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Joe McPhee

: Remembrance



sortie : 2005
label : CJR
style : Jazz

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Tracklist :
01/ Part I: Remembrance (opening)
02/ Part II: This is Where I Live
03/ Part III: In the End There Is Peace
04/ Part IV: Remembrance (closing) For Steve Lacy

Enregistré à Seattle le 27 octobre 2001, Remembrance réunit autour de la personne de Joe McPhee deux de ses partenaires fréquents – Michael Bisio (contrebasse) et Raymond Boni (guitare) - et un poète local – Paul Harding - accueillant le trio dans son monde.

Introduit par l’archet de Bisio et les arpèges nerveux de Boni, Remembrance (opening) est de ces improvisations collectives qui ne mettent pas longtemps à acquérir de l’épaisseur. Au saxophone soprano, McPhee pose des notes indépendantes et longues, avant de suivre l’exemple du guitariste, qui place ses interventions sous le signe du cercle. Eternel retour régénéré par le souvenir : celui d’un duo perpétuel, poussant ici McPhee à l’acharnement flamboyant, derrière lequel il renouera, à la trompette de poche, avec plus de sérénité.

Façon radicale de diversifier le propos, Boni improvise ensuite aux côtés d'Harding, et colorie de ses inspirations suspendues par un delay naturel la lecture – investissant avec élégance la forme musicale - faite par le poète d’un de ses textes (This is Where I Live). Suit un long solo de Bisio : avançant lentement sur une contrebasse grinçante, il modifie l’atmosphère au gré du nombre de cordes qu'emporte son archet, ou selon qu’il s’adonne aux expérimentations bruitistes ou se laisse aller à des moments plus paisibles (In the End There Is Peace).

Le temps de se retourner, et déjà, Remembrance (closing). Cette fois, c’est à la contrebasse de choisir le cadre, respecté par la guitare, puis par la trompette, pondérée - lyrique, voire. Revenu au soprano, McPhee enchevêtre ses phrases et, pendant un solo courant sur 6 minutes, évoque Steve Lacy, à qui le morceau est dédié. Faisant alterner les instants calmes et quelques bribes de swing, poussé jusqu’à la vaillance éprouvée d’un saxophone dans les hauteurs, d’une guitare insatiable et d’une contrebasse sur laquelle on frappe, le dénouement est impeccable. A l’image d’un disque consacré au champ des souvenirs, dont il vient, dans le même temps, grossir les rangs.


Chroniqué par Grisli
le 03/01/2006

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