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Frànçois and The Atlas Mountains + This is the Kit

: @ Café de la Danse - 13/02/2012



Notre compte rendu

On avait parlé de son précédent album, avec cette sensation schizophrénique de voir à la fois des qualités et des défauts, du rejet et de la fascination pour le travail de Frànçois and the Atlas Mountains.

E volo love, son nouvel album, a confirmé cette capacité de naviguer sur le fil du rasoir. Entre kitsh et avant-garde, retro 80s et électro pop pointue, entre Afrique et Europe, sophistication voire maniérisme et transe hypnotique. Car l’art de François Marry et de son groupe, est bien celui de flirter avec les styles. De s’en impregner sans complètement s’immerger dedans, à l’image de ses ainés Dominique A et Françoiz Breut.

On avait entendu parler de ses concerts, de cette capacité à intégrer sur scène cette délicate alchimie que l’on apprivoise à l’écoute de ses albums. Quand bien même, on se doit de vérifier cela sur plan, d’autant plus lorsqu’on est fasciné par cette curieuse contradiction que nous évoque l’œuvre de ce dernier.

Direction le Café de la Danse, en cette veille de Saint Valentin, qui encore une fois s’annonce être un lieu que l’on fréquente assidument en raison de la qualité de sa programmation. Curieusement à l’heure (19h30), on découvre qu’on est en fait un peu en retard. Non pas en raison du commencement du concert, mais tout simplement parce qu’il est impossible de trouver une place dans les gradins... et ailleurs. On l’avait oublié, le concert est complet. Et la présence des caméra d’Arte Live Web pour une captation /représentation du concert en direct n’arrange pas la sensation bouillonnante d’être avec les autres.



This is the Kit, assure la première partie. A vrai dire on a oublié que c’était une première partie, tant le concert de la formation franco-anglaise de Kate Stables était parfaite. Un folk song, solennel, vivant et énergique et une présence de la demoiselle qui oscille entre nonchalance, décontraction et espièglerie. Un excellente découverte, on avait pas apprécié un groupe en première partie depuis Tarwater au début des années 2000... Point d’orgue de cette prestation en forme de passage de flambeau, un titre interprété par la présence du Français et de ses acolytes, tôliers de la soirée, dans le cadre d’une prestation vraiment jubilatoire.



Le public bouillonne, on pensait déjà être complet, et bien non on ne l’était peut être pas assez. On assiste au ballet incessant des nouveaux arrivants qui donne la sensation que cela va se terminer en Tetris. Une fois compacté avec soin, on découvre un groupe qui nous livre une prestation jusqu’à l’épuisement. Beaucoup d’énergie, François Marry fait une brillante démonstration de cet art de tisser avec les notes. Peu de contact avec le public à vrai dire, ou plutôt si, mais à sa manière. Restant en retrait avec une forme de langage codé à l’image d’un look un peu trop branchouille (pull de mamy, décoration à base de gommettes brillantes, moustache, tenu africaine et j’en passe), le groupe s’exprime dans le cadre de chorégraphies digne d’un Ian Curtis ou d’un groupe de dance des années 80. Un savant mélange des genres. Avec là aussi cet art de rester dans la plaque.




On remarque les mêmes détails habituels qui peuvent parfois irriter (voix, accent anglais très frenchy, texte, jeux de scène, style sophistiqué qui peut dérouter l’amateur de concert de noise rock en cave), mais il y a toujours cette capacité à vous faire adhérer à cette musique. On pense à Animal Collective et surtout à Sufjan Stevens et à son baroque The Age of Adz. C’est de plus en plus évident, Frànçois and the Atlas Mountains c’est un truc fin, prenant et jubilatoire. C’est une cuisine douce amère pour féru de musique sophistiquée et habitué à jongler avec ses contradictions.









par Guillaume C.
le 14/02/2012

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