Accueil | dMute

Astrïd

: A Porthole (I)



sortie : 2019
label : Gizeh Records
style : néoclassique / Post-rock

achat/téléchargement

Tracklist :
01/ Nemalion
02/ Coralina
03/ Grateloupe
04/ Maërl

C'est tout d'abord une image qui nous accueille, une sorte de monochrome de peinture noire façon Pierre Soulages dans lequel les formes rectilignes auraient laissé place à des ondulations ayant tout à voir avec la thématique de l'eau. Cet artwork en appelle bien sûr d'autres. Des abysses de Labradford sur Mi Media Naranja à la mer agitée de Rachel's sur The Sea and The Bells en passant par l'eau argentée de The Necks sur Silverwater, voilà autant de formations instrumentales passionnantes que les nantais d'Astrïd semblent particulièrement affectionner. Certainement pour cette faculté qu'elles ont à évoluer en eaux troubles, à se frotter à l'insaisissable et à créer des ponts improbables entre des textures (l'électrique et l'acoustique se rencontrent souvent) ainsi que des genres tels que le jazz, le néoclassicisme, le post-rock, la musique de chambre, l'ambient etc... Pour Rachel's cela ne fait d'ailleurs aucun doute puisque le groupe a collaboré avec sa pianiste Rachel Grimes sur son précédent album, le beau Through the Sparkle il y a 2 ans.

A Porthole (I) est la première partie d'un diptyque nous invitant à contempler les profondeurs (musicales) à travers la vitre d'un "hublot". L'album se découpe en quatre parties avoisinnant chacune 10 minutes, quatre compositions flottantes et sans horizon dans lesquelles Astrïd semble synthétiser son œuvre riche de maintenant six albums, des disques teintés parfois de mélancolie à l'instar des suédois Tape (souvenez-vous) et ouvrant sa musique aux grands espaces. On retrouve ainsi le talent d'interprétation de ce quator multi-instrumentiste s'articulant autour de l'excellent guitariste Cyril Secq au service d'une musique dont la gestion des silences et des semi-improvisations semble prendre sa source chez le chef d'œuvre Spirit of Eden (1988) de Talk Talk et ce qui s'en est suivi. La référence peut impressionner mais il faut bien avouer qu'Astrïd atteint souvent ici le sublime, lors de quelques fulgurances où le chaos s'harmonise, où le doute plane sans cesse entre ce qui reste écrit et ce qui paraît improvisé, où ce qui n'était alors qu'en suspens s'offre enfin à nous comme sur ce Maërl nous laissant pantois d'admiration. Si le deuxième volet est aussi magnifique que celui-ci, il se pourrait bien que ce A Porthole atteigne les sommets de leur discographie.



Chroniqué par Romain
le 16/05/2019

Partager cet article :







0 commentaire
Laissez un commentaire
Nom (obligatoire)
Mail (ne sera pas publié) (obligatoire)
Site web (facultatif) Recopier le code ci-dessous (obligatoire)



lun. 11/11 - Chronique
Pan American - A Son
ven. 08/11 - Blog
Rrose - Hymn to Moisture
mer. 06/11 - Blog
Matching Mole (1971-1973)
mer. 30/10 - Chronique
Marcus Fischer - On Falling
dim. 27/10 - Blog
#16 : Couleurs d'automne
dim. 20/10 - Blog
Nemrod - Pandora
sam. 19/10 - Blog
The Blue Nile - Hats (1989)
 newsletter : 
ok





Equipe/Contact  |  Partenaires  |  Présentation  |  Crédits  |  Newsletters