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sayCet + Manatee

: @ 104 - 18/03/2011



Notre compte rendu


Si Manatee ne s'ingéniait pas à singer à ce point Animal Collective, dans leur nom jusque dans leur disposition scénique et leur gestuelle, leur énergie pourrait emporter le morceau. En l'état, leur prestation scénique peine à convaincre - trop décalquée sur leur modèle. Il s'en faudrait de peu pour atteindre à un degré supérieur : plus de vigilance, plus de recherche, et un effort pour affiner sa propre formule musicale hors des canons proposés par les grands modèles.

En revanche, sayCet aura été tout à fait convaincant, grâce à un dispositif scénique étudié et sophistiqué. Entre la construction réticulaire en tissu au-dessus de la scène qui vibre sous le volume sonore et diffracte les images et les éclairages aux couleurs chatoyantes disposés sous les tables des musiciens, la scène sur laquelle ils évoluent charme l'oeil. Phoene Somsavath à gauche de la scène, chante et manipule un contrôleur, parfois joue d'une guitare. Pierre Lefeuvre au centre orchestre les petites mécaniques électroniques de son projet à coups de gestes délicats, et Zita Cochet sur la droite contrôle l'aspect visuel. Les vidéos sont projetées sur plusieurs types d'écrans : une boule en papier suspendue au plafond de la salle, un écran comme fragmenté fait de voiles multiples et un écran plus traditionnel sur le côté.

La musique, elle, est forte et belle. Autant elle peu paraître un rien trop délicate sur disque, autant sa version scénique gagne en puissance, en s'autorisant parfois quelques incursions techno, à coups de basses lourdes et de beats répétitifs. Le tout enrobé dans un travail éno-esque de traitement des textures sonores, tout en aplats, articulés sur des motifs répétitifs que Pierre Lefeuvre doit à Steve Reich. La voix est beaucoup moins mise en avant, au profit du sounddesign et des textures sonores. Côté vidéo, un montage fragmenté dispose objets, paysages et danseurs sur les écrans, dans un propos autant plastique que rythmique - avec des textures qui évoquent le 16 mm, dans une approche plus organique que technologique. Une fois n'est pas coutume, l'accompagnement vidéo apporte une véritable dimension à la musique - parce qu'elle n'est ni une simple illustration, ni le déroulé plat de clichés visuels à la mode. Si la musique est hypnotique, happant l'auditeur dans son espace électrique et cotonneux, l'image détermine une immersion profonde dans une bulle multi-sensorielle et synesthésique. A la fin, les fragments tirés du Walden de Jonas Mekas, déformant les paysages sous le coup d'un montage savant, tirent la musique vers une beauté nouvelle. La poésie de la musique de Pierre Lefeuvre n'en est que grandie, et la jonction de l'image et du son prouve combien la scène est vraiment le terrain de prédilection de sayCet.


par Mathias
le 20/03/2011

Tags : Saycet | 104

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