Accueil | dMute

Deaf Center

: Owl Splinters



sortie : 2011
label : Type Records
style : Modern Classical / Drone

Tracklist :
01/ Divided
02/ Time Spent
03/ New Beginning (Tidal Darkness)
04/ The Day I Would Never Have
05/ Animal Sacrifice
06/ Fiction Dawn
07/ Close Forever Watching
08/ Hunted Twice

Le cru 2010 de musique ne m'a pas particulièrement marqué. Au crépuscule de l'année, alors que pleuvent en trombes les usuelles rétrospectives, mon bilan manque de saveur. Non pas qu'il n'y ait pas eu quelques bons albums à saluer, mais rien qui ait pu me décrocher la mâchoire d'admiration. Et puis c'est toujours lorsqu'on s'y attend le moins que sort l'album qu'on espérait.

A l'origine de Deaf Center, deux amis d'enfance : Erik Skodvin et Otto Totland. Ils collaborant dans l'idée de proposer un ambient instrumental nourri par les lignes de piano et la guitare. Il ne leur faut guère longtemps pour introduire dans certains de leurs titres un orchestre de cordes, déportant alors leur musique sur les terres du modern classical. Les deux Norvégiens se lancent parallèlement dans divers projets : Otto Totland dans une collaboration à distance baptisée Nest, tandis Erik Skodvin choisit le nom de Svarte Greiner pour signer un drone ténébreux.

Erik Skodvin et Otto Totland ne se sont jamais perdus de vue, et si la production du binôme reste sporadique, la flamme brûle toujours entre les deux compères. Cinq ans après leur deuxième album, Owl Splinters se présente sous un jour prometteur. Skodvin et Totland ont en effet depuis avancé dans des directions diamétralement opposées. Et nul doute que les retrouvailles ont dû être riches en idées fraîches.

Ce n'est pourtant pas de leurs projets respectifs que vient l'influence nouvelle qui souffle sur Deaf Center. Mais de Ben Frost. Close Forever Watching est peut-être la pièce la plus probante. Comment ne pas penser au travail de l'Islandais lorsque les deux Norvégiens concluent une montée "dronesque" par une sentencieuse note de piano ? Un effet typique de Frost. Il faut dire que Deaf Center avait déjà toutes les cartes en main : le piano, les cordes frottées, ne manquait plus que le drone à ajouter à l'arc. Peut-être les Versailles Sessions ont-elles aussi marqué le duo dans une moindre mesure, car Animal Sacrifice semble tout droit sorti de l'expérimentation baroque de Murcof.

Le mélange entre modern classical et drone est, je pense, la meilleure chose qui soit arrivée à la musique depuis ces deux dernières années. Je l'avais déjà souligné à propos de Ben Frost. Il ne s'agit pas seulement d'une nouvelle forme esthétique. Des albums comme By The Throat ou Owl Splinters apportent à la musique une dimension supplémentaire. Simplement, la dynamique des compositions avait rarement atteint une telle ampleur : du timide chant des cordes aux drones colossaux. Le jeu remarquable de piano côtoie les larsens sauvages de guitare. Les caresses délicates annoncent au loin des ouragans de son.

Qu'il nous plonge dans d'abyssales ténèbres ou qu'il nous porte dans ses élans angéliques, Deaf Center atteint l'excellence. Et si l'on veut se prendre au jeu quelque peu superficiel – mais pas moins récréatif – du saucissonnage de musique par année, la portion qu'offre le duo part grande favorite.

Chroniqué par Tehanor
le 17/02/2011

Partager cet article :


A lire également sur dMute :
Recount
(2014)
Sonic Pieaces
Ambient acoustique / Modern Classical



0 commentaire
Laissez un commentaire
Nom (obligatoire)
Mail (ne sera pas publié) (obligatoire)
Site web (facultatif) Recopier le code ci-dessous (obligatoire)



dim. 15/10 - Blog
#12
mer. 11/10 - Blog
Dub Engine - Psychosteppa
mar. 03/10 - Blog
Bonnie Li - Plane Crash
lun. 25/09 - Blog
Feldub - Class War
jeu. 21/09 - Blog
Ease the Soul - Unconscious
ven. 15/09 - Interview
Interview avec Ruelgo
ven. 25/08 - Chronique
Grizzly Bear - Painted Ruins
dim. 20/08 - Chronique
Lawrence English - Cruel Optimism
mer. 16/08 - Chronique
Shannon Wright - Division
 newsletter : 
ok





Equipe/Contact  |  Partenaires  |  Présentation  |  Crédits  |  Newsletters