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DET90 et mr bios

: Interview croisée



Le label indépendant Chez.Kito.Kat Records revient à ses premiers amours électroniques en publiant deux disques : "4 5 20 90", de DET90 (bel hommage à la techno de Detroit) et "Color Slide" de mister bios (ambiance house minimaliste berlinoise).

Interview croisée entre Christophe (mr bios) et Michael (DET90) par Samuel, co-fondateur du label.

La question inévitable de début d'interview, pouvez-vous vous présenter, présenter votre parcours musical, premières prods, premiers live...?

Christophe : J'ai appris le piano étant petit, instrument que j'ai mis à profit de divers groupes dans lesquels j'ai officié durant mon adolescence, j'écoutais pas mal Depeche Mode à l'époque et aussi les Pink Floyd, je me souviens d'avoir été fasciné par le Live at Pompeii. Seconde claque, première soirée techno en 1994, j'ai scotché sur le DJ (Colin Dale me semble-t-il), je ne comprenais pas la manière dont il enchainait les disques. Cela m'a poussé à m’offrir des platines et j'ai ainsi commencé à acheter des vinyles, l'objectif étant de les jouer en soirée. J'ai officié comme DJ durant quelques années pour ensuite me lancer dans la production, en projet solo avec mr bios mais aussi au sein de plusieurs groupes comme Beat for Sale, Komparce et aussi Binary & Dyslexic.

Michael : Ma première prod c’était pour un pote rappeur Godié du groupe Luxembourgeois A.L.S.. Le morceau s’appelle Yup Yup. Mon premier live c’était avec mon projet hiphop instrumental [vwaz] à la Rockhal en 2012. J’ai ensuite sorti un album en 2013 sous le pseudonyme SYNTHESIS avec la chanteuse luxembourgeoise Deborah Lehnen.
En 2014 j’ai sorti en vinyl le 3 titres Transit et en octobre 2015 j’ai sorti mon premier disque 4 5 20 90 sur le label Chez.Kito.Kat Records.

Comment se déroule le processus d'enregistrement de composition de vos morceaux ? (Ableton ? Synthés ? Boites à Rythmes ? Mixages ?...)

Michael : Ca dépend de mon humeur; j’allume mes machines et je bidouille jusqu’à ce que je trouve les sons qui m’inspirent et puis je me lance sur plusieurs compositions et je fais le tri. Des fois les sons qui m’inspirent peuvent sortir de mes synthés ou des quelques plug sympa sur Ableton.

Christophe : J'utilise le logiciel Ableton de la même manière qu'un magnétophone, mes synthétiseurs et machines tournent en synchro et le logiciel me permet de figer mes pistes, que je retravaille par la suite pour le mixage en y rajoutant des effets.

La minute Nerd : quelles sont vos machines (hardware) de prédilections ? Utilisez-vous des softwares, des plug-in ?

Michael : Le Juno 106 c’est vraiment un des mes synthés préférés pour les nappes bien « deep ». Après j’utilise beaucoup le KORG M1 et Yamaha DX7 très kitch très 90’s …

Christophe : J'ai accumulé pas mal de matériel dans mon studio, si je devais retenir l'essentiel ce serait le Korg MS 20, le Minimoog et le Roland SH 101. Des possibilités limitées, pas de sauvegardes, à chaque fois que j'allume l'une des ces machines il faut tout réinventer. Concernant les software j'utilise beaucoup Reaktor de Native Instruments qui s'apparente à un système modulaire virtuel ce qui permet beaucoup d'expérimentation.

Quel est votre set up idéal pour le live ?

Michael : Laptop + contrôleur midi, simple et efficace.

Christophe : En groupe avec Komparce ou Binary & Dyslexic, on privilégie les synthés et les boites à rythmes sans laptop sur scène. Pour mr bios mon setup n'est pas figé et il évolue sans cesse, ce n'est jamais le même.

On se rappelle tous de nos premiers contacts avec les musiques électroniques, les synthétiseurs et autres joujoux analogiques qu'on utilise dans nos compos. Personnellement, ce n'est pas très glamour, j'avais 8/9 ans (1988 ?), mon père avait acheté la première compilation synthétiseurs, et je me rappelle avoir tout de suite scotché sur les sonorités, les instruments, le son qui venait de l'espace, ça m'avait rendu fou. Et vous ? Comment en êtes-vous arrivé à utiliser ces synthés ?

Michael : J’ai grandi avec le Hip-Hop et puis j’ai découvert Jay Dee de Detroit, Dabrye, Black Milk, Waajeed, etc … je suis devenu dingue du son de cette ville et c’est comme ça que j’ai découvert la Techno de Detroit, Juan Atkins, Kevin Saunderson et toute la bande … Cela m’a donné envie de faire de la Techno/House à ma sauce et c’est à partir de là que j’ai eu envie de m’acheter des synthés, boites à rythmes etc…

Christophe : C'est marrant c'est un peu comme toi, j'avais tous les volumes et j'étais fasciné par ses sons, en particulier le thème de Midnight Express, j'ai bassiné mes parents pour avoir mon premier synthé, un Farfisa tout cheapos avec une boite à rythme. Mon premier pas dans le monde des synthétiseurs.

Quand je travaille sur la promo des sorties de disques CKK, j'ai toujours le plus grand mal à définir et classer dans un style de musique précis les productions du label. On retrouve tellement d'influences, de références dans vos productions. Michael Si tu devais définir un style et classer le disque de Christophe, dans quelle catégorie le mettrais-tu ? Idem Christophe avec le disque de Michael.

Michael : DUB TECHNO

Christophe : Je pense bien sûr à des productions de Detroit et de Chicago, à des label comme Metroplex, 430 West ou encore Relief pour le coté House. Le disque de Michael est vraiment un bel hommage à ces références.

En 2015, beaucoup d'artistes des musiques électroniques avancent sans vraiment de label attitrées, ou en voyageant d'une structure à l'autre, les modèles d'avant numériques ont changé. À part une petite vingtaine de labels et distrib qui ont un gros monopole sur les musiques "dansantes, non EDM" (Clone, Stroboscopic Artefact, Lobster Theremin, Rush Hour ...) et qui amènent une certaine crédibilité et gage de qualité aux productions pour les puristes et autres professionnels. Comment définiriez-vous le fait de faire partie d'une petite structure comme CKK. Les avantages, les inconvénient ?

Michael : Ce qui est sympa sur ce label c’est que tu peux trouver du Rock de l’Electro, du Hip-Hop et de la Techno. Et puis le coté petit label donne une ambiance très familiale.
C’est toujours un avantage pour un artiste de faire partie d’un label, la promo, la distrib, etc. Je ne vois pas d’inconvénients.

Christophe : L'avantage au sein d'une telle structure c'est une totale indépendance, cela n'oblige pas à rentrer dans un moule sonore ultra défini ce qui permet plus de liberté dans le processus de création. C'est parfois difficile d'avoir une visibilité face à la myriade de labels qui existent mais les retours sont positifs et la passion est intacte, la preuve le label fêtera ses dix ans l'année prochaine !

Il s'agit à tous les deux de vos projets solos. Vous jouez tous les deux dans des groupes à côté. Qu'est ce qui change vraiment dans votre approche de la compo et du live sur ces projets solo par rapport à votre place dans vos groupes respectifs ?

Michael : Je n’ai pas vraiment de groupe respectif je considère ça plutôt comme des collaborations. Quand je compose pour un autre projet je vais plutôt me diriger vers des rythmiques et sonorités Hip-Hop et des samples.

Christophe : J'ai toujours apprécié de pouvoir jouer avec d'autres personnes, c'est une démarche stimulante et enrichissante. J'apprécie beaucoup le coté spontané lorsque tu joues avec d'autres personnes. Le fait de travailler seul me permet de passer plus de temps sur la création de sons, d'expérimenter mais je manque plus facilement de recul sur mes morceaux. C'est une démarche plus réfléchie.

Avez-vous des projets pour les prochains mois ? Prochaines années ? (live, productions?)

Michael : En janvier je sors Digital Tape Vol. 1, un 4 titres qui regroupe des sons que j’ai enregistré sur cassette, ça donne un grain et une chaleur que j’aime beaucoup. Je compte sortir plusieurs volumes, courant 2016. Je collabore aussi sur un projet Hip-Hop avec Nikkel K et un projet instrumental électro 80’s avec un guitariste italien.

Christophe : La priorité est la sortie de l'Ep de Binary & Dyslexic, on débute les sessions d'enregistrement. Sinon d'autres projets en cours et à venir, je travaille sur de nouveaux morceaux avec Arbee un artiste du label qui est basé au Québec, et le commencement de nouvelles sessions pour mon prochain album.



Interview par Denishood
le 25/01/2016

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