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Parallax Beat Brothers

: Autek



sortie : 2005
label : Bette
style : Acoustica

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Tracklist :
01/ Exhalation
02/ Suitcase
03/ Enroute
04/ In Abscence
05/ Autek
06/ Submarine
07/ The Darker The Star
08/ Plush Insect
09/ Acoustically Digital

En s’associant avec le percussionniste Pete Lockett, Scanner entame une collaboration aussi étonnante (et finalement aussi prometteuse) que les side projects de Fennesz avec Sakamoto ou David Sylvian. Rencontre des paysages électroniques chers à Robin Rimbaud et des percussions de tous horizons, plus ésotériques que moins, comme Pete Lockett en a le secret. Et si chacun semble développer sa partie de manière bien indépendante, l’objet final est bel et bien acoustiquement digital, comme le veut le dernier titre, art poétique qui vient conclure l’effort du duo et dévoiler le modus operandi des musiciens sur cet album : pas d’imbrication totale et fusionnelle de l’acoustique et de la digitalité, mais une manière de placer les deux champs d’investigation en regard l’un de l’autre, de manière parallèle, spéculaire, jusqu’à établir une forme de nullité de la frontière entre acoustique et son digital, en faisant percevoir la percussion comme un son de synthèse et en donnant une propriété acoustique et organique au son digital.

Ambition d’autant plus évidente quand se joint au duo la trompette de Jon Hassell, utilisée elle aussi à la manière d’une nappe, souple, mouvante, jouée sans sourdine et selon un mode d’enregistrement qui atténue les harmoniques d’origine du timbre de l’instrument (Enroute, The Darker The Star, réminiscence à peine dissimulée de Nils Petter Molvaer). Et de fait, chacun des sons qui vient contribuer à l’ensemble occupe une place mouvante au cours du disque : les samples de voix découpées d’Exhalation sont ainsi utilisés à la manière de pulsations, tandis qu’ils constituent une trame tour à tour harmonique et concrète dans Suitcase, Autek et Submarine, de même que les infrabasses d’In Absence forment la structure rythmique sur laquelle des glitches viennent se greffer comme autant de développements atonaux.

D’où l’intérêt de ce disque de free jazz et d’électronica, déplacement constant des points de réception musicale et de perception des sons, que ce soit à l’intérieur d’un même morceau ou à l’échelle de l’album, assez hétérogène, jamais hybride mais plutôt album double, entièrement électronica, intégralement free jazz (terme employé faute de mieux), selon l’angle sous lequel on l’observe. On reconnaîtra ici la patte de Robin Rimbaud, grand collecteur de sons, architecte de ruines de samples, archiviste des rumeurs du monde, qu’elles soient synthétiques, worldpercussives ou captées dans la rue, voix d’inconnus qui apportent un incarnat bienvenu à ce disque situé entre abstraction et organicité, entre ambient, field recordings et approche improvisée, et qui déjoue les pièges de chacun des genres dans lesquels il semble s’inscrire, inscription toujours en porte-à-faux en réalité, en ce qui concerne l’ambient et l’exercice du soundscape en particulier. Ainsi, pas de nappes ici, mais plutôt des masses sonores compactes et complexes, qui se déplacent le long de vecteurs définis par les percussions et faites de souffles (Plush Insect), de niveaux de transparence (Suitcase) et de profondeur (The Darker The Star), de masses colorées glissant les unes sur les autres (Enroute). Et cette manière de déjouer les appartenances génériques et sonores est sûrement la cause d’un léger défaut d’unité, à l’intérieur de cet album dont chacun des neufs volets, pour soumis qu’il soit aux mêmes principes d’écritures que les huit autres, forme un tout bien autonome et clos sur lui-même, donnant en définitive une forme éclatée à ce bel Autek.


Chroniqué par Mathias
le 15/10/2005

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