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Senbeï

: Bass music, Dr Slump, Zelda et Thierry Mugler



Aujourd'hui, il sort Shin chez JFX Lab, le net label de Jarring Effects. En février dernier, Senbeï défendait sur scène son très bon Micrology, sorti chez Banzaï Lab. Quelques minutes avant de livrer un live calibré forçant le respect, il avait répondu à nos questions.

Qui est Senbeï ?

Quelqu'un qui a énormément d'influences. Quelqu'un qui a joué du grime, du jazz-funk, du métal et plein d'autres choses.

Quand on évoque Senbeï, on évoque forcément la culture japonaise, l'univers des mangas. Qu'est-ce qui t'attire dans cette culture ?

C'est vrai que « Senbeï », c'est le nom d'un personnage de l'auteur de mangas Toriyama. C'est « Dr Slump ». Je regarde beaucoup de films japonais en VO, je trouve que la langue s'intégre assez bien. Pour l'anecdote, dans le morceau avec Neko Chan, j'ai intégré des samples d'Akira.
Mais je ne m'intéresse pas qu'aux mangas. Je suis également un grand fan de Kurosawa.
J'aime beaucoup m'inspirer de la culture asiatique dans son ensemble. J'aime cet univers violent, épique. Le mélange du traditionnel asiatique et des choses plus contemporaines peut être très réussi, à mon sens. Pour être précis, ce n'est pas le côté « zen » et son ambiance « restaurant asiatique » qui m'intéressent...

Tu es déjà allé là-bas ?

Non, jamais. Mais bientôt peut-être...

Quel rapport entretiens-tu avec les jeux vidéos ? Tu es un gamer, non ?

Oui, je suis un gamer. À fond. J'ai toutes les consoles. J'ai même un émulateur de Zelda sur mon ordinateur... Et un tatouage sur le bras qui ne laisse pas de place au doute...

D'un côté, l'univers geek un peu naïf, de l'autre un son très travaillé, une maîtrise de la technique, un sérieux à toute épreuve. Tu joues sur les apparences ?

Disons que j'ai bien choisi mon pseudo, « Senbeï ». Dans le manga, Dr Slump est à la fois un génie très mature, un inventeur hors pair, et un pervers puéril qui cherche à voir les culottes des filles à tout prix.
J'aime aussi la bivalence « finesse technique » / « sons qui renversent tout sur leur passage ».

Je pensais te voir avec tes lunettes noires...

Non, je les mets seulement en mode « The Kid », avec Smokey Joe. C'est une sorte de déguisement pour se permettre de faire n'importe quoi...

Quels sont tes liens avec Banzaï Lab ?

Avant, j'habitais à Bordeaux. J'y ai co-créé Banzaï Lab avec Matthieu Clément, Smokey Joe. Il s'agissait de promouvoir le mélange, en premier lieu celui des musiques du monde et de la musique électronique. Au début de l'aventure, il y avait IRB, Feldub, United Fools. Même si j'ai déménagé et que je suis à Paris maintenant, ça reste ma famille.

Et avec Thierry Mugler ?

J'ai bossé sur son spectacle, en novembre dernier. J'ai été contacté par un de ses danseurs, Skorpion, le finaliste de « La France a un incroyable talent », un ami d'ami. Il m'a demandé 5 minutes de musique pour un solo, et finalement j'ai habillé 2 solos. J'ai aussi travaillé sur un remix, mais je l'ai loupé, je n'avais pas le temps, c'était trop dur.

Micrology sort en numérique et en vinyl : c'est un choix ?

J'ai tiré 500 CD de mon 1er LP. Ils sont tous partis. Le 2e, je l'ai tiré à 2000 exemplaires, ça a été très dur à écouler, quasi uniquement sur les concerts. Chez Banzaï Lab, ce n'est pas facile financièrement, du coup je sors Micrology sur mes fonds propres. Je n'ai pas assez pour tout faire, j'ai dû faire un choix, j'ai préféré proposer un bel objet, un vinyl. Parce que c'est dommage, mais faire des CD, c'est perdre de l'argent, en quelque sorte. Plus grand' monde n'écoute de CD... Et en même temps, uniquement une version digitale, ce n'est pas intéressant, il manque quelque chose, non ?

Préfères-tu travailler seul ou en équipe ?

Les deux sont intéressants. Je travaille sur 1 projet solo et 3 autres en groupes, tout cela est très enrichissant.
Senbeï, c'est un truc perso, dans lequel je m'investis énormément. Le projet Tha New Team, c'est un défouloir, du gros dubstep pendant 1h15. Smokey Joe & The Kid, c'est fun, festif, un peu moins bourrin, les gens dansent. Avec Tha Trickaz, je joue juste en live, je remplace l'un des 2, qui joue aussi avec les Dirtyphonics. Je refais à l'identique ce qu'ils composent tous les 2. Avec eux, j'ai en quelque sorte réappris la musique, je suis maintenant beaucoup plus « pro ». J'ai presque honte de mes anciens morceaux, ils ne sont pas assez léchés, pas assez carrés.

Comment se passe la création pour toi ?

Uniquement sur mon ordinateur. Des fois, c'est un sample qui est la base d'un morceau, des fois une envie, des fois rien...

Qui est ton public ?

Tout le monde, idéalement. Mon envie est que chacun prenne une claque, ait des émotions. Je pense que mon public est réellement éclectique.

Ton set commence dans une heure, as-tu des habitudes, des rituels avant de monter sur scène ?

Oui, mais hors de question que ce soit rendu public !!!...
De manière générale, avant un live, je reste sérieux. J'ai plus de 30 ans, je n'ai plus envie de me mettre une mine, les lendemains sont trop durs !



Interview par Temoin A.
le 11/04/2014

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