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Kilo Of Black Bondage

: Fear The Windows



sortie : 2005
label : Ronda
style : Urban Paranoia Stories

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Tracklist :
01/ Unleash
02/ Muhlet
03/ Moglobis
04/ Pot Holes
05/ Murder CBP
06/ Earth Multi Hop Whistlers
07/ Static Charge
08/ A Bark For Fate
09/ Too Broken

Derrière ce nom aux résonances sado-masochistes se cachent trois activistes sonores plus ou moins bien connus : aka_bondage, bassiste de Colder, adepte des manipulation électro-sonores en tous genres, Black Sifichi, poète et figure-clé du spoken word, et enfin SomeKilos, membre du groupe post-rock My Own. On tient donc ici un album hybride, tiré entre les savoirs-faire et les talents de ses trois membres, un album à la croisée des climats post-rock, des rythmiques déstructurées et tendues, du phrasé et des récits urbains spoken word, et de l'expérimentation sonore.

Le trio livre donc une musique sombre et intrigante, gorgée de rythmiques étranges (Mulhet), de sons minimaux et poisseux (A Bark For Fate), d'ambiances de ruelles crades (Moglobis, Mulhet), de basses obsédantes (Earth Multi Hop Whistlers) de voix fantomatiques apparaissant tour à tour pour raconter leur histoire (Unleash, qui rappelle beaucoup l'utilisation des voix que fait Godspeed You Black Emperor !), à moins que ce ne soit Black Sifichi qui s'en charge.

On tient ici neuf contes de la folie ordinaire, neuf morceaux se donnant comme des écrins sonores pour les contes cruels de Black Sifichi. Au vu de l'âpreté des sonorités, ce sont plutôt d'anciens cadres de bois que l'on tient en guise d'écrins. La sensibilité ici est proche d'une ambient de fin du monde, lent déploiement de textures abrasives ou collantes, gluantes (Moglobis), rehaussées de rythmiques agressives (Mulhet, Too Broken), quelque chose qui pourrait presque rejoindre la musique de Tool dans sa manière de se développer selon des structures complexes et dans son habileté à peindre des climats paranoïaques et angoissants, où guette une sorte d'hystérie meurtrière rentrée (Murder CBP, c'est-à-dire Cold Brutal Premeditated Murder).

Voilà donc un album assez peu mélodique (Static Charge, Pot Holes, deux morceaux âpres où la musicalité se réduit au son, ou au bruit, sans bruitisme agressif mais dans un minimalisme proche du dépouillement – quelques sons maltraités secrètement et une voix au timbre chaud qui conte impassiblement son récit), assez peu séducteur mais attirant par sa violence et les tensions qu'il sait ménager, singulier, personnel et complexe aussi. Et donc recommandé.


Chroniqué par Mathias
le 26/09/2005

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