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Seun Kuti

: Many Things



sortie : 2008
label : Disorient
style : Afro Beat

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Tracklist :
1. Think Africa
2. Don'T Give That Shit To Me
3. Many Things
4. Fire Dance
5. Mosquito Song
6. Na Oil
7. African Problems

A l’heure où les rythmes afros / tribaux s’invitent à nouveau par la petite porte dans le rock, notamment new yorkais, voilà que nous arrive un album afro beat pur jus, les digressions et improvisations en moins, en provenance du clan Kuti et plus précisément de Seun, troisième fils de Fela, l’inventeur en titre du genre, et dont les musiciens jouent ici.

Au-delà de l’excellente qualité de l’ensemble – production au cordeau, brute et sale à cisailler les tympans, basses lourdes, rythmiques incantatoires aux sonorités puissantes, cuivres qui déploient leur grooves flamboyants à l’unisson, scansion vocale furieuse dans un anglais chargé de localismes – c’est l’énergie qui retient l’attention ici, mixture déchaînée de colère politique et d’urgence musicale. Many Things a le cul entre deux chaises, musique du passé et musique d’aujourd’hui, musique ultra-contemporaine pourtant nourrie des traditions du continent africain, musique de partout et de nulle part, aussi bien européenne qu’américaine qu’africaine, Kinshasa, Londres, Le Caire, Bamako, Berlin, New York. Ce refus de se choisir un statut ou une identité fait son prix et sa modernité.

Plus que celle-ci, c’est pourtant la dimension politique du disque qui impressionne, point d’équilibre idéal entre rage de l’engagement et maîtrise du son, et le quasi-statut de sound system ambulant de Many Things, machine à distribuer partout autour de lui les hymnes révolutionnaires du vingt-et-unième siècle (emportez ce disque avec vous ! jouez-le partout où vous le pourrez !). A l’heure de la globalisation et du nivellement des formes et des cultures, Seun Kuti propose une alternative réjouissante, qui tient à l’exportation tous azimuts de formes non assimilées, brutes et rétives à toute forme de récupération / exploitation. Le contraire de l’exotisme en somme.

En 1968, deux jeunes gens nommés Mick Jagger et Keith Richards, à la tête d’une formation baptisée The Rolling Stones, enregistrent un cyclone intitulé Street Fighting Man. Ils y brandissent deux mots d’ordre devenus essentiels pour le rock’n’roll. Le premier : que peut faire (i.e. comment peut-il se battre) un jeune homme pauvre, sinon chanter pour un rock’n’roll band (sous-texte brûlons le capital) ? Le second : il n’y a pas d’autres solutions pour s’opposer au pouvoir aujourd’hui que descendre se battre dans la rue (sous-texte mettons le pouvoir à sac). Avec colère, fougue et panache, Many Things n’affirme pas autre chose. C’est neuf, c’est vieux, c’est éternel ou presque.



Chroniqué par Mathias
le 29/07/2008

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