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Ricardo Villalobos

: Salvador



sortie : 2006
label : Freesbee
style : Techno

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Tracklist :
01/Ricardo Villalobos - Que Belle Epoque 2006
02/Ricardo Villalobos -Tempura
03/Ricardo Villalobos - Suesse Checques
04/Ricardo Villalobos -Unflug
05/Ricardo Villalobos -Lazer@Present
06/Ricardo Villalobos - Logohitz
07/Ricardo Villalobos - L

En quelques années, Ricardo Villalobos est devenu rien de moins qu'une star, plaçant définitivement l'Amérique latine au centre de l'attention des amateurs de musique répétitive capable d'agiter coeurs et corps. Succèdant aux albums Alcachofa et Thé au Harème d'Archimède, Salvador rend disponible des morceaux sortis en vyniles sur Freesbee entre 1998 et 2000, mais qui auraient aussi bien pu paraître avant-hier. Seuls deux morceaux font exception à ces règles, le tout premier (Quelle Belle Epoque 2006) parce qu'il est effectivement paru avant-hier ou presque, et le dernier, un remix de Senor Coconut paru sur la maison Multicolor.

Quelle Belle Epoque figure donc au tracklisting sous une version "remake" de 2006. Ricardo y met son sens du suspens à l'oeuvre avec maestria. Les basses roucoulent un long moment, secouées de pulsations qui viennent d'en bas, les quelques textures en présence sautillent, s'émoustillent réciproquement et s'affichent sous tous leurs angles. Le procédé est connu, l'artiste attise la convoitise, érotise l'attente à force de frôlements, si bien que lorsqu'au bout de cinq bonnes minutes d'aguichages, quand le microsample redondant s'émancipe enfin en une mélodie gracile, il y a une véritable jouissance de la relâche. La track dévoile alors dans des filets sirupeux, goût rhum-gingembre, tout le charme surranné que suggère son titre. Une fillette rétro minaude quelque chose comme "quelle belle époque pour un vrai sans-gêne", et l'ensemble devient une chansonnette hybride, terriblement remuante, sensuelle et fleurie.

Tempura, à la fois tribal et plus sobre, développe un groove percussif lentement cadencé par des mini-événements dub. Il pourrait tourner en rond si ce n'était le jeu des reliefs accentués, les quelques à-coups de volume et de compression qui vitalisent souvent les productions Villalobos, et le placent définitivement plutôt du côté des sentiers brûlants et poussiereux que des minimales Nachtautobahnen allemandes. Sachant aussi se faire pur scientiste à ses heures, il établit avec Suesse Cheques un parfait outil pour les Closer to the edit d'Hawtin, focalisé sur quelques loops significatives et policées à l'extrêmes. En combinant étrangement ambiance abstraite et grondement dynamique, le morceau réclame une vitesse d'écoute qui lui est particulière et offre un beau moment de dépouillement numérique.

Unflug est une petite merveille où comme souvent avec Ricardo Villalobos, les fondamentaux rythme et basses débordent le reste, se comportant comme un fluide frémissant et bouillant dont les bulles sont tentées par une remontée à la surface, par-dessus la mélodie qui mène la transe. Illustration d'un savoir-faire qui semble infaillible, Lazer@Present se concentre quant à lui sur une dimension résolument mentale. Plus conventionnel, il possède encore une élégance singulière, une sorte d'humeur languide qui s'inscrit jusque dans la tièdeur des nappes. En dernier lieu, l'incisif Logohitz, quasiment techno-funk, et Lugom-ix, carrément rave, varient sur des motifs enlevés, plaçant le final sous le signe de l'aisance, d'une force continue, assurée, indéfectible.

Sous la forme a priori anodine d'une collection de maxis, Ricardo Villalobos propose quelques unes de ses meilleures productions à ce jour, l'approche dancefloor l'incitant peut-être à rester accrocheur et étonnamment accessible. Mais à travers Salvador, c'est surtout un modus operandi qui se révèle, s'affirme et s'imprime définitivement, celui par lequel le Chilien se montre capable de valoriser le meilleur des traditions musicales latines et européennes pour recycler n'importe quelle matière (techno orthodoxe, chanson française, la salsa d'Electrolatino). On peut supposer que c'est cette même synthèse d'esprit spontané, freestyle, "live" et d'un calcul extrême de la structure d'ensemble comme du moindre détail qui a hypnotisé et séduit les masses sous son contrôle, DJ set après DJ set. Lieu de la dernière utopie à l'heure du village global, entre purisme technologique et sens du groove tribal, l'intellect et le corps, l'élite et le peuple, la musique de Villalobos absorbe les contraires et donne le résultat à danser. Quelle belle époque, définitivement !

Chroniqué par Guillaume
le 05/06/2006

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