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Mansfield. Tya

: Interview avec Mansfield. Tya



Interview portrait de Mansfield.Tya au 6PAR4 à Entrammes, lors de leur concert du 4 mars dernier.

Tout d'abord est-ce que vous pourriez vous présenter, et me dire comment s'est formé le duo ?



Carla : Je suis violoniste et je fais d'autres instruments : harmonium, piano, quand j'en ai envie et quand il y a besoin.
Julia l'autre : Je suis Julia l'autre, je suis surtout guitariste, mais pareil je touche à tout aussi.
Carla : Et c'est Julia, ma sœur qui était aux beaux arts avec Julia l'autre. C'est grâce à son intermédiaire que s'est formé Mansfield.Tya.


Et quand s'est formé le duo ?



Julia : Moi je ne saurai pas trop te dire...
Carla : C'est vrai à chaque fois on se perd on dit que cela fait deux ans mais en fait ça fait trois ans.
Julia : Même quatre ans.
Carla : Bon, allez trois ans !


Vous vous êtes rencontrées en 2002, et vous avez commencé à faire de la scène assez vite ?



Julia : Notre premier concert organisé par la WONDERGROUND association à Nantes, était en novembre 2002, oui.
Carla : Ce qui est drôle c'est que notre premier concert était presque au même moment que notre rencontre. On n'avait pas encore décidé de faire un groupe et ça nous a aidé à nous y investir très vite.
Julia : Après cela va de fil en aiguille. Un pote nous demande de faire un showcase devant un disquaire indépendant puis une autre personne assiste au concert et nous invite dans une petite salle…


Et petit à petit vous avez réalisé des premières parties et non des moindres d'Erik Truffaz, Arab Strap



Julia : Oui c'était taré, dès le début, avec Arab Strap à l'Ubu…
Carla : oui, à l'Ubu on était flageolante.


Et cette première partie de Cat Power, au festival des Inrocks au mois de novembre dernier quelle en a été la rencontre ?



Julia : Yeah ! Oui, on a reçu un coup de fil, on a pas trop compris : " Vous jouez en ouverture de rideau au concert de Cat Power à la Cigale ".
On était contentes, et puis après on a connu les mauvais cotés de la situation : c'était 3 morceaux, pas de retour et devant le rideau.
Carla : Mais après c'était une super occasion, apprendre à s'adapter et rencontrer Chan Marshall.
Julia : Oui, pour voir aussi ses chemises infectes de bûcheron.


Vous avez joué un peu partout en France, et en Italie, vous pouvez nous raconter ?



Carla : Oui en France ça commence et ça fait plaisir de se balader.
Julia : En Italie, on a joué quinze jours. Nos copains de Chevreuil ont un tourneur italien. Ils font des tournées depuis longtemps là-bas et ce tourneur a écouté notre démo et a bien aimé. Donc il nous a fait tourner. C'était une tournée de 15 dates, du haut de l'Italie jusqu'à la Sicile pour faire un plateau avec Belone Quartet.
Carla : Cinq personnes dans un berlingot pendant 7000 kilomètres !
Julia : C'est marrant, deux groupes, cinq personnes, c'est raisonnable quand même.


En 2004, dans le cadre d'un ciné-concert, vous avez composé la musique du film de Jean Genet, un chant d'amour, quelle en a été l'expérience ?



Julia : C'est une association Bulciné qui organise des ciné-concerts depuis longtemps sur Nantes. Elle demande à des groupes de choisir un film avec ou sans bande son à la base et de la refaire ensuite pour la jouer en live au Cinématographe. On a choisi " un chant d'amour " de Jean Genet, Un superbe film censuré à l'époque étant un peu trop trash et que j'avais vu, il y a plusieurs années. Et ça avait été un vrai coup de cœur. Jean Genet avait prévu une musique qu'il n'a pas pu faire faute d'argent et ce film est resté muet alors qu'il y a des scènes évidentes où tu vois qu'ils dansent, se parlent…
Carla : Il y a des scènes où tu entends ce qu'il se passe sans même avoir le son, c'est étrange comment c'est évocateur.
Julia : Tiens, j'ai envie de le revoir, ça fait que 234 fois.


Sinon comment travaillez-vous ? Qui compose les textes et la musique ?



Julia : On compose tout, toutes les deux. Autant au début, j'apportais les chansons à la guitare, la ligne mélodique et Carla s'ajoutait mais ça nous a vite ennuyées.
Carla : Au début on s'est concentrées sur le violon, la guitare et la voix. Et on a cherché ensuite à intégrer d'autres instruments et pour les textes on les écrit ensemble, mais aussi chacune de notre coté.
Julia : Et notre ami Man nous aide, il a écrit mon amoureuse, et plein d'autres, c'est notre poête.


June titre de l'album en hommage à la femme d'Henry Miller. Cette littérature vous plait, ou c'est simplement en relation avec la dame ?



Julia : C'est plus en rapport avec son amie Anaïs Nin, qu'à son mari Henry Miller. J'ai beaucoup lu les récits d'Anaïs Nin, elle en parle souvent tout comme Henry Miller, elle a pris une dimension surhumaine dans leurs esprits.
Carla : Ce n'était pas lui rendre hommage comme une idole, c'est plus le coté drôle de s'appeler Mansfield car elle a rien fait de spécial, une image d'une jolie taré qui n'a rien fait de sa vie Et c'est bizarre, il n'existe pas beaucoup de photos d'elle…


Julia : Oui pourtant d'après Anaïs Nin, elle était mannequin, une ratée magnifique sans doute. C'était plus pour rendre hommage à June Mansfield, l'image qu'elle avait, l'image de la muse, qu'à son type de vie. C'est comme ce que Gravenhurst disait l'autre jour, " on n'est pas du tout rock n'roll ", on ne prend pas de drogues, on n'a pas des vies décadentes.
Carla : Oui, on n'a pas choisi d'être des artistes maudits.


Comment s'est passé l'enregistrement de June ?



Carla : Le travail en studio est particulier, cela demande une énergie et une rigueur différente par rapport aux concerts. On voulait rester minimaliste et le plus fidèle possible à ce que l'on fait depuis le début.
Julia : Tout en sachant que c'est un premier album et tu n'as pas forcément le temps d'appréhender l'enregistrement, tout est dans l'urgence. Tu as souvent dix jours pour enregistrer tes morceaux.
Carla : Et puis tu n'as pas beaucoup de moyens ou d'angoisses à ce moment là par rapport à tous ce qu'il faut savoir à coté sur le système du disque. On n'était pas forcément au courant ou préparé à cette attente et toutes les décisions, savoir avec qui tu sors le disque et quand.
Julia : J'ai toujours écouté plein de musique, quand je ne faisais pas Mansfield.Tya, je pensais que le mec enregistrait ses chansons, pressait ses skeuds et le lendemain, il les sortait chez les disquaires du coin et puis basta. Et bien non, t'attends six mois au moins pour avoir un label ensuite t'attends encore que la FNAC veuille te mettre dans ses jolis bac verts
Carla : Après c'est royal, quand ton album sort, quand ça arrive enfin, d'avoir cet objet concret et d'achever ce travail.
Julia : J'ai appris trop de choses, maintenant faut que je les rejette…


Vous avez choisi de faire ce premier album sous votre propre label Teona. Qu'est ce qui vous a séduit dans cette démarche ?



Carla : C'est peut être la non complication et l'indépendance que ça apporte parce que l'on a eu plein de contacts avec différents labels et puis au bout d'un moment tu te dis peut-être que c'est aussi bien d'être indépendant et de ne pas être complètement conditionné par le planning du label.
Julia : Là, c'est notre éditeur qui a beaucoup travaillé, merci éditeur.
Carla : Disons que l'on a fait au mieux au moment où ça s'est présenté.


Qui a crée la pochette de l'album June ?



Julia : Des photos que l'on a récupérées de mes grands parents. Mon grand père avait pris Le Normandie partant de la rade st Nazaire et on l'a confié à notre graphiste Samuel…
Carla : qui a fait notre site, c'est important d'avoir les mêmes partenaires, ça permet de rester cohérent dans ce que nous faisons.
Julia :...même graphiquement. Pour le livret, il y a des dessins de Julia sa soeur et de Julia l'autre.


Quelles sont vos influences, ou plutôt ce que vous aimez en musique ?



Julia : Nos influences, on a un peu du mal à dire car ça peut être autant un livre, un film, qu'un artiste… Ce que l'on aime, ça passe vraiment du coq à l'âne : du rock n'roll, les musiques électroniques…
Carla : On a vachement appris en se faisant découvrir les musiques que nous écoutions chacune de notre côté.
Julia : Je n'écoutais pas de classique ni de baroque avant de te rencontrer, ça m'a permis d'ouvrir une porte. Je pense que pour la musique classique, il faut avoir certaines clés pour entrer. Des fois ça peut paraître difficile d'accès, et quand quelqu'un t'en parle et te fait découvrir, c'est bien.
Carla : Oui, moi j'ai beaucoup écouté la musique classique et c'est à travers ça que j'ai découvert le violon.
Julia : C'est à travers le rock aussi que t'as découvert le violon.
Carla : Oui aussi, du coup c'est enrichissant de ne pas se cloisonner dans un truc. Je fais encore du violon baroque donc j'ai un orteil dedans.
Julia : Je trouve ça classe, tu joues du violon baroque et tu écoutes du hip-hop dans la voiture. Mais en ce moment, on écoute beaucoup Dominique A et Programme.


Vous avez aussi des projets musicaux chacune de votre coté ?


Carla : Oui je fais des interventions dans des groupes d'amis, des interventions sonores à base de concentré de violon.
Julia : j'ai des projets que je préfère garder autonome et secret… C'est pas la même démarche.
Carla : c'est important de garder des projets différents, ça aide à trouver un équilibre.
Julia : Même si en ce moment on fait Mansfield.Tya quasi tout le temps, ça permet de faire des répétitions à droite à gauche avec quelques gens...
Carla : Ah tiens, il joue pas comme Julia.



Interview par Yas
le 15/03/2006

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