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Norscq

: Interview avec Norscq



Musicien talentueux, artiste multi-facettes, producteur ou ingénieur du son, NORSCQ est tout ceci à la fois. Homme de l'ombre, malgré sa place méritée dans le renouveau de la scène electronica hexagonale, le créateur de THE ATLAS PROJECT ou encore THE GRIEF (de retour d'asie) nous donne quelques réponses sur sa carrière et sa vision globale, en ce début d'année 2003.

Penses-tu que l'avenir de la musique électronique pure et dure se situe dans la fusion avec d'autres styles musicaux, ou bien si elle continuera son chemin marginal, se répandant en nouveaux rejetons des differentes mouvances déja existantes ?


L'avenir de la musique électronique (et de quoi que ce soit d'ailleurs) se situe dans l'évolution et la remise en question permanente. il faut en effet être méfiant et vigilant pour ne pas cultiver la marginalité et ce n'est pas toujours facile car cela demande de l'expérience et de la culture.


Trouves-tu que le milieu de la musique électronique soit un milieu fermé, introverti ?


Pas spécialement la musique électronique. je trouve en général que les milieux artistiques sont fermés, égocentriques et peu généreux, heureusement il y a toujours des individus qui ne se laissent pas faire.


On sait que peu de musiciens indépendants roulent sur l'or. Y'a t'il une volonté affirmée par Norscq et The atlas project, de rester intègre et fidèle à leurs styles, au détriment d'une certaine notoriété, d'une certaine reconnaissance ?


Rouler sur l'or et acquérir une certaine notoriété ou reconnaissance sont deux choses parfaitement distinctes.
En ce qui me concerne, j'ai eu la chance jusqu'à présent de pouvoir gagner ma vie grâce à mes activités d'ingénieur du son, producteur ou illustrateur ce qui me donne le luxe artistique de ne chercher qu'à satisfaire mes envies, ce qui ne veut pas dire que je n'aspire pas à une plus grande diffusion.
Que quelqu'un se trahisse pour gagner de l'argent peut me sembler tout-à-fait légitime, la musique demande du temps et certains investissements et il faut vivre aussi, par contre se trahir pour la satisfaction de l'ego même de manière inconsciente m'est relativement insupportable.


Penses-tu qu'engagement politique et/ou social et musique électro fassent bon ménage ?


Il n'y a pas de raison que cela ne fasse pas bon ménage.
La notion d'engagement dans une démarche artistique est délicate, elle doit être manipulée avec précaution et surtout ne pas se limiter au discours.
J'admire les gens qui y arrivent, je n'ai personnellement jamais réussi à trouver le ton de ce que j'aimerai dire pour l'insérer ouvertement dans ma musique et ai toujours préféré m'abstenir, il y a peut-être trop de choses qui me mettent en colère.


Tu crois que les nouvelles musiques électroniques sont, en quelque sorte, le reflet de la culture occidentale, et d'une certaine déshumanisation des sociétés sur-industrialisées ?


Elles peuvent l'être dans certains cas mais de toute façon elles ne sont pas les seules.
Tant de choses beaucoup plus grossières ne font que nous montrer l'état de dégénérescence de nos sociétés occidentales. Encore faut-il pouvoir et/ou vouloir le voir, l'accepter ou le combattre. Si c'est encore possible, il est urgent de retrouver le respect de l'individu, soi-même et les autres.


Si tu avais l'occasion de travailler avec d'autres artistes, quels qu'ils soient, à qui offrirais-tu cette opportunité ?


Heureusement pour moi cela m'arrive très souvent, pas forcément sous forme de collaboration directe mais en tant qu'acteur ou souteneur.
Il y a longtemps que j'ai envie faire quelque chose avec Black Sifichi et cela est en bonne voie.
En un sens j'offre cette opportunité à quiconque me propose un projet qui me touche et en sens opposé j'aimerai que jg thirlwell (foetus, steroid maximus) me l'offre, je lui en ferai surement la proposition bientôt. de manière un peu plus lointaine simon fisher turner également.


Tu as toujours voulus être musicien, ou est-ce un "coup de foudre" ?


Un moment cela m'a semblé évident, c'est un "coup de foudre" qui dure. J'essaie de l'entretenir et de m'en donner les moyens.


Est t'il plus difficile de faire un concert de musique telle que la tienne qui tienne en haleine du début à la fin, ou s'agit t'il juste d'un style de représentation particulier, s'adressant à un public particulier ?


Ca c'est une question délicate. Je pense que oui car c'est très fragile. Il y a des endroits ou des moments où cela ne marche pas et pour des raisons aussi multiples que diverses. La représentation de la musique électronique est souvent ennuyeuse à regarder et parfois aussi à faire à cause des instruments qui sont très rigides, statiques et peu démonstratifs. En plus il me manque beaucoup la communication avec d'autres musiciens qui rend la musique vivante. L'ajout d'images ne remplace rien si ces images ne sont pas aussi indispensables que la musique elle-même. C'est quelque chose sur lequel je veux vraiment travailler.


Quels sont tes projets musicaux pour l'année 2003, voir plus si tu en sais plus ?


J'ai en projet cette collaboration avec Black Sifichi qui s'appelle Super Stoned et une autre avec Nicolas Lelièvre qui s'appelera ou ne s'appelera pas.
Plus personnellement j'ai des envies mais je ne suis pas encore à les concrétiser.


Quels sont les disques de chevet de Mr. Norscq ?


Il y en a beaucoup.
Steve reich (city life est pour moi parfait) et la musique traditionnelle coréenne (pansori et sinawi) entre autres me sont indispensables.
Depuis un moment déjà j'aspire aussi à des musiques plus "légères", j'aime beaucoup les people like us, tipsy ou stock, hausen & walkman...


Pour finir, à la fin de chaque interview, l'artiste est invité à donner son "mot de la fin", sur ce qu'il veut, absolument tout ce qu'il veut.


Continuer est le plus difficile mais c'est aussi le plus exitant.
Merci



Interview par Yragael
le 23/01/2003

Tags : Norscq

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