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Svarte Greiner

: Moss Garden



sortie : 2016
label : Miasmah
style : Drone / Dark-ambient

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Tracklist :
01/ The Marble
02/ Garden

A l'image de cette pochette opaque où quelques brindilles rougeoyantes sont englouties dans l'obscurité, la musique de Svarte Greiner est depuis quelques disques déjà ce puit sans fond absorbant toutes lumières environnantes. C'est du moins sous ce pseudonyme que le compositeur Erik K Skodvin, moitié de Deaf Center et auteur d'une paire de beaux albums sous son vrai nom, s'adonne à ses pulsions les plus noires. En prenant le recul nécessaire, ce nouvel album, comme celui de Mika Vainio sorti récemment (Mannerlaatta), se présente comme un document captivant afin de mieux comprendre les ficelles de ce qui peut définir la ou les sensations d'angoisse en musique.

Constitué de deux compositions de 20 minutes, Moss Garden fait de la longueur même de celles-ci un élément déterminant de l'angoisse dans le sens où cette longueur ne permet aucun échappatoire. On pense par exemple à ces longs plans séquences caractérisant le cinéma charbonneux de Bélà Tarr et qui, dans son ultime film Le Cheval de Turin, enfoncent le spectateur dans un état de malaise et de sidération, le plongeant progressivement au coeur même de l'extinction terrestre annoncée. Trouver dans le septième art un parallèle adéquat à la musique de Svarte Greiner n'est d'ailleurs pas si déplacé tant ses compositions envoûtantes et immersives présentent cette faculté à véhiculer des images purement cinématographiques et faire de l'auditeur le spectateur de ses propres films.

Il y a ce sentiment de glissement vers le néant dans The Marble, composition qui démarre là où d'autres se terminent, soit dans un crépitement rappelant la fin du sillon d'un vinyle, lorsque le diamant ne cesse de tourner dans le vide du lock groove. Le reste de la pièce ne sera plus que bourdonnements lointains, territoires désertiques aux climats changeants et revenants où quelques aspérités viennent donner corps à une musique semblant provenir des limbes. La deuxième pièce Garden vient briser cette sensation d'engloutissement par des sons cassants venant s'éclater sur notre torpeur comme de grandes vagues sur un rocher, avec un cycle d'apparition et d'effacement tenu secret par l'artiste norvégien. Et c'est là une autre source d'angoisse qui est invoquée, celle de l'attente d'un cataclysme qui pourrait venir comme ne pas venir, donnant aux silences une lourdeur quasi insoutenable.

Créateur notamment du label Miasmah spécialisé dans les musiques sombres et expérimentales, Erik K Skodvin reste bien sous l'alias Svarte Greiner l'un des maîtres de la noirceur modern classical, et Moss Garden n'échappe en rien à la règle.



Chroniqué par Romain
le 13/12/2016

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