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black midi

: Schlagenheim



sortie : 2019
label : Rough Trade
style : Indie-Rock / post punk / Math-Rock

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Tracklist :
01/ 953 02/ Speedway 03/ Reggae 04/ Near DT, MI 05/ Western 06/ Of Schlagenheim 07/ bmbmbm 08/ Years Ago 09/ Ducter

Alors que se terminera dans quelques mois la décennie des années 2010, force est de constater que j'ai bien du mal à définir clairement ce qu'aura été le rock (au sens large du terme) pendant cette période-là. Etait-ce encore une décennie de revivals comme l'était déjà la précédente ? Oui. Y'aura t-il une nouvelle (r)évolution marquante du genre ? Je ne sais pas. Il semblerait que les grands chamboulements et autres mouvances majeures appartiennent au passé, la dernière étant certainement le post-rock dans sa branche la plus inspirée. L'ère d'aujourd'hui - celle notamment de l'internet, de la surinformation et du "tout, tout de suite" - semble quant à elle principalement stimulée par des hybridations savantes de références foisonnantes digérées à vitesse grand V par une jeune génération prête à en découdre. Et en ce moment ça se bouscule pas mal chez les britanniques puisque peu de temps après les excellents dublinois Fontaines DC, voilà les londoniens black midi (en minuscules) qui déboulent, soit quatre garçons dans le vent mais un vent soufflant très fort.

Le nom black midi commence à être sur toutes les lèvres et pour cause : ce Schlagenheim impressionne grandement par sa fougue juvénile autant que par son ambition de vouloir rassembler à peu près tous les genres d'indie rock obliques et déviants dans un mouchoir de poche (9 morceaux, 43 minutes) via une exécution technique irréprochable pour des jeunes gars d'à peine 20 ans. Post-punk, no wave, math-rock, noise, krautrock, ce premier jet du quator est un peu tout ça à la fois et dévie souvent vers une hystérie communicative grâce au lyrisme malade d'un chanteur/guitariste se démarquant remarquablement par sa voix habitée : Georgie Greep et ses éructations évoquant le Damo Suzuki du Pecking O de Can voire Les Claypool de Primus dans ses moments les plus grotesquement nasillards (la rachitique bmbmbm et sa basse en mode Shellac). Les autres membres participent largement à cette émulation collective, d'énergie, de folie et d'inventivité sous drogues dures, notamment ce batteur au jeu polyrythmique particulièrement péchu répondant au nom de Morgan Simpson.

On pense bien-sûr à de nombreuses formations importantes, de Wire à Talking Heads (titre d'une de leurs chansons justement, hélas absente de cet album mais disponible ici) en passant par Slint ou plus récemment Battles (la ligne de guitare chaloupée de Ducter, ci-dessous). Beaucoup d'influences ingérées puis recrachées sont perceptibles mais il est tout de même difficile de cerner le style "black midi" s'il y en a un, c'est peut-être la seule limite d'une telle réussite. Schlagenheim s'apparente plutôt à une carte de visite légèrement foutraque des savoir-faire débordants d'un groupe qui n'en est qu'à son coup d'essai, entre prétentions arty et ambitions folles. On espère alors deux choses : d'une part que Schlagenheim ne soit pas un one-shot compilant toutes les meilleures idées d'un groupe mort/né et d'autre part que le soufflet ne retombe pas si une suite s'offre à nous car le potentiel est là, et il est considérable.



Chroniqué par Romain
le 27/06/2019

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