Heureux hasard de calendrier, le dernier
Les Marquises sort une semaine seulement après le nouvel album de
Dominique A, chanteur précieux vers lequel la diction si particulière de
Jean-Sébastien Nouveau renvoie parfois, notamment lors de sa période
Remué pour le détachement de cette voix bousculée par d'audacieux tumultes sonores (
La rivière,
Personne ne s'éloigne). L'auteur compositeur lyonnais livre peut-être avec
Malaterre son album le plus introspectif, une œuvre quasi autobiographique chantée uniquement en français, soit une première pour
Les Marquises.
Jean-Sébastien Nouveau y évoque ici sa fraîche paternité, revient sur les lieux de sa jeunesse, et fait résonner l'enfant qu'il a été ainsi que l'enfant qu'il n'a jamais cessé d'être en son for intérieur. Les adultes sont parfois des enfants qui ont arrêté de rêver et les chansons de
Malaterre continuent de voyager vers une forme d'onirisme poétique. Celles-ci mutent souvent en quelque chose d'autre (l'excellente
L'étendue), dérivent lentement vers des errances enivrantes (les très belles
Ode aux oubliés,
Terrefondrée et
L'ouverture) voire ténébreuses (
Le retour du troupeau et son psychédélisme ancré dans les 70's), en déployant tout un imaginaire magnifié par les arrangements subtils de ses vieux comparses
Martin Duru et
Rémy Kaprielan.
Malaterre est un album sublime que l'on n'écoute pas mais dans le lequel on s'engouffre avec un certain lâcher-prise.
Chroniqué par
Romain
le 16/10/2026