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Gold Panda

: @ Point Éphémère - 23/04/2011



Notre compte rendu

En l'espace de deux ans, une poignée d'EP et un album absolument brillant, le bien nommé Lucky Shiner, Gold Panda s'est imposé comme une valeur montante. Meilleur espoir 2010, au moins, tant Lucky Shiner respire l'aise et la facilité, et accole de merveilleuses mélodies pop à un bricolage plein de surprises.

Ce n'est donc pas forcément lui rendre justice que de faire les comparaisons qui vont suivre. Mais il y a quelque chose chez Derwin Panda (comme il aime à se faire appeler) qui rappelle immanquablement - et directement - les popeux électroniques les plus doués de sa génération. D'un côté, Four Tet, de l'autre, Animal Collective et donc, forcément, un autre panda célèbre, Panda Bear.

Même indifférence au formatage, même facilité déconcertante, même don pour la mélodie foudroyante, le rythme bancal, la texture inattendue. Dans l'après-midi, il nous expliquait qu'il aimait travailler de manière totalement désorganisée, faisant un peu de musique sur sa MPC pendant une heure, avant d'aller promener le chien de son oncle, et de se faire du thé. Méthode efficace pour composer des pop songs les plus directes que l'électronica ait fourni ces dernières années. Et, comme Four Tet et , même capacité à dépasser, en live, les compositions douces et calmes à l'aide de beats puissants et d'un son musclé.

Sur scène, Gold Panda est un type assez maigre, vêtu d'un sweat à capuche, qui se balance frénétiquement sur son contrôleur et son laptop, s'interrompt pour haranguer la fouler avec son micro, introduit des ruptures inattendues dans le schéma de ses compositions. La vidéo qui passe derrière lui, des vues floues et montées/démontées de paysages urbain, n'ajoute pas grand chose, d'autant qu'elle est plus ou moins voilée par la fumée. Plutôt contemplative, elle est étrangement peu accordée avec la musique, tout en cassures et agressive. La foule réagit de manière électrique aux moindres de ses sollicitation et pour une fois, la bonne moitié de kids présents dans la salle est plutôt attentive - c'est-à-dire qu'elle écoute, sans le gros du concert à bavarder de manière intempestive un verre à la main.

Tout Lucky Shiner y passe, de l'incontournable You en début de set à Before We Talked et After We Talked ou Greek Style, et quelques inédits enchaînés en un tour de beat le temps d'un rappel. Il se paie même le luxe de bousiller un de ses contrôleurs en plein milieu de set , et de le brandir devant la foule : "It's broken. It's important but don't worry". Et quelques minutes plus tard, après un morceau qui a probablement subi la torsion d'une improvisation impromptue : "It's broken. When I'll get another one, it will be number 7. This one is number 6. 200 pounds. Who cares ? I'm fuckin' rich. No, I'm not. Sorry, I know it's shit to see a guy on a stage with a laptop. Don't worry, everything will be fine."

Discours épileptique, humour, peur de rien, goût pour la déglingue. On ne saurait mieux résumer le personnage, sa musique et les raccourcis fulgurants qu'elle trace du cerveau aux muscles.

par Mathias
le 27/04/2011

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