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Alan Braxe & Friends

: The Uppercuts



sortie : 2005
label : Different
style : French house

achat/téléchargement

Tracklist :
01/Most Wanted (Alan Braxe & Fred Falke)
02/In Love With You (The Paradise aka Alan Braxe & Romuald)
03/Music Sounds Better With You (Stardust)
04/Intro (Alan Braxe & Fred Falke)
05/At Night (Shakedown [Alan Braxe Remix])
06/Love Lost (Alan Brax

Oooooh baby
I feel right
The music sounds better with you

Love might
Bring us both together
I feel so good...


On ne pouvait décemment pas chroniquer ce long format d'Alan Braxe sans convoquer ce souvenir. Vous y êtes ? Stardust, The Music Sounds Better With You, 1998. Benjamin Diamond rencontre Thomas Bangalter par l'intermédiaire de son ami d'internat Alan Braxe, dont Thomas avait édité le morceau Vertigo sur son label, Roulé. Ils se réunissent, ils improvisent ensemble. Le résultat buzze comme jamais dès les premières copies envoyées aux DJ, retourne Ibiza et tous les dancefloors européens, écoule plusieurs millions de copies.

Et puis ce fut tout, il s'agissait d'un one shot, Stardust restera le groupe d'un tube, mais quel tube... Un sample de Chaka Khan détourné dans une volupté de flanger, des renforts de cut-off caractéristiques qui étouffent le son pour mieux libérer ensuite son pouvoir extatique : une pure célébration en somme (de quoi parle Benjamin ? d'une fille, d'une drogue ?). Le morceau enveloppe le danseur, s'empare de ses sens pour l'absorber dans un continuum temporel qui ne devrait jamais s'arrêter. Modèle de dance music européenne autant que signe d'une époque, Music sounds better with you exprime une émotion essentielle dans sa forme musicale la plus parfaite (aucun élément superflu, des répétitions à l'envi qui n'entament pas l'aura de la loop mais l'ancrent dans les neurones). Phat & Small en retiendra l'impact commercial logique, mais ce pastiche (entre autres), formule vide, n'a d'intérêt qu'en ce qu'il rappelle et renforce la singularité même de l'original.

Mais parlons précisément d'Alan Braxe puisque c'est son disque The Uppercuts qui nous donne l'occasion de revenir sur l'anthem de Stardust. A première vue, rien d'affolant, il ne propose pas ici la matrice du prochaine paradigme de la dance music. D'abord, les inédits sont peu nombreux et anecdotiques : en tout et pour tout, une intro longuette, un clin d'oeil avec applaudissements de stade pré-enregistrés (le "dream orchestra" vous salue), une variation midtempo autour de claviers supertrempés (Penthouse Serenade), et un agréable essai rap tout en mélancolie (thug's love), qui rappelle la smurferie de Cosmo Vitelli sur son Video EP.

En revanche, les non-trainspotters apprécieront de retrouver ici quelques gâteries : ce In love with you avec Romuald, placé sur la compilation Kitsuné Love, qui comme les Nightvision et Emotion des Daft Punk (qu'il serait de toute façon impossible de ne pas évoquer ici) fait écho au I'm not in love de 10 CC et insiste sur quelques secondes de substance purement romantique, sans doute mièvre, mais puisque que nous sommes humains avant tout, irrésistible. On est en plein dans un flirt impudique avec la nostalgie, qui fait aussi mouche sur Palladium (probable hommage aux soirées du même nom), ou avec Love lost et Rubicon, calibrés pour être joués en K7 sur l'autoroute des vacances (et transformer cinq minutes votre vieille BX en Cadillac rose, et le paysage de la Losère en "Maïamaï" beach).

Mais The Uppercuts est aussi et surtout l'occasion de retrouver les propres hits d'Alan Braxe, familiers du dernier danseur de la plus improbable Macumba discothèque. Ainsi Intro (parfois connu sous le nom de Running) adapte astucieusement le Crush on you de The Jet dans des compressions lascives, le tout sur une basse de Fred Falke (le principal "friend" du titre) qui a sa minute de gloire pendant le break et offre un appui solide le reste du temps. On retrouve également son remix pour le At Night de Shakedown, matériel club privilégié depuis sa sortie (Kiki l'a transformé en Atomic, Kid Creme en a fait une version très efficace façon La Mouche de Cassius). En l'occurrence, Braxe introduit montée imparable, synthé urgent et soupirs pour un effet on ne peut plus "bras en l'air".

On regrette alors que ne soient pas présentes ses récentes relectures pour Benjamin Diamond ou Röyksopp, qui auraient actualisé ce qui ressemble plutôt à une rétrospective en technicolor (la pochette ne ment pas à ce sujet). On a l’impression d’un témoignage de fin d'époque quand le Vertigo ouvertement disco-funk filtré vient clore le disque, et nous rappeler que Crydamoure ne donne plus signe de vie et que Roulé semble dans une impasse (Eric Prydz en profite pour voler l'idée du white label Call on me par Bangalter et DJ Falcon sous le pseudo Together). Est-ce que Vulture, le label d'Alan, saura poursuivre dans des succès populaires jouissifs sans tomber dans la répétition du so cliché qui guette parfois ces Uppercuts ?

En écoute sur http://www.alanbraxeandfriends.com/.



Chroniqué par Guillaume
le 16/07/2005

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