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Romare

: Projections



sortie : 2015
label : Ninja Tune
style : House / Musique de samples / Electronica / Pop

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Tracklist :
01/ Nina’s Charm 02/ Work Song 03/ Motherless Child 04/ Ray’s Foot 05/ Roots 06/ Jimmy’s Lament 07/ Lover Man 08/ Rainbow 09/ Prison Blues 10/ The Drifter 11/ La Petite Mort

Le label Ninja Tune s’apprête à sortir Projections, le premier album du producteur et turntablist londonien Archie Fairhurst a.k.a Romare.

L’artiste s'est fait connaître grâce à deux EP sortis en 2012 et 2013 sur la maison britannique Black Acre : Meditations on Afrocentrism et Love Songs (Part One). Sur ces mini-albums remarqués, Fairhurst s'employait à mettre en musique l’héritage de l'artiste américain Romare Bearden (auquel il doit jusqu'à son pseudonyme). Depuis l'université, où il étudia la culture visuelle afro-américaine, il est évident que ce peintre et collagiste contemporain n'a cessé de nourrir son imaginaire. Sa musique s’inspire en effet autant de la sensibilité jazzy et des techniques de collages de Bearden que de ses thèmes de prédilection : l'histoire douloureuse, les combats et la vie quotidienne de la communauté noire-américaine.

A travers le collage sonore, une électro moderne très up et downtempo, c’est sa propre perception de l’identité afro-américaine que Romare s'emploie en fait à partager. Down the Line (It Takes a Number), le titre phare de l’EP Meditations on Afrocentrism, illustrait cela merveilleusement grâce à une musique imparable. Composé de beats nerveux et de samples provenant autant de disques de musiques africaines ou soul que de vieux documentaires ou de discours, ce morceau merveilleusement organique s'envolait sur des rythmes complexes pour s'achever sur une mélodie hybride et éthérée, preuve de l'aisance de Romare derrière ses platines.

Projections démontre toute l'étendue des talents de Romare en la matière. L'album tire son nom d’une célèbre exposition de Romare Bearden, qui se tint à New-York en 1964. Il semble être la condensation réfléchie du meilleur de l’univers sonore et pictural de Romare. Un hommage aux fondations de son imaginaire musical en même temps que l’affirmation de sa propre approche esthétique. C'est aussi une sorte de kaléidoscope de la culture afro-américaine, un certain nombre de morceau faisant directement référence à un style ou à un autre, issu de l'histoire musicale foisonnante de cette communauté.

Dans les premiers titres présents sur internet, on trouve Prison Blues sur lequel Romare installe, au grès d'une électro sereine et dansante, un univers qui doit autant au blues qu'au jazz. C'est une track plutôt house où différents collages sonores produisent un rythme lancinant et entraînant. On croise aussi l’impressionnant Roots. Une track chargée de basses profondes et rappelant les percussions typiquement africaines. Partant d’une électronica estivale, Roots finit par éclater en une kyrielle de rythmes polymorphes provenant de différents collages. C'est évidemment une des meilleures pistes de l'album.

Romare a également sorti le 12 Février un clip pour son morceau Motherless Child, qu’il a lui-même réalisé. Le titre est un hommage au célèbre negro spiritual Sometimes I Feel Like A Motherless Child. L'un des chants religieux des esclaves afro-américains à l'époque de la traite négrière et que l’on considère comme étant à l’origine du gospel. La métaphore de l’orphelin, dans la chanson, est un rappel de la sensation d’abandon dans laquelle vivaient ces esclaves noirs, dépossédés de tout. Avec un rythme très soul, une voix sensuelle et cette électronica peinte en clair-obscur, Motherless child en donne une réfléxion étonante. C'est aussi ce que Romare peut donner de mieux, tant ce titre sonne comme un aboutissement sur Projections.

Romare, bien que jeune, propose une œuvre envoûtante de par sa légèreté, ses influences singulières et sa maîtrise du collage. Il sait conjuguer les sonorités, les intégrer à sa propre musique. Projections est un album plein de vie, capable de transporter vers d’autres paysages sonores, de s’égarer et de s’affirmer dans une électro personnelle.



Chroniqué par Etienne Poiarez
le 24/02/2015

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