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To the Vanishing Point

: This is where it all began



sortie : 2005
label : Saiko Records
style : Pop / Folk / Electro

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Tracklist :
01/ Crows
02/ Voices
03/ Blinded
04/ Anyway
05/ The monsters hiding under my bed
06/ Headache
07/ What's the point of sleeping anyway?
08/ The quiet son
09/ The tide
10/ To the vanishing point
11/ Rid of you

Nouveaux venus sur la scène rock helvétique, To the Vanishing Point peuvent déjà se targuer de posséder un joli carnet d’adresses. En effet, sur ce premier album on retrouve en special guests des membres des groupes phares de la scène pop-rock à l'ancienne du pays (Favez, Magicrays), de combos moins connus du genre (Zorg, U-Turn) ou encore un revenant du hip-hop (le batteur de Sens Unik). Un cocktail qui laisse plutôt sceptique, tant au niveau de sa cohérence que dans les possibilités qu’il laisse entrevoir. Le tour de force de To the Vanishing Point est pourtant de ne pas se laisser tout à fait piéger au jeu des featuring, mais d’intégrer ces invités inattendus à leur univers.

L’univers de To the Vanishing Point ? A en croire son dossier de presse le groupe évoluerait entre songwriting et post-rock. Un mélange inhabituel, mais qui correspond finalement à l’orientation actuelle de toute une scène rock bercée par des influences empruntées à ces dix dernières années. La formule a pourtant le défaut de minimiser les carrefours que traversent les compositions de To the Vanishing Point. Ainsi, au hasard de l’un ou l’autre titre on sent planer la figure tutélaire d’une pop survivante des 80’s, de la new-wave mélancolique du Cure de Disintegration à l’electro-pop lancinante du Neon Golden de The Notwist.

Premier titre de l’album, Crows renvoie directement aux ambiances déployées sur Neon Golden, de par son intro évolutive, allant d’une percussion granuleuse à quelques notes aérées de guitare acoustique. La voix lente et murmurante – soutenue sur le refrain par une discrète backing vocal – contribue à cette atmosphère, de même que la rythmique alternant batterie et électronique légère. Headache, sixième piste de l’album, se développe dans la même veine, assombrissant encore la mélancolie du climat. Ce qui frappe sur ces deux titres, c’est aussi bien la qualité des compositions que la production, façonnant un son riche et subtil. A côté de ces deux titres exemplaires, To the Vanishing Point varie son style, passant de la pop au songwriting dépouillé, avec plus ou moins de bonheur. Le presque nu et très court What’s the point of sleeping anyway ? fonctionne comme une berceuse instable, qui ouvre sur les forêts de l’imaginaire. Le sommeil qui suit ne peut alors que croire à ces Monsters hiding under my bed, ballade pour deux voix, qui s’étend par-dessus une guitare discrète et un piano minimaliste et répétitif. Ces compositions plus dépouillées du groupe convainquent tout à fait, évoquant à merveille l’image du Robert Smith étendu sur son lit, une épaisse toile d’araignée lui dévorant le visage. Par contre, lorsque To the Vanishing Point tente de confronter sa pop à un son plus musclé ou aux lois du couplet-refrain-etc, leur charme s’étiole quelque peu (Blinded) ou se perd dans une évidence presque pompière (Anyway, The quiet son). Mais ces quelques faux pas peuvent être mis sur le compte du péché de jeunesse et ne suffisent pas à faire oublier les qualités entendues plus tôt. Le titre éponyme To the vanishing point permet de redresser le cap. Après une première partie chantée – où l’on sent déjà la nervosité des guitares – le morceau s’emporte dans une lente montée instrumentale, pour un post-rock à guitares joliment ficelé, n’abusant pas des effets explosifs. Ultime ballade au piano, Rid of you referme l’album dans une douce mélancolie ouvrant sur un morceau caché, où le groupe se lâche entre sons hybrides et saturations maîtrisées.

Avec ce premier album, To the Vanishing Point laisse entrevoir de vives qualités d’écriture et de modelage sonore, ayant bien digéré la dernière décennie pop. La personnalité d’un groupe exigent et inventif se dessine au hasard des titres les plus réussis de l’album, esquissant les contours d’une pop electrico-acoustique subtile et mélodique.

Chroniqué par Christophe
le 29/09/2005

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