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General Electrics

: Interview avec General Electrics



Interview réalisée le 9 Juillet 2004.

Tout d'abord pourquoi avoir choisit le nom General Electrics ?

Tout simplement car ça veut pouvoir dire plusieurs choses, les gens interprètent ça comme ils veulent. C'est un détournement pop-art de la marque General Electrics, j'aime ce que ça génère, je trouve que ça représente bien la musique qu'il y a dans ce disque.

Proche d'une centrale électrique puissante avec son courant rebondissant variant de l'alternatif au continu ?

Ouais tout à fait, ça peut être ça, ça peut aussi être un générateur électrique, c'est un peu ce que tu veux.

Combien de temps as-tu mis pour réaliser ton premier album et comment l'as-tu réalisé ?

C'est un truc qui s'est fait sur le long court, un peu comme un carnet de voyage, je ne m'en rendais pas compte au début. A vrai dire au début, je ne savais même pas que je commençais un projet, c'était à la fin de Vercoquin, jusque là j'étais assez anti-ordinateurs, anti-musique informatique, c'est l'écoute de Odelay de Beck et un interview des Dust Brothers où ils expliquaient qu'ils avaient tout fait sur un ordi et un SM57, un micro pourri, qui m'ont fait changer d'avis, le lendemain j'ai littéralement acheté un ordi et un SM57. Odelay m'a permis de voir que tout en utilisant l'informatique on pouvait rester organique, je n'avais jamais entendu ça jusque là, tout est super bien lié sur cet album, c'était un déclic pour moi. Après l'achat de ce matos, je me suis mis à bidouiller, j'ai fais mes premiers essais de sampling, commencé à mélanger les samples avec mon clavier, essayer toute sortes de choses au début, au fur et à mesure des sons sont venus. L'album s'est vraiment fait peu à peu, un morceau comme C'entral Park, du moins sa première version, date de 99. J'ai ensuite déménagé à San Francisco, c'est là que c'est vraiment devenu un carnet de voyage. J'avais des petits boulots à côté, je travaillais sur l'album pendant mon temps libre, je ne m'étais pas fixé de délais, j'ai laissé mûrir le tout, ça finit par prendre forme. J'ai ensuite déménagé sur Seattle puis je suis revenu sur San Francisco, c'est là que l'album à été terminé, au même moment ou j'ai commencé à travailler avec les gas de Quannum (Chief Xcel, DJ Shadow….) On va dire que Cliquety Kliqk s'est fait sur 4 ans. Mais sur ces 4 ans il s'est passé beaucoup de temps où je ne faisais pas de musique, mon second album prendra moins de temps. Aujourd'hui je sais à quoi ressemble General Electrics, ce n'était pas le cas y'a 4 ans. J'aime l'idée que ce projet a mûrit doucement en dehors de toute considération commerciale, c'est sans doute pour ça que les gens n'arrivent pas à mettre une étiquette dessus.

J'ai perçu ton album comme un projet psyché, voir déjanté, ça va un peu dans tous les sens, c'est assez décousu et pourtant tu ne t'égares pas, tes inspirations sont présentes et elles guident le tout. Tu peux nous en dire un peu plus sur elles ?

Avec le projet je ne voulais pas me donner de règles, j'ai mis tout ce que j'aime, pourquoi choisir ? Pourquoi faut-il que ça s'inscrive dans telle case, que ça ressemble à tel truc, General Electrics c'est un peu le résultat de cette réflexion-la. Pour les influences, je reviens toujours sur la Soul du début des 70's, tout ce qui est Curtis, Donny Hathaway, …. C'est énorme pour moi. Beaucoup de jazz aussi, et de la vieille pop genre les Beatles, David Bowie. Aujourd'hui j'écoute beaucoup de Hip-Hop, un peu d'électro aussi, pour moi c'est un truc où chaque fois que j'en entend je suis ravi de tant de créativité, mais je m'y retrouve un peu moins dans le sens ou j'aime bien l'écriture aussi, ce que j'adore dans cette musique c'est le je m'enfoutisme, la manière dont les gens montent leur truc.

On trouve de la Soul, du Hip-hop sur ton album, et à la fois pas mal d'Electro, tu maries les deux, tu te sens plus proche du Dj Hip-hop ou du Dj Electro ?

Au niveau du son, c'est un mélange d'electronica et d'instruments vintage comme le clavier, les beats sont hip-hop c'est un mélange de tout ça, encore une fois il n'y a pas eu de calculs, c'est tout ce que j'aime. Aujourd'hui, j'écoute de plus en plus de Hip-hop, tout ce qui sort sur Def Jux, Quannum …. Des labels que j'écoute énormément, j'imagine que le prochain album sera encore plus marqué par ça. A l'époque du 1er album, je découvrais presque, je connaissais en touriste avant d'aller aux Etats unis, j'avais un album de De la soul , un des Tribe Called Quest et puis voilà. Aujourd'hui je connais mieux l'historique et je vois mieux où ça va, du fait de travailler souvent avec des gens comme Chief Xcel, je me sens plus proche, c'est vraiment un mélange de tout ça. Il y a des morceaux soul, d'autres electronica comme C'entral Park, j'ai pas voulu limiter le truc, ça n'a pas nécessairement un sens mais en même temps j'ai l'impression qu'il y a une sorte de cohésion, tous les éléments dont on a parlé, tu les trouves dans chaque chanson à degrés variable, j'ose espérer que c'est l'une des raisons pour laquelle les gens ont aimé le disque. C'est clair il est foutraque, mais malgré tout cohérent.

General Electrics donne l'impression de vivre dans un monde à part, entre rêve et psychédélisme.

Effectivement, c'est un petit monde sonore à part que je me suis crée, enfin à ma petite échelle à moi. Quand tu dis psychédélisme, effectivement dans le principe c'est assez proche des albums psychédéliques des années 70, mais c'est un psychédélisme actuel, du point de vue du texte, y'a des choses qui sont proche du domaine du rêve, c'est à base d'images, j'aime les morceaux qui me font partir dans un endroit spécial dans ma tête, je pense que certains morceaux font ça sur le disque, ça t'envoi dans cet espace où seul toi peut aller en tant qu'auditeur, ça crée une relation spéciale avec le morceau, ça génère des images presque d'un manière cinématographique.

On a l'impression de ne pas trop savoir qui tu es, la seul photo qu'on trouve de toi est retouchée, tu cultives un coté mystérieux ou c'est par soucis de discrétion ?

C'est un mélange des deux, par discrétion parce que bomber le torse sur des photos c'est pas mon truc, si les gens ont envie de me voir ils n'ont qu'à venir aux concerts (rires), à la base je suis claviériste, j'ai joué du clavier pour pas mal de groupes avant de monter ce projet, si je joue de la musique c'est parce que j'adore la musique, c'est pas pour montrer ma tête et devenir une star. J'avais pas envie de mettre ma tête dans la pochette de l'album, et quelque part même si c'est un projet solo, le contexte a beaucoup joué, y'a des matins où tu vas te lever et tout va bien, tu vas créer un truc en 2 heures parce que le soleil par ta fenêtre t'a motivé, c'est un peu le fruit du hasard, je ne me sens pas seul pour ce projet. Ceci dit pour moi il y a malgré tout dans la pochette un personnage, tu vois le gars qui appui sur le walkman, on devine qu'il y a quelqu'un. Pour la photo promo, j'ai essayé de continuer sur le visuel de l'album, que ce soit le visuel pour le projet entier.

On remarque la présence de Lateef et des Maroons sur ton album, comment as-tu rencontré ces membres de la scène Quannum ?

Ca s'est fait à travers un pote à moi, Vincent Ségal, super violoncelliste, si tu veux l'histoire exacte : il a rencontré un mec un jour dans Paris qui s'appelle Harley White qui vit à Sacramento et qui avait joué de la basse sur le premier Blackalicious, Harley au moment de l'enregistrement du deuxième Blackalicious à conseillé à Chief Xcel (Dj producteur de Blackalicious) d'appeler Vincent et de le faire venir jouer du violoncelle sur Blazing Arrow le second LP. Vincent m'avait filé le e-mail de Chief Xcel et ça s'est fait très vite, j'ai envoyé un mail un jour en lui disant " Si t'as besoin un jour d'un clavinet " le lendemain il m'a appelé et m'a dit passe avec ton clavinet on a une séance et ça a donné Emerge qui est sur l'album des Lifesavas un morceau où Dj Shadow fait le scratch. Et depuis je n'ai pas cessé de collaborer avec eux. C'est vraiment très bien tombé, je suis totalement ravi de travailler avec eux, c'est des gens que j'admire totalement, le résultat des courses c'est qu'ils vont sortir Cliquety Kliqk sur leur label d'ici février.

On a parlé de la scène Quannum mais faut aussi dire que t'as fait la première partie de Buck 65 sur un paquet de dates, tu vas devenir l'ami des stars parti comme ça, ton carnet d'adresse doit être blindé !

(rires) Ouais mais c'est des stars de l'underground, c'est nos stars à nous ! C'était très formateur de tourner avec Buck 65, il a fait des centaines de dates, il tourne depuis longtemps, c'est quelqu'un qui a un charisme incroyable, il est assez impressionnant sur scène, c'était vraiment très motivant de le voir.

Et tu as récemment remixé Vista Le Vie sur leur titre First Class.

C'est pas un remix en fait, c'est un morceau qu'on avait fait ensemble, je connais Max et Gilles depuis un moment, et ils m'ont demandé si je voulais faire un morceau avec eux. J'ai accepté, ils m'ont envoyé les cessions Pro Tools de ce morceau quand j'étais aux States et j'ai rajouté une ligne de clavinet, deux trois trucs, formé une mélodie, un texte, je leur ai renvoyé le tout et ils ont finit le morceau.

Et ça te dirait de faire des remix ?

Ah moi j'adorerai faire ça, j'en ai fait un pour Sébastien Martel, mais pour l'instant ça s'est pas trop présenté et puis j'ai mis l'accent sur d'autres trucs, en ce moment on fait de la scène, l'air de rien ça prend beaucoup de temps et d'énergie, j'ai aussi une vie de famille à côté….

C'est vrai que t'as fait une tournée énorme, tu es devenu accro ?

C'est tellement bien de voir les chansons prendre une autre vie sur scène avec le groupe, c'est vraiment génial pour moi qui ai vu mûrir ce projet, je connaissais trop par cœur le disque, le voir prendre son envol et atterrir dans les oreilles du public c'est vraiment agréable, c'est l'occasion de donner une autre vie à ses chansons.

Demain soir tu te produis au Nouvau Casino à Paris ; Tu te prépares comment, tu as une petite recette miracle ?

(rires) Non pas spécialement, on répète ! Je suis plutôt du genre à avoir le trac, une fois que je suis sur scène je suis ravi d'être là, j'en ai fait pas mal en tant que clavier, là en tant que chanteur/clavier c'est un peu nouveau pour moi, maintenant ça commence à devenir naturel.

Il y aura des guests demain soir ? Ca se passe comment pour les titres avec Lateef ?

Non, non, pour les titres avec Lateef on se démerde autrement, l'élément Hip-Hop qu'amène Lateef sur le disque est remplacé par un autre élément Hip-Hop qui est plus le fait que tous les beats sont joués à la NPC en live par Tony, c'est pas programmé, tout est joué avec les doigts en live, du point de vue du son c'est presque plus Hip-Hop, et par exemple pour F'acing That Void je chante une différente version, c'est la même idée de texte mais c'est chanté avec une mélodie, je voulais pas être esclave de ça, je voulais qu'on puisse tourner même si on avait pas de rappeurs sous la main, puis bon Lateef est super occupé donc on a géré le truc. Le tout sonne assez différent du disque, on a accentué le côté organique, et on remplace les petites subtilités sonores du disque par l'énergie que tu ne peux pas avoir sur le disque mais que tu peux avoir sur la scène, on utilise d'autres armes en fait pour exprimer les même choses.

Dernière question, quels sont tes projets pour le futur ? T'as une super exclu pour Infratunes ?

Pas vraiment, comme je t'ai dis y'a Cliquety Kliqk qui sort aux Etats-Unis sur Quannum d'ici février, et puis si, j'ai un second projet : Honeycut, un trio que j'ai monté avec Tony, qui fait la tournée de General Electrics avec moi, et un chanteur de Soul local venu de San Francisco qui est très doué. Je produis, écris la plupart des morceaux, et je fais les claviers, Tony lui s'occupe de la programmation, des beats et des scratchs, Bart chante. On a une moitié d'album prête là, Quannum nous a dit qu'ils étaient intéressés pour sortir le disque, on est pas fou on leur a dit oui, donc on va finir le disque d'ici Noël et ça sortira au Printemps aux Etats-Unis et environ en même temps en France.

Interview par Peke
le 22/07/2004

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(2003)
Bleu Electric
Abstract hip-hop / électro



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