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Oval

: Scis



sortie : 2020
label : Thrill Jockey
style : glitch / Electronica

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Tracklist :
1. Twirror 2. Robussy 3. Fluoresso 4. Pushhh 5. Impecco 6. Cozzmo 7. Improg 8. Mikk 9. Oxagon 10. Piqqo

Peu d'artistes peuvent se targuer d'avoir inventé un genre dans la vaste sphère buissonnante de la musique électronique. Figure emblématique de cette dernière pendant les années 90 aux côtés d'autres grands innovateurs tels qu'Autechre, Aphex Twin et Pan Sonic (pour ne citer qu'eux), Markus Popp nous initia depuis le séminal Systemisch (1994) au glitch et à sa poésie sonore à travers une poignée d'œuvres majeures et oniriques cherchant la beauté dans les parasites du CD et les altérations incongrues issues notamment des nouvelles technologies de l'époque (souvenez-vous de ce bon vieux modem 56k). Mais si un quart de siècle plus tard nous continuons à attendre chaque nouvel album d'Oval avec une curiosité jamais assagie, c'est aussi et surtout parce que l'allemand a su au fil du temps surprendre, explorer de nouveaux territoires electronica au sol fertile et d'une certaine manière "reformater ses programmes" sans se reposer sur ses acquis.

En effet, on l'aura vu collaborer avec Gastr Del Sol sur le génial Camoufleur (1998), avec la chanteuse japonaise Eriko Toyoda (So en 2003) ou avec Jan St-Werner de Mouse On Mars sur son side-project Microstoria. On l'aura également vu partager un split album avec les black metalleux de Liturgy, ou triturer la formule guitare/batterie à travers des miniatures que l'on dira "post-post-rock" (la paire d'albums Oh et O en 2010), ou encore inviter des chanteurs d'Amérique du Sud à donner de nouvelles couleurs à ses architectures sonores souvent abstraites (Calidostopia! et Voa en 2013). Cette abstraction a aujourd'hui laissé plus de place à des formes plus structurées et plus facilement identifiables, un "format Popp" annoncé par le bien nommé Popp (2016) et confirmé par l'Ep Eksploio qui a introduit il y a deux mois la voie envisagée par ce nouvel album.

Ainsi les oiseaux de la pochette d'Oh – référence aux installations de l'artiste Céleste Boursier-Mougenot – se sont envolés.. et reviennent ici gavés de nouvelles matières grasses que l'on associera volontiers à la musique club et à la house, laissant évoluer Markus Popp dans des travaux de pur beatmaker que l'on ne lui prêtait pas forcément. Néanmoins, ces textures plus "mainstream" associées à l'univers glitch voire jungle du compositeur produisent un art du contraste assez particulier et plutôt ludique. Se situant quelque part entre le rouleau compresseur aux grosses coutures (on est pas loin du dubstep sur le morceau inaugural Twirror) et la subtilité de tout ce qui fourmille autour à commencer par la part d'accidentel, Scis reste un album de contrastes qu'il faut savoir saisir entièrement, comme une danse qui serait autant celle du corps que celle des neuronnes.



Chroniqué par Romain
le 18/01/2020

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