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Rock en Seine

: Édition 2004



Notre compte rendu

L'an dernier, la première édition du festival parisien Rock en Seine, avait convaincu pas mal de monde, grâce à une organisation efficace et des têtes d'affiche telles que Massive Attack, Morcheeba, Pj Harvey et Beck.
Cette année, les programmateurs mettaient les bouchées doubles, en conviant sur 2 jours, des grosses machines du rock telles que The White Stripes, Muse et Sonic youth, mais également des groupes issus de la scène hip-hop tels que The Roots, Buck 65 et Mr Vegas.
Une affiche assez monumentale, qui a rassemblé tout de même plus de 45000 festivaliers.



Vendredi:


Blanche


Le ciel est bleu, le cadre parfait, et la masse des festivaliers encore un peu éparse. La plupart sont assis devant la scène de la Cascade, profitant du soleil et de la première découverte de la journée : Blanche. Le concert est bientôt terminé, mais les derniers morceaux que j'ai pu entendre m'ont permis de découvrir cette formation issue de Détroit, distillant, assez timidement, un rock aux accents country. Evidement, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais, sur ces quelques airs de banjos, nous nous imprégnions doucement de l'atmosphère du festival.


Wax Poetic


Rock en Seine, ce sont de grosses têtes d'affiche, certes, mais ce sont également de petits groupes assez sympathiques comme Wax Poetic, qui devant des curieux de plus en plus nombreux, annonce que quelque jours avant, il faisait la première partie d'Iggy Pop. Trip-hop, soul, reggae... le cocktail est plutôt mignon, tout comme la chanteuse dans sa jolie robe rouge, qui a bien du mal à motiver la foule. Il n'est que 16 heures, et les festivaliers ne sont pas encore dans l'ambiance, et le micro est hélas un peu trop faible. Rien de grave, de mon côté, je me laisse guider par la basse. J'espère redécouvrir ce groupe sur album. (Ils en ont deux à leur actif : Wax Poetic et Nublu Sessions)


The Roots


Je ne vous cache pas que le moment que j'attendais le plus était de voir la prestation de The Roots. Traînant avec conviction mes amis, qui ne sont vraiment pas fan de hip-hop, jusqu'à la Grande Scène, je ne savais pas encore que j'allais assister à l'une des meilleures performances du festival. Performance, c'est le mot juste, puisque après nous avoir joué quelques morceaux de leur dernier album : Tipping Point, mais aussi les tubes tels que The Next Movement, chaque musicien nous a joué des solos absolument déments, comme pour nous démontrer que le hip-hop n'est pas seulement fait d'un beatbox et d'un Mc qui braille par dessus.
Le guitariste s'en est donné à cœur joie en faisant danser ses doigts sur ses cordes sur un air de Led Zepplin, et allant même jusqu'à jouer avec les dents.
Le percussionniste et le batteur se sont lancés dans un battle excellent ! Quant au pianiste, il n'a pas hésité à reprendre des titres de Kraftwerk pour faire danser les foules.
Même mes amis, peu ouverts au hip-hop ont été convaincus !


Sonic Youth


Je me souviens avoir découvert Sonic Youth sur une compilation Reservoir Rock 3 achetée il y'a déjà dix ans. Et oui, déjà 23 ans de carrière pour ces New-Yorkais devenus aujourd'hui l'emblème du " rock noisy " et en tournée pour la présentation de leur nouvel album Sonic Nurse. Devait-on alors sortir nos boules Quiès, pour éviter les distorsions et larsens trop agressifs ? Pas du tout ! le son était parfait, et le " noise " maîtrisé ! Presque trop !
Pour mieux intensifier les distorsions, ils n'hésitent pas a faire virevolter leur guitares dans les airs, et attendre que le souffle opère. Une méthode qui agrémentait leur prestation scénique au bonheur des fans rassemblés par milliers, comme par exemple sur le très célèbre Teenage Riot, où les distorsions de fin ont permis de faire renaître le morceau New Hampshire.
Le seul défaut de ce concert est de les avoir programmés en plein jour. Un climat plus rock'n'roll et peut être plus noise aurait plané dans le parc de Saint-Cloud, si leur musique avait été accompagnée des lumières adéquates.


The white Stripes


Alors que Daniel Darc rentre en scène à la cascade, tout le monde commence à se presser pour le moment tant attendu par les festivaliers : The White Stripes ! J'ai pourtant un avis assez partagé sur leur prestation. Si Jack et Meg White ont offert un concert efficace, en mélangeant à leur rock brut des airs de blues et de folk, j'aurais sûrement aimé qu'ils se lâchent plus, communiquent plus avec le public ! Qu'ils soient plus Rock'n'Roll ! Meg se contentait de " tapper " sur sa batterie, sans vraiment changer de rythme, laissant aller ses cheveux dans le vent. Un peu pathétique. C'est tout à fait dommage, car au milieu de toutes ces lumières rouges et blanches, il y'avait moyen de faire un véritable show.
Et, jouer Seven Nation Army en seul morceau de rappel était un peu trop prévisible.


The Chemical Brothers


Si le concert que j'ai le plus apprécié, reste celui de The roots, le show de la journée est sans conteste celui offert par les Chemical Brothers.
Ils commencèrent très fort, en interprétant Hey Boy Hey girl ! Le ton fut donné, on allait danser! Le public était en transe, et les jeux de lumières étaient proprement hallucinants. Un grand bravo aux ingénieurs chargés des lumières.
Pendant trois quarts d'heure, cachés derrière leurs dizaines de machines, ils enchaînent les plus grands tubes de leur répertoire (et on sait qu'ils sont nombreux) : Block rockin' beat, out of control, …
Pourtant la deuxième partie du set a perdu un peu de son souffle, se transformant en mix un peu plus mou, les morceaux mettant plus de temps à se mettre en place, et les breaks étant moins nombreux.
Tant pis, la journée était déjà assez bien remplie comme ça. Ereinté, il est temps de rejoindre le métro, pour un dernier concert donné par deux mecs bourrés. AH les joies de Paris !



Samedi


Nosfell


Pluie, concert de Black Rebel Motorcycle annulé, fatigue de la veille, la journée du samedi s'annonçait moins prometteuse que la veille. Mais comme par miracle, les trombes d'eau qui s'abattaient sur le parc de Saint-Cloud se sont arrêtées lors de notre arrivée, pour laisser place au soleil. Je me dirige alors vers la grande Scène, en zigzaguant entre les mares de boue. Sur l'immense scène, un étrange personnage se donne en spectacle : Nosfell. Accompagné d'un violoncelliste, il nous a offert quelques balades mélangeant le folk, le rock, le blue et la pop tout en chantant dans une langue qu'il a inventé : le Klokobetz. Ainsi grâce aux sonorités extravagantes de cette langue et l'alternance de chants aigus et graves, Nosfell nous a offert un concert authentique et touchant. Ses mimiques (pour ne pas dire grimaces) servent également son chant et permettent de retranscrire des sentiments les plus divers et variés. Sans aucun doute, Nosfell reste la découverte de ce festival. Et mon petit doigt me dit que vous en entendrez parler à nouveau dans les pages d'Infratunes, puisque son premier album sort mi-octobre.


Buck 65


Un an après notre rencontre à la route du rock, c'était avec impatience que j'attendais de revoir Buck 65 sur scène. Voilà chose faite, lors de son concert des plus sympathiques. Il est toujours agréable de voir ce personnage charismatique se produire sur scène. Même s'il s'agit de Hip-hop, encore une fois beaucoup de gens peu adeptes de ce genre se sont laissés charmer par les sonorités blues et rock de ses titres et par ses pas de danse endiablée. Mais la mention spéciale revient au titre Wiked and Wierd qu'il a joué deux fois, dont une fois en "super accéléré". Mais nous avons eu le droit en plus des morceaux de Talkin' Honky Blues, à ceux du génialissime Square.
Encore une fois Buck 65 n'a pas déçu, mais qu'est ce que j'aimerai le voir chanter et scratcher au milieu d'un groupe, comme il a pu le faire lors des Eurockéennes.


Zero7


Après quelques petits problèmes techniques, le groupe rentre en scène à la Cascade. On m'avait dit que sur scène le groupe était accompagné de trois chanteuses plutôt jolies. On ne m'avait pas menti. Chacune ayant son propre timbre de voix, lorsqu'elles chantent toutes les trois ensembles, on obtient des morceaux vraiment délicieux comme Simple Things. La petite blonde du milieu est un peu fofolle (elle a bu ? ou est-elle vraiment contente que tout le monde se soit pressé pour les voir ?). En tout cas, elle apporte de la fraîcheur au groupe. Encore un concert qui, à la tombée de la nuit, a réussi à en émerveiller plus d'un.


Archive


Vu il y a deux mois dans un petit festival de ma campagne normande, je n'attendais d'Archive aucune performance extraordinaire. Ils m'avaient à vrai dire plutôt déçu sur scène. Pourtant, même si je n'ai vu que les trois premiers morceaux, il faut avouer que ça avait un peu plus de gueule (merci encore aux ingé lumières et sons). Dans la vie il faut faire des choix... alors direction la grande scène pour voir Muse.


Muse


Des milliers de fans hystériques font le pied de grue depuis déjà quelques heures juste devant la Grande Scène. Mon Dieu, ils portent tous des tee-shirt à l'effigie du chanteur. Et à cause de mon goût peu prononcé pour Muse tout cela commence à me filer des boutons. Bref, essayons de nous frayer un passage au milieu des milliers de spectateurs et de la boue, qui à certains endroits, nous arrive aux chevilles !
Enfin en place, le concert commence. Tout le monde se met a chantonner sur les chansons que j'ai déjà plusieurs fois entendues à la radio (Absolution et autres)... Bon il faut reconnaître que le Show est très impressionnant (pour une dernière fois, encore merci aux ingé lumières et à la Région d'île de France pour avoir débourser autant). Même si les recettes utilisées par Muse en matière de rock sont un peu faciles, il faut aussi avouer que Mattew Bellamy (le Leader) est un sacré guitariste, et qu'il se démerde plutôt bien au piano. Les images projetées en arrière plan et sur les écrans géants ne gâchent rien au spectacle.
A la fin du concert, un lâché de ballons gigantesques, remplis de confettis est organisé.
Finalement, pour montrer que Muse est dans la Rock attitude, et que le concert est bel et bien terminé, Mattew Bellamy se jette sur la batterie et démonte tout ! Ca, c'est des rebelles !


Cette deuxième édition a réussi à tenir ses promesses. Ce festival est en voie de devenir l'une des références des festivals rock à gros budget. Comme on dit, jamais deux sans trois ! L'année prochaine, j'y retournerai.



par Antoine
le 31/08/2004

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