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The Apartments

: In and Out of the Light



sortie : 2020
label : Talitres
style : Pop classieuse

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Tracklist :
1/ Pocketful of Sunshine 2/ Write Your Way Out of Town 3/ Where You Used to Be 4/ What's Beauty to Do? 5/ Butterfly Kiss 6/ We Talked Through Till Dawn 7/ I Don't Give a Fuck About You Anymore 8/ The Fading Light

Chaque nouvel album de The Apartments est accueilli chez nous comme un évènement un peu à part, et ce pour plusieurs raisons qui nous amènent à remonter le fil du temps. Tout d'abord ce groupe australien s'articulant autour du talentueux auteur-compositeur-interprète Peter Milton Walsh possède une discographie largement espacée dans le temps mais toujours jalonnée d'œuvres rares et précieuses. Six ans séparent ainsi leur premier EP du magnifique premier album The Evening Visits.. (1985), puis il faudra encore attendre huit années pour que Peter Milton Walsh et sa bande refassent surface avec à la clé deux chefs d'œuvre intemporels offrant chacun une facette de l'identité musicale de ce songwriter hors-pair, l'une électrique (Drift en 1993) et l'autre acoustique (A Life Full of Farewells en 1995).

Ensuite, c'est en France que The Apartments connaîtra étrangement le plus de succès en dehors de son propre pays, faisant de Milton Walsh une figure de grand beautiful loser adulé par quelques irréductibles fans ici mais quasiment ignoré partout ailleurs. Et c'est d'ailleurs chez certains labels français (Talitres, Microcultures) que leurs albums et quelques lives enregistrés (Fête Foraine) seront (ré)édités. Le groupe ira même jusqu'à distribuer pour son fidèle cercle d'initiés français l'album A Life Full of Farewells sous le nom "Un vie plein d'adieux" (sic) comme un clin d'œil. Enfin, dernière raison : nul ne peut passer outre le grand drame qui bouleversa la vie de Peter Milton Walsh en 1999, la perte de son fils alors âgé de 4 ans, et figea son activité pendant plus d'une décennie jusqu'en 2015 via la sortie de No Song, No Spell, No Madrigal, album sur le deuil et sur la renaissance brillant par sa grâce somptueuse (Twenty One). La sortie d'un nouvel album de The Apartments doit ainsi être reçu comme une pièce supplémentaire dans la reconstruction d'une vie, et bien mesurer l'importance d'un tel effort.

Si In and Out of the Light peut se voir comme un prolongement de son classieux prédécesseur pour ce qu'il garde de pesanteur, de lyrisme contenu et d'élégance, il semble aussi revenir parfois à la période d'A Life Full of Farewells, notamment pour ses arrangements accordant beaucoup d'importance à l'acoustique. On croirait même y être lorsque les cuivres de la belle Buttefly Kiss retentissent. Aussi, dans ses moments les plus rythmiques, il renverrait presque à l'esprit de Drift (les deux petits miracles que sont What's Beauty To Do? ci-dessous et I Don't Give a Fuck About You Anymore). L'album dresse ici le portrait de plusieurs personnages à la recherche d'une nouvelle vie suite à une perte ou un changement brusque. Soit autant de personnages faisant écho au parcours difficile de leur auteur et traversant cette nouvelle œuvre intimiste dans une forme de retenue poignante.

Ces nouvelles compositions chamber pop de Peter Milton Walsh sont bien sûr mélancoliques comme elles l'ont toujours été, mais restent toujours enroulées dans une couverture douillette due à l'instrumentation aux couleurs chaudes apportée par ses collaborateurs. Et si l'on peut reprocher à certaines d'entre elles de verser doucement dans un mélodisme parfois mielleux voire simpliste (Pocketful of Sunshine, We Talked Through Till Dawn), force est d'avouer que la sensibilité de cette voix si singulière marquée par le poids d'une vie en va-et-vient emporte l'auditeur dans une émotion toujours palpable. Les autres chansons ravivent quant-à-elles la flamme du The Apartments des années 90 mais sont toutefois gagnées par un désenchantement de plus en plus flagrant, de celle qui accompagne souvent les adieux définitifs prononcés la gorge nouée. C'est bien sûr ce qui rend beau ce In and Out of the Light, nouvel album arraché à l'existence tragique de Peter Milton Walsh, grand songwriter discret moins animé par la lumière des projecteurs que celle de son âme musicale. Les lumières s'éteignent donc (The Fading Light) mais on espère infiniment qu'elles se rallumeront vite.



Chroniqué par Romain
le 18/09/2020

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