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Lorelle Meets The Obsolete

: Mariachis et rock psyché



les auteurs de Chambers évoquent avec nous leurs sensations en live, l'état de la scène psyché dans leur pays, le Mexique, et leur rutilant dernier album, paru en début d'année sur le label Captcha records

J'avais pris l'habitude de communiquer régulièrement avec Lorena Quintanilla et Alberto González, respectivement chanteuse guitariste et batteur de Lorelle Meets The Obsolete ; ainsi, j'avais essayé de les booker dans un café-concert de Besançon, en vain. C'est dans le cadre du festival Les Femmes s'en Mêlent - événement national - que nous (ma compagne, un ami et moi) avons enfin pu les rencontrer à la Bobine de Grenoble. Ce fut aussi pour nous trois notre baptême du feu dans le domaine de l'interview!

Après un show psyché malheureusement trop court, le groupe de Guadalajara au Mexique nous à convié dans les loges pour discuter autour d'un verre. Nous avons été accueillis à bras ouverts par Lorena et Alberto. Après quelques échanges, nous avons pu entrer dans le vif du sujet, discuté de leurs sensations en live, de l'état de la scène psyché dans leur pays et bien sûr de leur rutilant dernier album Chambers, paru en début d'année sur le label Captcha records.

Interview réalisée avec la particpation de Cathy Molle et Romuald Emile.



Thomas Piguet : Quels on été vos meilleurs concerts, là où le public s'est montré le plus réceptif ?

Alberto : L'un de nos meilleurs concert était à Richmond, aux États Unis. Hanovre, nous y avons joué l'an passé. Les gens ne nous connaissaient pas et il y avait comme un contrat d'écoute avec eux car c'était un concert gratuit. Ils ont été enchantés et très à l'écoute. C'était très intense. Ce soir aussi !

Lorena : Au Liverpool Psych-Fest, également.

T.P. : Vous allez jouer au Austin Psych-Fest, ce sera votre première fois ?

Alberto : Ce sera notre troisième fois, mais notre première au festival.

Romuald Emile : Musicalement, est-ce sur scène ou en studio que vous vous sentez le plus attrayant pour le public ?

Alberto : (Pensif) On ne sait pas du tout. On ne sait pas où se trouvent les gens qui achètent nos albums. L'unique façon pour nous de savoir est de faire des concerts. En général, nous jouons là où les gens se montrent les plus intéressés par notre musique.

R.E. : Vous avez la réputation de captiver le public. (Rire) C'était le cas ce soir !

Alberto et Lorena : Oui, ce soir, c'était vraiment spécial ! Génial ! C'est ce dont nous avions besoin!

T.P. : Le packaging de vos anciens albums, On Welfare et Corruptible Faces étaient noir et blanc. Avec Chambers vous êtes passés à la couleur – pourquoi ?

Alberto : C'était un accident. Rien n'avait été planifié. Pour le premier album, nous avions collaboré avec plusieurs personnes. Pour le second album, Benjamin Funke de Captcha records avait réalisé la pochette. Elle n'était pas censée être noire et blanche mais colorée. Une semaine avant l'impression, Benjamin a tout changé. En ce qui concerne Chambers, il a demandé à ce génial graphiste Brésilien, Bruno Borges – ce gars là a conçu pas mal de packagings. Il est aussi musicien, son groupe Camel Heads est d'ailleurs hébérgé par Captcha Records. Donc oui, Benjamin avait beaucoup d'idées et il a pensé que Bruno serait le plus approprié pour les mettre en image. Il me semble que nous avons choisi la deuxième jaquette qu'il nous a montré. Mais pour les couleurs, nous ne savions pas vraiment...

T.P. : Peut-être à cause de la tonalité de Chambers, qui est plus « chaude » que sur vos précédents albums. La jaquette semble suivre le mouvement de votre musique. C'est très homogène.Vous vivez à Mexico, est-ce-que la ville est une source d'inspiration ?

Alberto : Oui, Mexico est une source d'inspiration ! Pour Corruptible Faces et, d'une certaine manière, aussi pour Chambers. Ces albums peuvent répondre à certaines situations que nous avons vécu dans cette ville. Néanmoins, nous n'y vivons plus aujourd'hui.

T.P. : Le rock psyché est-il populaire au Mexique ?

Lorena : Je ne sais pas s'il est populaire, mais il très présent à la fin des 60's.

Alberto : Comme partout, surtout lorsqu'est sorti Satanic Magestic Second Request des Rolling Stones. Il y avait donc de la musique psychédélique au Mexique et des festivals du même genre que Woodstock, avec des groupes tels La Tinta Blanca ou Peace and Love (Rires). C'était d'ailleurs, comme partout dans le monde, dans la lancée des grands mouvements étudiants. Mais après cette époque, le Mexique a traversé une période de répressions politiques, puis, dans les années 80-90, une dictature. A ce moment là, tu ne pouvais pas vraiment faire de musique psychédélique. C'est seulement à partir de 2005 que certains groupes ont commencé à émerger avec ce type de son. Maintenant, il n'y a pas à proprement parlé de scène psychédélique, mais un regain d’intérêt pour ce type de musique.

T.P. : En europe, nous connaissons la scène psyché américaine mais pas vraiment celle d'Amérique Latine. Pour le Mexique, il y a les clichés : le Hip Hop ou...

Alberto : Les Mariachis ! (Rires)

R.E. : Quels groupes Mexicains aimez-vous ?

Alberto : Nous aimons nos amis de Has a Shadow ! Late Nite Howl, mais il n'est pas vraiment psyché, plutôt folk. A vrai dire, tout est psyché d'une certaine manière.

Lorena : Fancy Three.

Alberto : Ils se sont séparés il y a cinq ans. Il y a aussi Los Llamamos, ils n'ont sorti pour le moment qu'un seul album. Ils faisaient des reprises des Dug Dug's, un groupe Mexicain des années 60.

Lorena : San Pedro el Cortez de Tijuana aussi. Ils sont très très bons et fous !

Alberto : Plutôt dans le genre des Black Lips.

Cathy Molle : Vous jouez du shoegaze, dans la tradition du genre il est parfois difficile de comprendre les paroles. Est ce que vous avez des thèmes de prédilection ?

Alberto : Comme je l'ai dit précédemment, en répondant à la question sur Mexico, les paroles, plus précisément sur les deux derniers albums, sont en lien avec des situations spécifiques.

Lorena : Certaines paroles parlent de la scène punk, mais pas seulement. D'autres textes parlent d'un label au Mexique, que nous détestons. (Rires) Sinon de choses et d’expériences plus personnelles. Nos thèmes sont très diversifiés.

C.M. : Qui écrit les paroles ?

Alberto : La plupart sont écrites par Lorena.

Lorena : Et Beto (Alberto ndlr) écrit les chansons qu'il interprête.

T.P. : Quelle est votre méthode d'écriture ?

Lorena : Cela diffère toujours en fonction des albums. Sur le premier, j'avais déjà la plupart des textes et Beto y a ajouté la guitare, la batterie,…etc. Pour Corruptible faces, j'avais seulement des structures mélodiques, la voix et la guitare. Alberto s'est occupé des finitions. Sur Chambers enfin - notre favoris ! - le travail s'est avéré « super-fun ». Nous étions à nu, sans idées précises en tête,. Nous ne sommes arrivés peut être qu'avec quelques lignes ou idées de bases. Nous nous sommes simplement assis, comme nous ici, et nous avons commencé à improviser. Nous étions très complices ! Au bout du compte, la méthode d'écriture d'un album de Lorelle Meets The Obsolete sera toujours différente.

R.E. : Donc le texte est à la base de vos compositions ?

Alberto : Pas vraiment le texte ; plutôt les mélodies vocales. Cela dépend des titres, mais il est certain que les paroles renforcent le thème de la composition.

T.P. : Avant de fonder Lorelle Meets the Obsolete, jouyez-vous d'autres groupes ?

Alberto : Oui, on jouait dans un groupe nommé Soho Riots, avec lequel nous avons enregistré un Ep. Dans tous les cas, nous jouons de la musique depuis longtemps.

Lorena : Mon premier groupe était un groupe de fille, en quelques sortes. C'était affreux ! (Rires)

C.M. : Quelles sont vos influences ?

Alberto : Les Spacemen 3 sont une forte influence. The Cure, Sonic Youth. My Bloody Valentine aussi ! Quand ils se sont réunis, nous avons eu la chance de les voir à L.A.. C'était vraiment génial ! D'autant plus que la première partie était assurée par Sonic Boom des Spacemen 3. Ce concert était très puissant ! Je me souviens que, une fois rentré au Mexique, notre perception de la musique avait vraiment changé, la manière dont on utilise le son...etc

T.P. : Sur Chambers, vous avez d'aillleurs travaillé avec Sonic Boom – comment cela s'est-il passé ?

Alberto : Nous ne le connaissons pas vraiment. Il a juste réalisé le mastering de Chambers. Les labels Captcha records et Sonic Cathedral, avec qui nous travaillons, avaient réalisé une compilation avec tous les groupes qu'ils produisent, et où figuraient un de nos titres. Or Sonic Boom a masterisé cette compilation. Quand nous l'avons écouté nous avons trouvé ça génial ! Nous avons alors demandé à Sonic Cathedral s'il serait possible de travailler avec lui. Bien cela se soit avéré possible, nous n'avons jamais réellement parlé avec lui. Nous l'avons néanmoins rencontré, brièvement, au Liverpool Psych-fest. Nous espérons le rencontrer à nouveau et même travailler avec lui.

R.E. : C'était, en quelque sorte, un accident ?

Alberto : On pensait que ce serait impossible de travailler avec lui. Quand on a envoyé le morceau à Sonic Cathedral, pour la compilation, on ne savait pas que Sonic Boom s'occuperait du mastering. Et lorsque que nous l'avons appris, nous étions ébahis ! Quand nous avons enregistré Chambers, Benjamin de Captcha Records voulait quelqu'un de Memphis ou Nashville. Donc travailler avec Sonic Boom semblait impossible ! J'aime vraiment la manière dont sonne l'album, c'est complètement différent par rapport à nos anciens Lp. Là, c'est « super-loud » !


C'est avec beaucoup d'émotions que nous avons quitté le groupe. Merci à Lorena et Alberto pour nous avoir très bien accueillis, et à la Bobine pour nous avoir permis de réaliser cette interview.



Interview par Thomas
le 17/07/2014

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(2014)
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