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Black Dice

: Interview avec Black Dice



En dix années d'activisme forcené, Black Dice continue d'être une des aventures les plus passionnantes de la musique actuelle. A la fois grands manitous du bruit et sorciers pop bizarres, le trio donne des concerts chaque fois mémorables. A l'occasion de leur passage à la Machine du Moulin Rouge le 5 décembre dernier, petite discussion avec le très calme Bjorn Copeland sur la communauté musicale de Brooklyn et l'évolution de Black Dice au sein du grand maelström des musiques d'aujourd'hui.


Vue d'Europe en ce moment, on a le sentiment que la scène de Brooklyn s'essouffle un peu, que beaucoup de nouveaux venus copient leurs ainés.

J'ai un peu la même impression. Je le rassens parce que je ne fréquente finalement plus si souvent les concerts qui ont lieu à Brooklyn, du moins pas aussi souvent qu'avant, quand j'avais 21 ans et que je venais d'arriver à New York. A ce moment-là, je sortais beaucoup plus, j'ai découvert énormément de choses. C'est là qu'on a rencontré tous nos amis de maintenant, qui forment Animal Collective, Gang Gang Dance, White Magic, Blood on the Wall. Nous allions aux mêmes concerts, nous avons évolué ensemble et partagé les mêmes découvertes. Même s'il y a un ralentissement, je pense pourtant que ça reste une scène musicale extrémement excitante, particulièrement pour les jeunes qui cherchent à se faire une idée de tout ce que produit la musique underground et qui participent à cette scène. Il n'y a pas que les groupes qui sont intéressants, il y a aussi tout un ensemble de personnes qui animent la vie musicale. Tai Pee et Secret Project Robot sont deux tourneurs formidables qui continuent de faire vivre la scène de manière très dynamique, les gens (que ce soit les groupes, les fans, les tourneurs) sont très investis à tous les niveaux. Les concerts underground s'organisent très facilement, il y a beaucoup d'espace, d'énergie et de bonne volonté ici pour ça. Il se passe toujours énormément de choses mais je ne sais pas s'il y a la même concentration qu'avant. Et puis, les groupes avec lesquels nous avons grandi et évolués sont d'une certains façon établis à présent. J'avoue que je connais moins bien les groupes les plus jeunes, la frange la plus neuve de la scène. Chaque soir il se passe une tonne de choses sur le plan musical, il suffit de sortir, de marcher au hasard et tu tombes forcément sur un truc qui attire ton attention. Et c'est toujours quelque chose de vivant. Bon ou mauvais, d'ailleurs. Mais finalement, ce n'est pas vraiment ça l'important. Vivre dans une telle atmosphère est forcément excitant. La diversité de ce qu'on peut écouter à Brooklyn est assez incroyable et les occasions d'écouter de nouvelles choses sont extrêmement nombreuses. J'ai pu aller écouter Richard Bishop qui faisait une résidence d'un mois au Zebulon. Je n'ai qu'à enfourcher mon vélo et je peux écouter ce type dont je collectionne les disques depuis des années sans jamais l'avoir vu en live : parfois ça me semble inespéré. Cet aspect-là de Brooklyn est vraiment formidable. Mais c'est vrai que l'excitation a un peu baissé. Toutes les villes ont des périodes, comme des vagues. Il faut dire que celle qui est apparue il y a quelques années était vraiment exceptionnelle.


Le paradoxe, c'est que la musique de Brooklyn, du moins celle qui arrive jusqu'en Europe, est globablement souvent bonne, même quand elle n'invente rien ou quand elle reprend ce que ses prédécesseurs ont fait. Etrange, non ? Et en même temps, Black Dice reste très à l'avant de cette scène.

Oh, merci, c'est bien d'entendre ça. Il y a eu plein de tournants dans la "carrière" du groupe parce que nous essayons de ne pas nous répéter. Ca n'aurait pas été très intelligent de refaire une autre version d'un album précédent, un second Beaches and Canyons par exemple. On aurait sûrement pu le faire très bien... mais ça nous aurait paru stupide, tout simplement. Ca ne correspond pas à notre manière de faire ; on cherche plutôt des façons toujours renouvelées de tirer le plus de plaisir de la musique qu'on fait et de découvrir des choses qui semblent exotiques et étranges à nos propres oreilles et qui continuent de nous procurer la même excitation. Ce sont deux choses qui vont ensemble, d'ailleurs. Ca implique d'essayer de ne pas refaire ce qu'on a déjà fait, autant que possible. On a toujours fonctionné comme ça, y compris avec ce qu'on écoute. On ne veut pas être dans la reproduction des groupes qu'on aime. Par exemple, on écoute beaucoup de reggae, mais on ne sera jamais un groupe de reggae (rires) ! On peut y faire allusion, y voler quelque chose, un détail. Le contexte dans lequel on a évolué nous a aidé à garder cette exigence. Certains de nos groupes amis nous le rappellent constamment. Wolf Eyes par exemple. Ils font toujours des choses très différentes les unes des autres. Ils sont un peu un modèle pour nous, même si on ne fait rien de semblable. Ca aide énormément d'avoir des amis qui jouent dans un tel groupe, à qui on peut faire écouter absolument tout et recevoir un avis sincère. On peut discuter avec eux de ce qu'on fait, de pourquoi et de comment on le fait, de comment ça sonne ou ça pourrait sonner. En ce sens on peut dire qu'il y a un vrai esprit de communauté à Brookyln et avec la scène noise et psychédélique dans son ensemble.


Et que penses-tu de la position que vous occupez à l'intérieur de cette communauté ?

Difficile de répondre sans prendre de recul... et quand tu fais partie de cette scène et de cette communauté, tu n'as forcément aucun recul. On jouit un peu d'une sorte de... de culte, avec plein de weirdos qui nous suivent, et des artistes et des musiciens. Beaucoup de groupes nous disent qu'ils sont fans, que notre musique les a beaucoup marqués. Beaucoup de fans nous disent la même chose. Ca ne se traduit pas forcément ensuite en concerts géants, comme tu t'en doutes. On ne mesure pas forcément l'impact qu'a Black Dice, dont le public reste tout de même assez restreint. Mais du coup, on ne se sent pas sur une assiette stable, et c'est plutôt bien en fin de compte, ça nous force à toujours nous demander comment améliorer notre musique. Toute la scène de Brooklyn nous soutient beaucoup et globalement, elle est plus ouverte d'esprit que le reste de New York. Ca nous donne du champ pour essayer de nouvelles choses, sachant qu'on est dans ce lieu énorme où il y aura toujours des gens pour apprécier ou comprendre ce qu'on fait, passer du temps à écouter, à venir aux concerts, discuter avec nous, échanger des points de vue, même s'ils n'aiment pas ou que ça leur passe parfois un peu au-dessus de la tête. De ce point de vue là, le gros de notre public est vraiment génial, très ouvert d'esprit, très tolérant et décidé à élargir son horizon musical.


Quelles sont vos relations avec ces groupes de fans, ou les autres groupes de Brooklyn, y compris ceux qui sont moins underground que Black Dice ? Je pense à cette vidéo d'AM/FM que vous avez faite pour !!!.

Nos racines et le réseau dont nous venons sont quand même très punk et hardcore et !!! a été un des premiers groupes que nous avons rencontré sur une tournée. Nous sommes restés proches d'eux. Cette vidéo, c'était tout simplement un petit clin d'oeil et l'occasion de leur rendre un petit service avec un visuel un peu barge. D'autant que le public de !!! pourrait aussi se mettre à écouter ce que fait Black Dice grâce à elle. Bref, nous sommes restés proches de !!!, comme de tout un tas d'autres groupes de notre génération qui ne font pas forcément le même genre de musique que nous. On a aussi des liens forts avec quelques groupes un peu plus vieux que nous. Beaucoup de ces groupes sont là depuis un moment : No Neck Blues Band par exemple, ou ce groupe que je trouve absolument fantastique, Blues Control. Ross, un des deux types qui forment ce groupe, est ici depuis une éternité, c'est un hyper-actif qui joue dans plein de groupes du cru. Nous avons donc une espèce de terrain commun : les mêmes racines, les mêmes labels, les mêmes lieux habituels de concert, et les mêmes private jokes bizarres. Tout cela rend plus facile le fait de pratiquer ce genre de musique. Et d'autant plus à l'époque où on était totalement autonomes et do it yourself, et qu'on n'avait ni Internet, ni agent. On montait en voiture, on roulait, on s'arrêtait quelque part et on trouvait toujours un kid qui savait où avaient lieu les bons concerts : on allait demander et souvent on obtenait une date. On s'est fait un nombre incroyable d'amis comme ça. Ca a beaucoup changé, on utilise davantage les outils modernes de communication, Internet, téléphone portable. Mais le réseau d'amis, l'organisation de concerts à la dernière minute, la spontanéité des rencontres amicales et musicales, c'est quand même ce qu'on préfère.


Qu'est-ce tu privilégies alors, les affinités musicales ou plutôt amicales ?

Elles se rejoignent : on devient souvent amis avec des groupes qu'on appréice. Mais c'est vrai qu'on a aussi beaucoup d'amis qui font de la musique dont on n'est pas forcément très fans. On ne peut pas vraiment dire qu'il y a une scène, c'est plutôt un ensemble de micro-scènes à l'intérieur d'une scène plus grande. Entre le drone, la musique psychédélique, les choses vraiment électroniques, il n'y a pas vraiment d'unité, mais il y a des passerelles entre tous ces styles en raisons des amitiés de certains groupes entre eux. Tout le monde ne se connait pas, même si on joue tous dans les mêmes endroits. Entre les liens d'amitiés et les proximités plus purement musicales, les relations des groupes entre eux sont complexes. A la fin, ça donne cette impression d'unité mais dans le détail, les choses sont plus complexes et éclatées.


Tu disais à l'instant que répéter ce que vous faites n'aurait pas eu grand sens. C'est pour ça que vous improvisez beaucoup sur scène ?

Eh bien, en réalité on n'improvise pas tant que ça sur scène. C'est vrai que la musique a l'air parfois improvisée, et on a cette réputation, mais je ne sais pas d'où elle nous vient. La plupart de nos improvisations interviennent juste entre les morceaux, parce que nous aimons les jouer d'une traite, en flux continu, pour qu'il y ait une vraie expérience d'immersion dans la musique. Il y a donc assez peu d'impro en fin de compte, et ça nous sert surtout à faire en sorte que l'énergie continue de passer d'un morceau à l'autre. C'est vrai qu'au début du groupe, on avait tendance à faire des jams à rallonge pour composer les morceaux. Je pense que les autres membres du groupe seront d'accord avec moi, l'improvisation n'est plus si importante pour nous. Nous écoutons beaucoup nos classique du rock, The Doors par exemple, ou du hip hop commercial, des tonnes de reggae, de la power pop. Ca nous a mené à des formats plus courts. Avec Repo et Load Blown, on a presque poignardé ce qu'on faisait avant, ce qui faisait notre signature au début, les très longs morceaux de Beaches and Canyons. On pourrait presque dire qu'on singe des structures classiques de chansons, avec une partie A, une partie B puis un refrain et un retour au début. Ce type de progression nous intéresse plus désormais que d'improviser. D'autant qu'on aime bien changer des motifs ou même des sons dans les morceaux, que ce soit sur scène ou quand on les compose, et le format court nous aide à le faire. Je pense que si nous étions tous de vrais instrumentistes accomplis, on pourrait jammer à l'infini et improviser parce qu'on pourrait se le permettre, techniquement parlant. Mais ce n'est pas le cas. On a préféré s'intéresser aux accidents du son, à comment utiliser nos instruments et nos pédales d'effet à contre-emploi, pour voir ce que ça provoquait, quel genre de sons intéressants on pouvait en tirer. D'une certaine façon, on peut également appeler ça des jams. Parfois ça marche, parfois ça ne marche pas et ça nous mène à de pures plages de bruit abstrait. Pour les concerts on essaie toujours de faire en sorte qu'il y ait plus de musique que de bruit.


Puisqu'on parle des structures plus courtes : avec Repo, les morceaux sont bien plus courts qu'avant. Vous poursuivez quelque chose qui serait une sorte de pop song bruitiste ?

Oui, ça nous intéresse beaucoup, cette idée de pop music, parce qu'une partie de la musique actuelle la plus populaire est d'une certaine façon produite à partir de la même équation, avec les mêmes outils et le même équipement que nous utilisons. Ils ne sont pas utilisés forcément de la même manière et ils n'aboutissent pas aux mêmes morceaux. Mais ils sont constitués de sons abstraits, de rythmes superposés les uns aux autres. A un degré zéro les manières de faire sont les mêmes, pour des résultats très différents. Mais la pop reste d'une certaine façon un point de référence et on est plutôt heureux si ça s'entend. On a toujours été très attachés à l'idée qu'on pouvait faire absolument tout ce qu'on voulait, sans restriction, et si on décidait de faire une chanson pop, je veux dire une pop song totale, je pense qu'à la fin elle resterait bizarre et qu'elle aurait la même trajectoire tordue que nos autres morceaux. Ce n'est pas du bizarre pour l'amour du bizarre, c'est plutôt une manière de toujours chercher des manières différentes et nouvelles de pratiquer notre musique. A la fin ça sonne exotique, et c'est forcément très différents de ce qu'on peut entendre à la radio. Même si on écoute beaucoup de choses produites par des groupes plus conventionnels, qui utilisent aussi, souvent, des sons bizarres. Il y a des frontières mais les groupes underground et les groupes mainstream n'arrêtent pas de les traverser dans un sens ou dans l'autre.


Je te parlais de pop également parce que Repo est très joyeux.

Quand on compose nos morceaux on pense parfois au DJ qui va peut-être passer ça dans un club. C'est un challenge vraiment intéressant pour nous de produire une musique bizarre qui va quand même communiquer des impressions et des sentiments positifs au public, y compris à un public de nightclubbers pas forcément familiers avec ce qu'on fait. Les derniers morceaux que nous avons composés vont dans ce sens. Ils sonnent peut-être plus punk mais ils sont surtout un retour à la question primordiale de savoir ce qui nous excitait tant dans la musique au tout début, quand on a commencé à en faire. Comme cette excitation s'entend dans la musique, je pense qu'elle touchera aussi un public plus large que les left-of-center weirdos qui achètent nos disques et viennent à nos concerts.


C'est vrai, les gens qui n'écoutent pas forcément ce genre de musique bruitiste sont très réceptifs à l'aspect enjoué de la musique de Black Dice.

Oh, c'est vrai ? J'en suis très content. Je pense que d'une certaine façon, c'est le but de tout musicien qui fait de la musique un peu étrange. Ca, et aussi d'aller voir ailleurs ce qui se passe. On aimerait bien faire un show dubstep ou plus orienté weird techno, ou hip hop un jour. Même si on nous a rangé dans la catégorie "musique étrange", nous essayons de rester réceptif à ce qu'on ne connait pas, et curieux de la musique qui excite les autres, même quand ils ne mettent pas le pied du côté de la noise music. On essaie de s'exposer aux genres de musique les plus variés possible. De la même façon, j'imagine que n'importe quel musicien essaie d'avoir le public le plus large et le plus divers possible. Je me suis toujours perçu comme un auditeur et un musicien à cheval sur plein de choses en même temps. Mais on a une telle réputation de groupe au son abrasif... Ce n'est pas évident d'échapper à cette image-là. Beaucoup de gens nous ont vu à des moments différents de notre parcours et ont évolué avec nous. D'autres nous ont vu il y a longtemps et sont un peu perdus quand ils nous voient à nouveau aujourd'hui. Ce qu'on fait maintenant a toujours beaucoup de liens avec ce qu'on faisait dans les années précédentes mais nous voulons continuer à aller de l'avant et ne pas nous répéter, quitte à perdre une partie de nos premiers fans.


Tu parles de dubstep, de hip hop. Quelles sont les nouvelles forces vives de la musique électronique actuelle, d'après toi ?

C'est une question que je n'arrête pas de me poser, sans avoir de réponse. Comme auditeur, je suis vraiment très désordonné. Je découvre des choses en branchant mon casque sur l'iPod de mes amis, en discutant avec les groupes qu'on croise en tournée, ou de manière assez aléatoire, en allant à des concerts. Quand j'entends de nouvelles musiques, du dubstep, de la fidget, toutes ces choses-là, je ne m'interroge pas vraiment sur leur capacité à fonder une scène, je me demande surtout comment elles sont faites, quels sont les sons et les machines qu'elles utilisent. Quand on a commencé, les genres et les styles étaient moins atomisés. La plupart des groupes étaient constitués d'un guitariste, un bassiste, un chanteur, un batteur. Ca a vraiment énormément changé jusqu'à ajourd'hui, où tu peux faire de la musique avec n'importe quoi : un ordinateur, un pédalier d'effets que tu as assemblé toi-même, deux ou trois machines... Quand tu regardes le matériel qu'on utilise, ça ne ressemble à rien, une espèce de bric-à-brac incompréhensible. Avec tous ces changements, les possibilités de faire de la musique et de découvrir de nouveaux styles en sont décuplées. Ca ne veut pas forcément dire que la musique est meilleure ou que la créativité a fait un énorme bond en avant. A vrai dire, on ne réfléchit pas vraiment en termes de styles. On fonctionne plutôt par rapport à une communauté d'amis préoccupés par l'idée de faire de la musique et pas vraiment par le besoin de savoir ce que c'est que cette musique. Et je crois que c'est beaucoup plus stimulant de faire de la musique dans cette perspective.


Pour finir, un mot sur votre tournée ?

C'est une tournée européenne assez courte, deux semaines, avec Growing. On a commencé par la Hollande, puis le Danemark, la Suède. Ecosse et Angletterre ensuite, et puis la Belgique et enfin la France. Notre date française est la dernière, on rentre demain à New York. Globalement, le public est très réceptif, surtout le public scandinave, où il y a une très grosse frange de kids qui écoutent de la noise music. Ce soir on joue aussi avec Prince Rama, c'est le hasard du calendrier. Ils sont tout jeunes et très actifs à Brooklyn, c'est amusant de jouer avec eux ailleurs que chez nous. Globalement on est tous très heureux de cette tournée européenne.



Interview par Mathias
le 04/02/2011

Tags : Black Dice

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