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Jozef Van Wissem & Sqürl

: Only Lovers Left Alive O.S.T.



sortie : 2014
label : ATP Recordings
style : Musique de film / rock

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Tracklist :
01/ Sqürl - Streets Of Detroit 02/ Sqürl - Funnel Of Love 03/ Jozef Van Wissem & Sqürl - Sola Gratia (Part 1) 04/ Jozef Van Wissem & Sqürl - The Taste Of Blood 05/ Sqürl - Diamond Star 06/ Sqürl - Please Feel Free To Piss In The Garden 07/ Sqürl - Spooky Action At A Distance 08/ Sqürl - Streets Of Tangier 09/ Jozef Van Wissem & Sqürl - In Templum Dei 10/ Jozef Van Wissem - Sola Gratia (Part 2) …etc.

La musique est omniprésente dans le dernier film de Jim Jarmush, du premier plan où l'on voit ce vinyle tourner jusqu'à la fin du film où le vampire Adam est séduit par la performance ouatée d'une jeune chanteuse libanaise dans un café de Tanger. Réalisateur et musicien, le new-yorkais Jarmush a l'art d'incorporer images et musiques, de sorte que les deux s'imprègnent mutuellement, gardant leurs empreintes respectives. Les images hantent le disque de la musique du film comme la musique hante les images de ces deux vampires interprétés par Tilda Swinton et Tom Hiddleston. Leurs errances, de Détroit à Tanger, de nuit toujours, bien sûr, semblent ne pouvoir exister sans cette musique planante, atemporelle et forte composée par Jozef Van Wissem et le groupe SQÜRL.

Le premier est un compositeur néerlandais dont l'instrument de prédilection est le luth. Un luth hybride, pouvant sonner psychédélique, oriental ou baroque. Sa musique est sombre, entêtante, étrangement sexy et intrinsèquement rock and roll. SQÜRL est un groupe de rock new-yorkais atypique, regroupant je vous le donne en mille Jim Jarmush et les deux musiciens Carter Logan et Shane Stoneback. Adeptes des effets de distorsion, de guitares électriques polymorphes et de pouvoirs imagés, le groupe forme le compagnon de route improbable mais complémentaire du luthiste pour l'écriture de cette BO.

On connaît le goût de Jarmush pour le rock, et le lien entre son cinéma et cette musique sont étroits : RZA et Neil Young ont composé pour ses films Ghost dog et Dead man et Iggy Pop, Tom Waits ou Jack White ont joué dans Coffee and cigarettes. Sur les 12 pistes que comporte le disque, six titres sont composés par Jozef Van Wissem et SQÜRL, cinq par SQÜRL seuls (avec notamment une collaboration de la chanteuse des Cults), deux par Van Wissel seul (avec un featuring de la chanteuse Zola Jesus) et un titre de Yasmine Hamdan.

C'est une musique encore plus personnelle ici, qui colle parfaitement à l'intrigue, aux personnages et aux images du film. Le luth de Van Wissem accompagne avec magie les marches nocturnes de Tilda Swinton dans les rues de Tanger, et le rock lancinant et hypnotique de SQÜRL associé à ce luth contemporain retranscrit parfaitement l'effet du shoot que leur procure le rituel du verre de sang.

Ainsi, Only lovers left alive regorge de musique, à tous les niveaux :

- il y a la musique composée par Adam dans le film, qui correspond aux titres de Van Wissem et SQÜRL. Le thème The taste of blood, qui revient plusieurs fois dans le film, rappelle fortement le Venus in furs du Velvet Underground pour sa beauté dissonante et sa lenteur aérienne.

- on assiste à plusieurs scènes musicales dans le film, qu'elles soient live (le concert des White Hills auquel assiste les deux vampires, ou celui de Yasmine Hamdan dans cette superbe scène dans un café marocain) ou liées aux personnages qui passent de la musique (on entend entre autres les vinyles de Denise La Salle et de Charlie Feathers)

- Jarmush s'amuse à glisser plein d'allusions musicales scénaristiques : la scène des guitares du début du film, le mur d'Adam recouvert de photos de célébrités croisées lors de sa longue vie de vampire (on peut y reconnaitre Neil Young, Iggy Pop ou Billie Holliday) ou encore cette scène ou les deux amants passent devant la maison dans laquelle a grandi Jack White. "Oh I love Jack White" s'enthousiasme le personnage de Tilda Swinton.

La musique d'Only lovers left alive vampirisera tous vos sens après la sortie du film, des accords de guitares électriques et de luth flottant dans votre tête des heures entières. Jarmush peut se targuer d'être l'un des seuls réalisateurs (avec sans doute David Lynch, lui aussi musicien) à utiliser de cette manière la musique au cinéma : avec personnalité, intelligence et passion.
Pour prolonger le plaisir, vous pouvez vous jeter sur le disque de Jozef Van Wissem et Jim Jarmush, The mystery of heaven.



Chroniqué par Noémie
le 18/03/2014

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