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A Winged Victory For The Sullen + Guillaume Gargaud

: @ Café de la Danse - 16/04/2012



Notre compte rendu

Il fallait écouter A Winged Victory For The Sullen en live car c'est ainsi que l'album a été conçu par Adam Wiltzie et Dustin O'Halloran. Pas d'échange de fichiers à distance, pas de séances d'enregistrements erratiques étendues sur des mois et des mois. Les deux hommes ont enregistré la matière musicale de ce premier essai dans l'église de Grünwald à Berlin en compagnie d'un véritable petit orchestre. Captées sur des machines analogiques, les bandes ont ensuite été montées dans une ancienne station radio d'ex-Allemagne de l'Est. Ils ont suivi ce processus ininterrompu du début à la fin, ayant à coeur d'envisager la création de cet album comme un véritable enfantement, de manière presque anachronique. Leur musique, comme ne manque pas de nous le rappeler Adam Wiltzie, est dédiée à la mémoire de Mark Linkous, le regretté leader de Sparklehorse.

En live, A Winged Victory For The Sullen consiste en un trio à cordes, Adam Wiltzie à la guitare et au synthétiseur, Dustin O'Halloran au grand piano et au synthétiseur. Jouées sur scène par ce petit effectif, leurs compositions apparaissent effectivement transfigurées. Leur "musique classique moderne" se révèle vraiment dans l'espace. Ses nappes de cordes et ses drones y flottent lentement, dessinant d'amples mouvements allant crescendo avant de se rétracter lentement dans le silence. La musique d'A Winged Victory For The Sullen, comme celle de Stars Of The Lid en son temps, prend la forme d'une longue et profonde respiration : sa manière à elle d'être sans cesse en expansion sur elle-même, de monter peu à peu en pression et de faire éclater plutôt dans l'intensité sonore que dans la mélodie un sens du dramatisme assumé. A ce titre, elle est effectivement tributaire des expériences acoustiques qu'Adam Wiltzie a menées chez Stars Of The Lid. Derrière son piano, Dustin O'Halloran prend soin cependant de tempérer les idées très abstraites de son partenaire en les emmenant vers des territoires moins épiques, plus intimistes, qui sont ceux de la musique minimaliste qu'il affectionne tant.

Si les deux hommes trouvent toujours le ton juste, on regrettera néanmoins qu'ils ne bousculent jamais l'auditeur. Certes, leur musique possède du relief mais elle manque cruellement d'aspérités : quelque chose qui pourrait casser cette monotonie qu'ils envisagent sans doute à tort comme de la mélancolie et la condition sine qua non de notre douce léthargie.

par Mickael B.
le 17/04/2012

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