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Jedi Mind Tricks

: Servants in Heaven, Kings in Hell



sortie : 2006
label : Babygrande
style : Hip Hop Indépendant

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Tracklist :
01/ Intro
02/ Put Em In The Grave
03/ Suicide
04/ Uncommon Valor : A Vietnam Story (feat R.A. The Rugged Man)
05/ A Blood Red Path
06/ When All Light Dies
07/ Serenity In Murder
08/ Pariah Demise (Interlude)
09/ Heavy Metal Kings (feat Ill Bill)

Chroniquer un cinquième album, c'est un peu faire un bilan de carrière, en l'occurence 10 ans pour le duo de Philadelphie. Jedi Mind Tricks c'est, à l'instar de Gangstarr, l'histoire d'un MC : Vinnie paz et d'un DJ : Stoupe. Rangés dans les fondateurs de l'underground hiphop, les deux compères initiateurs du label Supernatural et du crew Army of the Pharaos, tiennent depuis 1996 une place à part sur la planète HH. Tantôt encensés tantot voués aux gémonies, les deux acolytes n'ont pas fait leur chemin dans la constance. On peut se féliciter que 10 ans de carrière ne suivent pas une ligne continue mais il y aura toujours les détracteurs pour dire "c'était mieux avant".
Servants in Heaven, Kings in Hell, présenté comme l'album de la maturité sur le site du label Babygrande (expression récurrente pour décrire un cinquième album), offre de belles surprises. Ou du moins rassure après Legacy of Blood. Apparaissent en guests cette fois ci Ill Bill, R.A the Rugged Man, Block McLood, Chief Kamachi et, plus surprenant, Shara Worden aka My Brighest Diamond, nouvelle coqueluche folk de la scène Illinoise.
L'album s'ouvre sur du violon et un sample ciné. Put em in the grave, de la même façon est un grand classique JMT, une prod excellente : basse soutenue, scratchs sur sample de guitare folk sicilienne (on jurerait du Nino Rota) et Vinnie Paz en plein battle solo. Déjà entendu mais très bon. Pareil pour Suicide qui rappelle la période "latine" de JMT, guitare et voix de fond dominent, on se croirait dans Visions of Ghandi pour le coup.
Le premier feat intervient sur Uncommon valor: A Vietman Story. Plus profond, plus proche du premier album, Stoupe recrée une ambiance dense et pesante à l'aide d'une seule voix et des drums. En accord avec les lyrics décrivant les points de vue de deux soldats au Vietman. Tres bon feat de R.A. The Rugged Man, mais l'ambiance retombe avec A Blood Red Path. Ce faux interlude aurait mieux fait d'en être un réel et de se passer du flow de Vinnie Paz. When All Light Dies qui marque la première apparition sur l'album de Shara Worden n'est pas une réussite. On reprend la voix loopée et aiguë en fond, le flow de Vinnie Paz qui se remet à délirer et on ajoute Shara Worden qui n'a pas grand chose à faire là. Jolie voix mais bon ça s'arrête là, une des tracks les plus pauvres de l'album. Pour Serenity in Murder, on retiendra principalement la prod de Stoupe, envoûtante et violente, un classique de l'undeground des débuts.
Heavy Metal Kings qui s'avère être le premier single est le fruit de la collaboration avec Ill Bill (le frangin taré du tout aussi taré Necro). Grosse déception. Salué par beaucoup comme le meilleur titre de l'album, j'ai du mal à comprendre. Sous forme de battle, Vinnie Paz et Ill Bill se démènent sur une prod pauvre, le refrain est lamentable et je conseille de voir le clip absolument (rires garantis). On oublie vite car Shadow Business rehausse le niveau. Des lyrics tout d'abord puisqu'il est question de l'hégémonie économique des USA et que la piste est émaillée de propos tirés de discours (la voix ressemble terriblement à celle de Noam Chomsky). Mais aussi de la prod bien qu'on commence à ce moment de l'album à saturer des voix féminines de fond. Heureusement l'interlude salvateur Triumph and Agony nous permet d'apprécier la deuxième collaboration de Shara Worden à l'album sur Razorblade Salvation. Stoupe reprend et modifie une production de Sufjan Stevens (Dumb I Sound pour les initiés), sur laquelle Shara Worden et Vinnie s'accordent parfaitement.
On relance la machine à gros son tout de suite après avec Outlive the War feat Sean Price et Block McLoud. Coutumier des samples classiques (Albinoni et Vivaldi entres autres), Stoupe nous refait à sa sauce la Traviata de Verdi. Le résultat est bon, ça envoie du lourd, du gras. Très surprenant au début, voire choquant, on ne peut au final qu'accrocher à cet extrait mondialement connu.
En fait la bonne idée a été de mettre les featuring en fin d'album, alors qu'on commençait à se lasser du flow de Vinnie Paz. Sur Gotta Music interviennent donc Reef the Lost Cause et Chief Kamachi les compères de la première heure, membres d'Army of the Pharaos. On se croirait revenu au Violent by Design: hardcore rap sur très bonne instru. Suit un interlude et le dernier morceau de l'album : Black Winter Day. Très belle conclusion dans laquelle Vinnie Paz, plus introspectif que jamais, pose un flow moins braillard sur un très beau sample violon de Stoupe. Un des morceaux les plus aboutis de l'album sans doute, une très belle clôture.
En conclusion, Servants in Heaven, Kings in Hell est un bon album, peut-être même un très bon album. "De la maturité", je ne sais pas, mais JMT a apparemment pris en compte certaines critiques qui leur étaient adressées. Soyons clair, ceux qui ont décroché dès Visions of Gandhi ne reviendront pas avec enthousiasme à cet album, The Psycho-Social, Chemical, Biological, And Electro-Magnetic Manipulation Of Human Consciousness est bien loin maintenant. Pour les autres, il devrait faire oublier le décevant Legacy of Blood et les réconcilier avec Jedi Mind Tricks qui, quoi qu'on en dise, fait encore très bonne figure sur la scène underground/indé du hiphop US.


Chroniqué par Demokrite
le 03/10/2006

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