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(Sandy) Alex G

: @ Point Éphémère - 2020-03-02



Retour sur le concert donné par l'américain (Sandy) Alex G au Point Éphémère le 2 mars dernier, un show impressionnant de maîtrise et d'émotivité...

Auteur d’un des meilleurs disques de l’an dernier, le folk-rock et surréaliste House of Sugar, notre chouchou (Sandy) Alex G se produisait en live le 2 mars à Paris, dans un Point Éphémère archi complet, avec en première partie le groupe Pet Shimmers. Retour sur ce show impressionnant de maîtrise et d’émotivité.

Difficile, même en début de soirée, de se frayer un chemin dans le public, venu de bonne heure pour se réserver une place face au « guitar hero » des temps modernes, Alex G. C’est donc dans une salle déjà bien remplie qu’est accueilli le premier groupe de la soirée, les jeunes nouveaux de Pet Shimmers. Menée par le charismatique Oliver Wilde, la formation (et grande famille) originaire de Bristol installe, malgré quelques moments plus anecdotiques, une jolie ambiance entre indie folk bricolé, dream pop et riffs parfois à la limite du shoegaze. Le charme opère le plus souvent lorsque Oliver et les deux autres vocalistes, tels des Magic Numbers passés sous filtres, se mettent à chanter à l’unisson. Une entrée en matière sympathique et plutôt appropriée pour la venue d’Alexander Giannascoli, un peu plus tard dans la soirée.

Accompagné d’un second guitariste (et claviériste) et d’un batteur, l’artiste rentre directement dans le vif du sujet avec le single le plus connu de son nouvel album, l’entêtant Gretel. Southern Sky, l’euphorique Hope, ou encore le quasi instrumental Taking : les titres du superbe House of Sugar prennent une place prédominante, entrecoupés toutefois de quelques morceaux glanés ci et là dans le répertoire plus ancien du chanteur. Parmi eux, on retiendra surtout Kicker, issu de son disque Beach Music, sorti en 2015, dont les riffs lo-fi à la Pavement nous immergent dans un bain de nostalgie 90’s. Avec son intro étendue, dont la montée en puissance se conclue finalement en une débauche d’énergie, c’est sans doute LA chanson qui aura permis d’installer une ambiance électrique dans la salle. Les premiers cris se font entendre, notamment les voix haut perchées de fans anglo-saxonnes, osant désormais un « Maryyy ! » – délicieuse ballade parue sur un disque plus lointain, dont elles sont visiblement accros. Reboostés, les musiciens nous gratifient d’un Near aussi entêtant que sa version studio de House of Sugar, où les habituelles voix alien tournant en boucle sont absentes, mais largement compensées par la maîtrise instrumentale – on reste assez scotchés par la force et la qualité de son du jeu du batteur. Après un Bug (toujours de Beach Music) aux stridentes cymbales, évoquant à nouveau la bande à Stephen Malkmus, Alex nous confie son appréhension à jouer devant un public parisien, dont il a eu de mauvais échos quelques semaines auparavant… Apparemment rassuré, compte tenu de la bonne humeur générale, l’Américain referme cette parenthèse en nous faisant le cadeau d’une toute nouvelle chanson. Pris d’une « hystérie » soudaine, pantalon remonté jusqu’au nombril, il enchaîne quelques pas de danse en sautillant et hurlant avant de prendre place au synthé. La mélodie est déstructurée, l’atmosphère inquiétante et le chant se transforme en paroles plaintives. Bref mais intense ; et la douceur subite du Bad Man qui lui fait suite ne fera qu’amplifier le dynamisme de l’instant.

Les derniers morceaux avant le rappel seront particulièrement convaincants. L’envoûtante ballade Mis (Rules, 2015) nous offre un moment privilégié avec le chanteur - au synthé -, toujours appuyé par un très juste jeu de batterie, avant de laisser place à Walk Away. Avec un Alex de retour à la gratte, et des « Not todayyy » scandés en écho à l’infini, l’intro de House of Sugar prend ici une toute autre dimension : c’est aussi émouvant que violent, fou que apaisé… Clairement la claque de cette soirée. La pause avant l’Encore se transforme ensuite en une scène étrange : on ne sait pas trop si le My Heart Will Go On de Céline Dion qui retentit alors, fait partie de la playlist du Point Ephémère ou s’il a été prévu dans la setlist, car Alex et ses potes ne tardent pas à enfourcher leurs instruments pour accompagner la musique. L’intermède aura finalement été de courte durée, le trio enchaînant avec quelques ultimes morceaux. Notamment le fameux Mary à la toute fin, faisant décrocher un « Fuck yeaaah !! » de soulagement à l’une des groupies qui hurlaient depuis un moment à pleins poumons. Une note fun et joliment euphorique pour terminer cette belle soirée.



par Gil
le 13/03/2020

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