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Omar Rodriguez

: S/T



sortie : 2006
label : Willie Anderson
style : Rock psychédélique

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Tracklist :
01/ Een Ode Aan Ed Van Der Elsken
02/ Regenbogen Stelen Van Prostituees
03/ Jacob Van Lennepkade
04/ Vaondelpark Bij Nacht
05/ Spookrijden Op Het Fietspad

Guitariste chez At the Drive-In et Mars Volta, ayant participé à ce monument de furie guitaristique qu’est Relationship of Command (on aime ou pas, mais on ne peut pas ôter à ce disque l’incroyable énergie qu’il dégage), Omar Rodriguez rempile avec un album solo, sans titre mais avec de la puissance sonore à revendre, enregistré à Amsterdam, sous l’influence évidente de The Soft Machine : un psychédélisme haut de gamme.

Manifestement, Omar Rodriguez n’a rien perdu de sa vitalité par rapport à la glorieuse époque de At the Drive-In, et pourtant sa musique s’est encore raffinée (elle l’était déjà avant grâce à une production d’une parfaite netteté), tirant vers des structures entrelacées, labyrinthiques, spiroïdales, baroques au sens que donne Borges à cet adjectif : un moment où l’art, en mettant à profit toutes ses ressources, finit par s’épuiser. Il y a clairement quelque chose de l’ordre de la dépense dans la musique d’Omar Rodriguez : dépense instrumentale (orgues, synthés, cuivres, guitares, basses), dépense d’énergie bien sûr, dépense rituelle peut-être, tant la dimension incantatoire de la musique semble convier l’auditeur à une transe hypnotique, un moment d’ivresse collective. Guitares fuligineuses et orgues hypnotiques tissent de patientes constructions que viennent dilacérer des stridences saxophoniques, jusqu’à produire ce magma sonore dans lequel la possibilité d’une dépossession se fait jour.

La musique d’Omar Rodriguez engage l’être tout entier : esprit, mais corps surtout ; la tribalité magnétique de cette musique appelle une participation, une réponse, et lui fait constamment déborder son cadre, excéder l’idée même de musique – au profit de quoi ? D’une transe peut-être, qui viendrait surplomber la musique et lui conférer une fonction supérieure : il y a quelque chose de religieux et de païen dans la musique de Rodriguez.

On ne saura donc jamais assez louer ces hommes qui, partis d’un champ restreint (le rock hardcore, pure énergie, pure dépense physique et transpiratoire), se montrent capables, au fil du temps, d’avancer vers des territoires inconnus et qu’ils défrichent à mesure qu’ils inventent leur musique. Haute exigence pour le musicien que cette recherche permanente à laquelle il se livre sans compromission aucune, et sur laquelle se situe désormais Omar Rodriguez.


Chroniqué par Mathias
le 17/05/2006

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