alors elle met du temps à s'enclencher. Peut-être ne veut elle juste pas démarrer et rester coincée dans cet espèce de mantra apaisant et hors du temps, soit deux accords lanciants d'une guitare enregistrée en double-tracking (à écouter au casque, effets garantis) répétés inlassablement et renvoyant directement à cette potentielle porte du passé qu'est The Pull, premier morceau d'It Was Hot, We Stayed In The Water qui commençait exactement de la même manière il y a vingt ans. La durée est tellement étirée que ce qui devait être une introduction s'apparente à une partie assez intriguante. Puis la voix de Phil Elverum apparaît et nous livre une longue prose sans rime dont le faux détachement mélodique peut rappeler David Grubbs. Le chant, savamment calé sur les multiples variations et déflagrations auxquelles la composition va se livrer, donne sens à ce que doit finalement être ce Microphones in 2020 : une chanson. Et si nous l'écoutons autrement qu'une longue composition de 44 minutes, celle-ci possède en effet dans ses propres dimensions tous les schémas classiques d'une chanson. Intro, couplet, refrain, couplet, refrain, pont, couplet, outro.

Interminable à démarrer, Microphones in 2020 est également interminable à se terminer, comme si une fois lancée celle-ci ne pouvait plus s'arrêter autrement qu'en s'asséchant totalement d'elle-même. Entre ce début fascinant et cette fin harassante, le prolifique auteur du binôme Clear Moon/Ocean Roar (2012) nous rappelle en tout cas qu'il est autant un grand songwriter qu'un talentueux créateur d'ambiances. Planantes, émotionnelles (le "pont" du morceau reste un moment sublime), et électriques, elles poussent cette dernière œuvre pour le moins radicale vers le meilleur de ce qu'elle devait être, soit une œuvre échappatoire.



Chroniqué par Romain
le 15/09/2020

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