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Imagho

: Someone controls electric guitar



sortie : 2005
label : Hitomi Recordings
style : Musiques improvisées

achat/téléchargement

Tracklist :
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S’il fallait ajouter une phrase au sujet des rapports entre la musique et la technique, ce serait celle-ci : « Écoutez someone controls electric guitar d’Imagho ». Phrase d’encouragement que l’on signerait avec d’autant plus de conviction que cet album, conçu à partir d’une seule guitare électrique et d’un ordinateur, témoigne d’un art peu commun de l’improvisation. Ce que permet la technique (en l’occurrence : l’usage de l’informatique), c’est d’improviser seul avec soi-même en développant plusieurs lignes simultanément. Ce qui n’était auparavant possible que par le moyen de l’overdub, à savoir : la superposition de plusieurs couches musicales, est rendu possible par le traitement informatique du son et ce, non plus seulement en différé, mais en temps réel.

Il dit : someone controls electric guitar (citant les Talking Heads ). On dirait une œuvre de sédimentation musicale : des boucles sont formées à base de glitchs échantillonnés dans le temps de leur aléa, les delays et reverbs permettent de donner de la profondeur à quatre notes qui se répètent comme un message codé (#1). Les arpèges sont dévoyés, déclinés par un dispositif comprenant octaver et delay, reflétés dans cette image déformée d’eux-mêmes. Des arpèges ainsi expliqués, émerge finalement un rythme à partir duquel il est possible de suivre une direction différente en faisant entendre un nouveau motif à quatre notes (#2). Accorder et désaccorder et jouer, produire de la sorte des notes à l’unisson, en disposer d’autres dans l’espace sonore qui leur font écho et créer un réseau sonore de plus en plus dense par la prolifération de toutes ces notes disséminées sur une échelle qui semble pouvoir s’étendre indéfiniment (#3). Dans le crescendo d’une boucle, des phrasés qui se dispersent, dans la permanence d’une boucle, la guitare est tout : rythme et solo, dans le decrescendo d’une boucle (#4). Une pulsation toujours répétée sur laquelle la guitare joue à évoquer des sons électroniques jusque dans les craquements et les souffles analogiques, jusque dans la froideur des atmosphères qu’elle décrit, texte illisible de science-fiction (#5). Exploiter le souffle de l’amplificateur, exploiter ses faiblesses, détourner les aberrations, laisser la guitare résonner et ébaucher une mélodie savamment ratée (#6). Dans les delays, laisser des notes hautes rebondir et, par accumulation, faire des basses des réponses qui leur sont adressées. Parmi les claquements laissés par cette accumulation, trouver un prétexte pour une recherche sur un autre sujet jusqu’à ne plus entendre que les lamentations de la guitare (#7).

Ce sont sept fragments issus d’années d’improvisation (de 1999 à 2004) qui forment en quelque sorte une méthode pratique pour guitare expérimentale assistée par ordinateur, une méthode pour une approche de l’instrument que l’on espère d’avenir.


Chroniqué par Jérôme Orsoni
le 04/07/2005

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