Accueil | dMute

Ecoplan + Aoki Takamasa & Tujiko Noriko

: @ Guinguette Pirate - 11/01/2006



Notre compte rendu

Le 11 janvier 2006 à la Guinguette Pirate était la soirée idéale pour découvrir ou revoir sur scène de jeunes artistes qui animent avec classe la scène electro parisienne : Ecoplan & Aoki Takamasa + Tujiko Noriko.

Ecoplan, premier en scène, propose une ambient enfantine pour laquelle les parasites sont des mélodies et les mélodies des parasites échappés du rythme. Son set est comme un perpétuel temps de latence au cours duquel l’organique danse avec les sonorités les plus synthétiques. Temps de latence et de développement continu, de vibrations, littéralement de clapotis digitaux en expansion : la ligne et son support ; la mélodie et la rythmique, à moins que ce ne soit exactement le contraire. Les éléments semblent s’agencer d’eux-mêmes selon ce que l’on se risquera à appeler le plan de leur propre écosystème, leur propre écoplan. Il y a dans chaque basse et dans chaque craquement, dans chaque note tout droit échappée d’une boîte à musique virtuelle et dans chaque chuintement de silicone l’expression d’une vie que l’on dirait antérieure à l’électronique, mais qui n’aurait pu être exprimée sans l’électronique. À moins que ce ne soit simplement ça l’électronique musicale : quelque ensemble de sonorités dont on se retrouve toujours à parler de manière métaphorique parce que, bien qu’étant clair et, d’une certaine façon, évident comme la musique d’Ecoplan, le medium par lequel elle se fait entendre — l’électronique — nous apparaît encore si étrange et si étranger qu’il nous faut employer un vocabulaire qui nous aliène nos sensations alors même que, ce medium, c’est devenu notre nature même. On notera, pour finir, l’inédit qui a clôturé le set d’Ecoplan et qui laisse espérer le meilleur quant à son album à venir…

Des basses auréolées d’Ecoplan à la pop subliminale d’Aoki Takamasa + Tujiko Noriko, admettons-le, il n’y a qu’un pas, ou presque : un pas de danse plus les mesures que se fraient la voix dans le tissu synthétique.
Pop ! Comme ce n’est pas le bruit que fait le bouchon qui saute d’une bouteille de champagne, on s’imagine que c’est de la voix de Tujiko Noriko qu’il s’agit.
Pop ? N’a-t-on donc pas d’autres références ? Et, faut-il vraiment des références pour parler musique ? D’autant que pop ! n’est certainement pas le bruit que fait la rangée de laptops qui protège, non, qui ouvre la scène à Aoki Takamasa + Tujiko Noriko.
28 m’avait surpris, de la plus sensuelle des manières.
Voir les deux causes de cet effet sur scène, à l’opposé l’un de l’autre, pas comme je m’y attendais, lui, toujours en mouvement, elle étrangement immobile, alors que je les imaginais s’entrecroisant en rythme avec la musique, c’est suffisamment subtil pour être souligné. Subtil, parce que rien ne semble avoir été planifié. Si quelque chose est entrepris, c’est dans l’instant. Ce n’est pas une reproduction de l’album, c’en est plutôt une réinvention. Voix nécessairement fragile et foncièrement anti-pop parce qu’elle ne s’impose pas à la musique, mais qu’elle s’incorpore, au contraire, à sa transe cérébrale.
Tout serait ainsi fonction de cet oxymore. Pas le commencement d’une rhétorique, plutôt un tout à l’improbable complexion. Ce sont des chansons, elles le confessent d’elles-mêmes, elles en ont le format. Cependant, elles ne cessent d’y échapper, de s’en échapper. Le beat, le groove comme immatériel, est callé. La greffe vocale prend. Et, pourtant, sous-jacent, l’inouïe se produit et fonctionne, dans la propreté d’un son, d’un mixage, d’une reverb ou d’un autre effet délicat sur la voix si maîtrisés qu’ils pourraient s’évanouir.
Alors, on s’imagine comprendre ce qui, ici, peut sonner « pop » : pas de cut, pas de sabotage, rien d’impromptu en somme, mais une belle linéarité qui se joue, s’augmente de toutes les errances qu’elle peut bien rencontrer.
Jouer le contraste mobile/immobile n’est certainement pas la recette de l’electro, mais ce peut être une réussite.

par Jérôme Orsoni
le 18/01/2006

Partager cet article :


A lire également sur dMute :
Blurred in My Mirror
(2005)
Room40
Electronica / ambient urbaine
28
(2005)
Fat Cat
Post-Urban-Glitchtronica
From Tokyo to Naiagara
(2003)
Tomlab
Trip-hop / électro
Elevator friendship
(2002)
Autoproduit
Soft-electronica/clicks n' cuts



0 commentaire
Laissez un commentaire
Nom (obligatoire)
Mail (ne sera pas publié) (obligatoire)
Site web (facultatif) Recopier le code ci-dessous (obligatoire)



mer. 17/10 - Chronique
The Internet - Hive Mind
sam. 13/10 - Blog
FloatingArms - Loud Long Life
mer. 10/10 - Chronique
Zenzile - 5+1 : Zenzile meets JayRee
mer. 03/10 - Chronique
Delgado Jones - Rain Forest
ven. 28/09 - Chronique
Tim Hecker - Konoyo
sam. 22/09 - Chronique
Thalia Zedek Band - Fighting Season
mer. 19/09 - Blog
Cyesm - Minorities
 newsletter : 
ok





Equipe/Contact  |  Partenaires  |  Présentation  |  Crédits  |  Newsletters