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MO'FO

: Édition 2005



Notre compte rendu

Jeudi 30 Juin 2005 :

1er soir de la cinquième édition de ce Festival qui a pour mot d’ordre « Rock et indépendance ». Basé à Mains d’œuvres, complexe pluridisciplinaire (musiques, danse, théâtre…) situé à côté du marché aux puces de Saint-Ouen, le festival affiche complet pour les deux premiers soirs depuis déjà plusieurs jours. Il faut dire que l’on attend des invités de marque, plutôt rares en France, tels The Pastels, Teenage Fanclub, qui n’ont pas joué en France depuis 8 ans, dixit le dossier de presse, deux groupes qui constituent la tête d’affiche pour ce premier soir.
Clément et moi arrivons vers 20 h. Petit grignotage et sirotage de bière avant d’aller rejoindre la salle de conférence Star Trek, où Luz, dessinateur à la petite moustache bientôt mythique, collaborateur émérite des Inrockuptibles, de Magic ou encore de Charlie Hebdo, nous convie à une performance live sur rétroprojecteur : accompagné d’une jeune femme qui lance les disques sur la platine (Nurse with wound « I beware the African mosquito », Le Tigre, The Urinals, Robert Wyatt…), il cale sur la musique ses « retroclips », séries de dessins drôlatiques sur cellulo projetés sur écran, dont une série particulièrement, « quand deux chiens – situation cocasse - ils se sentent les fesses » suscite les réactions amusées de la salle.

21 h 20 : on s’achemine vers la scène FO : le live de The Patriotic Sunday (Fr) est déjà entamé. Eric Pasquereau, 22 ans, jeune homme barbu (on ne verra que ça durant le festival, et pas que sur scène !) guitare folk en bandoulière, seul sur scène. Il est l’ auteur d’un premier album recommandé (Lay your soul bare). On n’assistera qu’à trois chansons, mais le charme opère : regard bleu délavé, chant délicat en anglais, jeu de guitare sobre. On notera la réappropriation réussie de la chanson mythique de Mickaël Jackson Billie Jean, redécouverte en version acoustique, puis la prestation s’achève sur le morceau le plus accrocheur de l’album : The Day was a waste, au swing entraînant.

On se dirige ensuite vers la salle MO, déjà pleine pour accueillir les cultes The Pastels qui n’ont pas joué en France depuis plusieurs années. Fondé en 1982 par Stephen Mcrobbie, le groupe a sorti une poignée d’albums, fondé un label : Geographic, affilié au label anglais Domino. Ils sont cinq sur scène, notamment Stephen, Aggi, Katrina Mitchell, à la batterie et au chant, une flûtiste également . Le groupe propose une musique folk ample, qui privilégie un live axé sur l’instrumental et la construction d’ambiances. C’est tout à fait agréable sans être renversant du point de vue de l'interpretation.

Clément et moi nous extrayons de la fournaise pour rejoindre l’autre salle, qui retransmet sur écran le concert. On profite ainsi pour quelques minutes d’une meilleure visibilité. Mais l’écran disparaît bientôt, car c’est au tour de Monade (Fr) d’entrer en scène. J’apprendrai par la suite que l’une des deux chanteuses de ce groupe de 4 membres (deux chanteuses à guitare, un clavier, un batteur) est Laetitita Sadier, chanteuse de Stereolab à la voix chaude. Mais ni pour Clément ni pour moi, la sauce ne prend, et la musique de Monade, qui fait montre de quelques bonnes idées me laisse plutôt de marbre (voire sceptique, ainsi certains textes chantés en français passent mal). La majorité du public semble pourtant apprécier l’énergie de cette pop gaie parfois futée réhaussée d’influences brésiliennes.

Retour dans l’autre salle pour le dernier concert de ce premier soir : les fans de Teenage Fanclub (certains arborent le t-shirt de rigueur) se font bruyamment entendre, massés devant la scène, tandis que le groupe apparaît. Un peu dérisoire, ce nom, Teenage Fanclub, pour des hommes à la quarantaine bien sonnée, mais qu’importe, l’énergie dont ils feront preuve durant leur concert sera elle bien juvénile, remportant une furieuse adhésion à coups d’harmonies vocales rétro immédiates, de mélodies pop /rock efficaces, tirées pour la plupart de leur tout récent dernier album (Man-Made), avec parfois quelques accents à la REM. La visibilité étant pour moi proche du néant, un rebord salutaire me permet au final d’apprécier dans des conditions presque optimales une bonne partie du concert : sur le côté de la scène, échappée du public, une fashionata à frange pop folk sûrement raide, à l’excentricité de rigueur, se fait son show. Ce sera son petit quart d’heure de gloire à elle. Fourbus et assommés par la chaleur, on n’assiste pas à la fin, mais qu’importe : cette première soirée est réussie.

Vendredi 1 er Juin :

Second soir, les lieux me sont désormais familiers, je me fraie un passage parmi la faune branchée qui papote, mange boit, fume dans le hall. Le public est encore clairsemé dans la salle MO. Ce qui se passe sur scène vaut pourtant le détour. Le chanteur / guitariste / songwriter Arrington De Dionyso, de Old Time Relijun (USA), signé par Calvin Johnson (également présent ce soir, j’y reviendrai) sur son label K records, seul sur scène, improvise avec une guimbarde une étonnante mélopée. A coups de rythmiques thoraciques qui font naître des vibrations profondes, de bruits gutturaux divers, muni d’une voix de bluesman profonde et expressive, carrément hypnotique, mise au service d’étranges histoires, l’homme nous plonge durant toute sa prestation dans un univers singulier qu’il habite totalement. Une performance forte, qui a su retenir toute l’attention du public présent.

Puis c’est au tour des habitués des lieux, le combo folk Herman Düne, à l’origine du festival, d’investir ensuite la scène Mo une heure plus tard. Etant sagement restée dans la salle, je jouis désormais d’une vue acceptable. C’est la première fois que je vois Herman Düne en concert, mais je dois bien être la seule, au milieu de cette salle pleine à craquer de fans qui connaissent déjà par coeur les morceaux du dernier album, Not on Top, qui vient de sortir. La chaleur à crever qui règne n’empêche pas la bonne humeur, et familiers de ces lieux qui sont leur repaire, le combo (les deux barbus à guitare, le batteur , avec au chant et à la basse Julie Doiron, qui a participé à Not on Top, une jeune femme aux maracas et un homme aux chœurs en invités) affiche une tranquille décontraction. L’enthousiasme du public est à la hauteur de la qualité de ce concert d’une heure entièrement dévolu à la country-folk lumineuse de Not on Top.

Je me dirige ensuite vers la salle FO, où l’américain Calvin Johnson officie. La salle est totalement éclairée, incongruité qui me permet cependant d’observer à loisir les réactions du public, pendant que Johnson, guitare en bandoulière, plutôt que de jouer, digresse avec humour sur ses expériences dans les festivals européens. « It’s groovy to be here tonight », dit-il, pince-sans-rire. Et lorsqu’il se met à jouer, voix outrageusement grave, pour des histoires que je devine un brin surréalistes, il ne retient pas mon attention au pointde résister à la fatigue qui m’envahit. Je ne verrai pas Bonnie Prince Billy, tant pis. MO’FO s’achève ici pour moi, belle expérience que j’espère renouveler l’année prochaine.

Merci à Clemsy pour sa contribution

Par IMOGEN


samedi 2 Juillet 2005 :

Je n'ai assisté qu'à la soirée du Samedi avec tout un tas de gens pas connus et de découvertes et ... ACID MOTHER TEMPLE...
Mais commençons par le début.
Début auquel je n'ai pas assisté - la faute à ma flemme chronique - donc le début a été pour moi le duo débilo/déluré nommé Mr Quintron & Miss Pussycat. Etant donné mon arrivée tardive je suis extrêmement mal placé pour profiter du spectacle, mais avec mes yeux de lynx myope et mon imagination renversante je devine que la girl se situe devant une mini scene "guignol" et qu'elle porte un chapeau de fête pointu à paillette. Le mec quant à lui je l'ai oublié, mais il sautait un peu partout. Musicalement c'était une sorte de rock electro foutraque qui passait plus que bien. La salle était bondée, tant mieux pour eux.
Faufilage en avance dans l'autre salle pour être ce coup-ci mieux placé... Bingo, un bon ptit second rang pour une bonne claque : The Chap. Ce quator est composé d'un guitariste/chanteur à la kro, un bassiste suant/souriant, une miss machine sautillante/bondissante, et un batteur tapant/bien/fort/mais pas trop... Leur musique est un joli rock/pop/electro(nica) assez funky, voire très funky, à base de slaps de she-bam wiz et de bonne humeur. Le final est un grand défouloir interminable dans lequel bassiste et guitariste ont troqué leur instrument de prédilection pour un violon et un violoncelle qu'ils maltraitent à profusion pour le plus grand plaisir de la foule béate devant le spectacle. Bravo The Chap !
Retour dans la première salle dans laquelle se produit Sonic Boom... Le descriptif parlant d'un "ex-Spacement 3 complètement siphonné mais génial" accompagné de 2 musiciens, je m'dis chouette ça va être cooooooooool (comme le bon jeune que je suis). Mais rien de tout ça n'arrivera... D'une, le monsieur est seul, de deux il nous montre son cul (il tourne le dos à la scène pour être précis et moins vulgaire), de trois j'ai du mal à percevoir le côté "génial" du type, de quatre "putain mais c'est du bruit !", de cinq j'ai vu Merzbow il y a un mois j'en ai ma claque, de six "ah tiens Boris de radio campus ! ça va ? c'est quoi ce bruit ? ben c'est du bruit, mais faut pas l'dire j'me suis fais engueuler en disant ça tout à l'heure... ah ok, on va s'prendre une bière ?", de sept la salle se vide, de huit bien fait !
Non-retour dans l'autre salle pour cause de concert apocalyptique approchant, c'est Julie Doiron qui en paiera les frais (on va dire que c'était très bien)...
Donc je reste dans cette salle vide... Les Acid Mother Temple arrivent petit à petit, un premier grand japonnais (clavier Roland, guitare, voix effrayante), très chevelu et barbichettu, poivre-sel, tel un Gandalf le gris... Puis un second, très chevelu également, plutôt frisé à la Efrim/Slash soliste de guitare, plus introverti que les autres... Puis arrive le cas, un Japonais tout droit sorti d'un manga, tout bourré qu'il semble être, il crie dans tous les sens, fait de grands gestes puis se calme... Ah oui ce fou est bassiste chanteur. Enfin les 2 batteurs, dont l'un draguait 4 minettes depuis un bon quart d'heure (gourmand va !). Chuuuut, ça commence...
Du bruit, de la saturation, deux grosses/énormes batteries, un bassiste complètement dingue, une énergie rock qui ne tardera pas à se propager dans la salle. C'est un concert classique d'Acid Mother Temple, ça part post punk/noise/métal/rock, ça se calme un moment (une grooooosse dizaine de minutes) avec leur tube post-rock hypnotisant "Pink Lady Lemonade", puis ça repart de plus belle, les jeunes commencent à pogoter, j'en balance un qui commence à trop s'approcher de moi, ça se calme, puis ça reprend, mais ce coup-ci un peu plus loin de moi (hey revenez les copains !). Le concert dure une grosse heure, mais personne ne veut que ça s'arrête, ni le public chaud/bouillant/sans clim, ni le groupe visiblement satisfait de l'alchimie. Ca se finit donc en semi accapella (l'ingé son ayant tout coupé, plus ou moins...) Un air de supporter de foot ("NaNaNa HeyHey Goodbye" des BANANARAMA pour les connaisseurs), sur un goodbye brisant 2 ou 3 coeurs dans le public. Pour ma part je savoure ce dernier instant avec ce groupe si particulier, traité de freaks, je préfère parler de génies...

Par BOBTOMPERCHU



par BobtomPerchu
le 08/07/2005

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